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La Noce 2018 : oui, on le veut!

Jour 1 | Jeudi 5 juillet 2018 |

Bien énervés, mon ami Dulude (Dudu pour les intimes) et moi arrivons dans le beau Chicout! Dudu connait bien le coin, il me fait donc une petite visite guidée. Chanceux, on est accueillis par un résident fort sympathique qui habite tout près des sites du festival. On dépose nos baluchons et on s’active pour se rendre à la Pulperie, car La Noce nous a promis une surprise. Le chauffeur de taxi nous parle d’une maison hantée célèbre sur la rue Jacques-Cartier et nous lui annonçons que sa ville sera remplie de visiteurs le temps d’un beau grand festival. On arrive finalement à la Pulperie. Un lieu magnifique, parfait pour nous émerveiller et amorcer l’événement en grand.

Crédit photo: Maryse Boyce

On se trouve un petit coin en hauteur pour bien voir l’ensemble de ce qui s’offre à nous. Bien juchés, on peut voir le duo Saratoga arriver joliment vêtus pour nous offrir quelques chansons. Le spectacle se voit interrompu par un célébrant, Philippe Brach en l’occurrence, qui a été mandaté pour officialiser l’union des deux amoureux. Lorsque le célébrant demande au public si quelqu’un s’oppose à cette alliance, Serge Brideau (Les Hôtesses d’Hilaire) entre en scène. Le colosse vêtu d’une robe noire (comme s’il assistait à des funérailles) dit s’opposer au mariage sous prétexte que Michel-Olivier Gasse l’aurait engrossé. Haha! Bref, le mariage a tout de même eu lieu, un gigantesque gâteau turquoise et rose, ainsi que du champagne nous ont été servis. Surprise émouvante et réussie. La Noce continue.

Crédit photo: Maryse Boyce

C’est sur la scène extérieure de La Pulperie qu’Hubert Lenoir est attendu par la foule qui ignore la pluie qui tombe tranquillement. L’introduction du spectacle se fait avec une pièce assez douce, où la voix de Lenoir est accompagnée de piano. Il enchaine avec son succès Fille de personne II pour animer les spectateurs et tenter de leur faire oublier l’ondée. Le jeune homme qui a connu une ascension impressionnante et qui fait partie de la majorité des programmations musicales sait attirer un jeune public curieux et fidèle.

Crédit photo: Maryse Boyce

On se rend tous dans un des bâtiments de La Pulperie pour assister au spectacle de We Are Wolves. L’énorme pièce avait pour effet de diluer le son, mais ceci n’empêche pas les admirateurs de se laisser emporter de chanson en chanson. Le groupe relève le défi en nous montrant un sincère plaisir d’être là pour nous offrir une excellente prestation.

Crédit photo: Maryse Boyce

Vers 22 h, les spectateurs attendent le groupe Plants and Animals à l’extérieur. Résolument, un de mes moments « coup de cœur » du festival. Les gars nous en ont mis plein les oreilles et le visage, le sourire aux lèvres devant des fans qui hurlaient les paroles de chaque chanson. Le groupe a débuté en force avec Lola Who? et a enchainé généreusement des succès tels que No Worries Gonna Find Us, Stay et Good Friends pour ne nommer que ceux-ci. Le spectacle sur le point de terminer, une pluie torrentielle s’abat sur la foule et c’est à ce moment qu’ils nous offrent Lightshow. La foule est en délire, on avait l’impression de recevoir une marée en plein visage, mais franchement, on s’en foutait. Les musiciens semblaient vraiment surpris de nous voir rester devant eux et démontrer autant d’énergie. Il n’y aurait pas eu de meilleure façon de clore cette première journée de festival. Entièrement satisfaits, certains rentraient chez eux pour se sécher tandis que les plus courageux continuaient la fête dans les différents afters programmés par les organisateurs.

Jour 2 | Vendredi 6 juillet 2018 |

Pour Dudu et moi, la journée commence dans un p’tit café près de notre résidence temporaire. On y croise Philippe Brach qui vient s’assoir à nos côtés. Le petit visage fatigué, mais heureux, il discute avec nous et nous demande nos impressions sur notre première journée à La Noce. Il parle de l’excellent travail de toute l’équipe et de la grande importance des bénévoles. Sympathique rencontre.

La Zone Portuaire est bondée. Après nous avoir bien inondés la veille, dame nature a décidé de nous refroidir le corps. Ceci n’a aucun impact sur la motivation des convives de La Noce. On entend les voix de Frannie Holder et Fab au loin. Les deux complices accompagnées d’un percussionniste se donnent en spectacle sous le soleil chicoutimien.

Crédit photo: Maryse Boyce

19 h 30, Képinski arrive sur la petite scène. La jeune femme qui s’amuse souvent à déranger et provoquer est restée plutôt sage. J’aime l’idée de voir une femme de tête imposer sa place et Lydia Képinski le fait sur scène autant que dans les sphères médiatiques avec une assurance déstabilisante. Je ne suis pas fervente de sa voix qui manque de justesse et je ne suis pas convaincue de son attitude légèrement arrogante avec le public, mais j’en conviens, l’artiste possède une belle plume et sait s’entourer de musiciens émérites. Avoir à ses côtés le génie musical de Blaise Borboën-Léonard est une autre preuve de la grande intelligence de Képinski qui sait aussi animer une foule. C’était beau de voir ses acolytes donner corps et âme devant les festivaliers.

Crédit photo: Maryse Boyce

Alaclair Ensemble est acclamé par les spectateurs. La jeune foule danse et entre dans le jeu des garçons qui offrent tout un spectacle, qui semble malgré tout ne pas retenir les trentenaires. Serait-ce dû au malaise créé par Claude Bégin qui a offert une interprétation douteuse de la chanson Le temps des cathédrales? Dans tous les cas, une masse de gens en manque de rock décide de s’approcher de la petite scène qui accueillera plus tard les personnages emblématiques de WD-40. Ensuite, plusieurs curieux ont quand même tenu à assister au dernier spectacle du jour à la Zone Portuaire assuré par Loud. Des textes solides, une simplicité scénique et une présence imposante sur scène sont suffisants pour plaire à une foule imposante devant le rappeur francophone.

Après avoir croisé des amis par un heureux hasard, je me suis rendue à la Marina de Chicoutimi pour le spectacle de Joël Martel. L’espace m’apparaissait exigu tellement il était envahi par une multitude de spectateurs. Mon agoraphobie l’a malheureusement emporté sur le spectacle. J’ai donc quitté les lieux pour enfin aller à la rencontre du célèbre Bar à Pitons. Des humains festifs entouraient le grand feu extérieur un verre à la main et la joie au visage.

Jour 3 | 7 juillet 2018 |

La dernière journée du festival commençait en force avec le spectacle de Fred Fortin. Wow, même en solo, Fortin sonne comme une tonne de brique. Pousser la note, jouer habilement de sa guitare électrique en s’accompagnant d’un bass drum, un snare et un high-hat n’empêche même pas Fortin d’ajouter l’harmonica pour relever avec brio le défi. On l’aime ce Fred et il nous rend la pareille en entamant son spectacle avec T’es Grosse Pis T’es Belle et en chantant les favorites de tous, Madame Rose, Oiseau, 10 $, La loi du chocolat et j’en passe. Un spectacle réussi sur toute la ligne.

Crédit photo: Maryse Boyce

Klaus arrive sur la grande scène. Le trio s’offre un trip musical très cérébral et adroit. On écoute quelques pièces pour aller se poser un peu sur le balcon de notre hôte, le temps d’une sangria, quelques bières, des fous rires, quelques grignotines accompagnées de discussions sur la musique et les festivals, nos impressions sur les spectacles et quelques anecdotes savoureuses.

Je suis déjà une grande admiratrice de Galaxie, j’ai même eu la chance de les intégrer à une des programmations musicales sur lesquelles je travaillais lorsque j’habitais à Trois-Rivières. Le groupe donne toujours des prestations dynamiques et généreuses, mais là, ils ont manifestement dépassé de loin les attentes des spectateurs. Quel spectacle! Ils sont arrivés tous costumés et ont enchainé les succès les uns après les autres. Presque tous les artistes de la programmation se sont joints à eux pour danser sur la scène. Brach vêtu de son costume de célébrant, Brideau avec sa robe qui fait du body surfing : la foule était en extase.

Crédit photo: Maryse Boyce

Anatole prend la relève sur la scène Ubisoft. Il arrive vêtu d’un costume très moulant noir et or. J’adore son personnage. Je crois malgré tout qu’Anatole a intérêt à être sur scène avec un bar à proximité pour faire son légendaire numéro où il s’étend sur le comptoir et prend le cocktail d’une personne au hasard. En revanche, l’homme s’est étendu de tout son long par terre au milieu des spectateurs en demandant qu’on lui serve un verre. Le personnage de L.A. entouré de ses musiciens a fait le bonheur de plusieurs fans mais a aussi attiré l’attention de plusieurs curieux.

Crédit photo: Maryse Boyce

La soirée se termine en beauté avec les musiciens tant attendus de Karkwa. Les spectateurs sont en extase. Le groupe nous a offert des succès de tous leurs albums. On a pu entendre entre autres l’Acouphène, Oublie pas, Pyromane, Le coup d’état et ils ont été acclamés pour un rappel. Tout le monde hurlait Marie tu pleures! Pendant 28 jours, l’émotion était au comble. Plusieurs artistes les ont rejoints sur scène et je ne suis assurément pas la seule à avoir eu la larme à l’œil. Tristes que ce soit déjà la fin, plusieurs artistes et certains d’entre nous se sont retrouvés à La Pulperie pour danser sur le DJ set d’Anatole.

Crédit photo: Maryse Boyce

La Noce vient nettement d’entrer dans la cour des grands. C’est la tête marquée d’heureux souvenirs que la mélomane en moi quitte Chicoutimi bien épuisée et triste de retourner dans la grande ville. La Noce, j’ai déjà hâte de célébrer à nouveau notre amour en cuirette l’an prochain. T’as su toucher mon p’tit cœur farouche sur un méchant temps.

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