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Jour 2

Après une première journée somme toute réussie, votre humble scribe de service était de retour parmi les parias de la société… mais non, c’est une petite plaisanterie! J’étais ipso facto de retour à la deuxième séance de dessuintage d’oreilles prescrit par Heavy Montréal. Au tableau de chasse? Grimskunk, Exodus, Body Count, Hatebreed, Bad Religion, Twisted Sister et Slayer!

En début de journée, bière à la main sous un soleil caniculaire, j’ai assisté à la courte prestation offerte par les Montréalais Grimskunk. Mené de main de maître par le très éveillé Franz Schuller, le claviériste cannabisant Joe Evil et accompagné à la basse du légendaire Vincent Peake (Groovy Aardvark), Grimskunk a dynamiquement présenté son judicieux mélange de punk, de ska et de rock alternatif. J’étais bien content de réentendre Silverhead et j’étais particulièrement ravi d’entendre Schuller scandé un «Fuck Harper!» de même qu’un «Fuck St-Lambert!» bien senti.

Ensuite, j’ai posé mes fesses en haut de la colline du parc Jean-Drapeau afin d’écouter les vétérans du thrash métal made in USA: Exodus. Le peloton, mené par l’excellent guitariste Gary Holt (que l’on verra avec Slayer en fin de soirée), a bien «punché» sa carte de temps, mis ses bottes de travail et fait honneur à cette réputation de cols bleus du thrash, en revisitant le meilleur de son répertoire. Bonded By Blood, War Is My Shepherd, A Lesson In Violence ont su combler l’amateur de furie sonore. Malgré une sono approximative, le «mosh pit» était en feu!

Parenthèse rapide sur Epica et Symphony X. Voilà deux groupes fermement destinés aux fervents adeptes du jeu médiéval fantastique Donjons et Dragons ainsi qu’aux aficionados du Seigneur des Anneaux. Humoristique et fatalement interminable. J’exagère un tantinet, mais à peine.

Qu’à cela ne tienne, j’attendais avec une certaine décontraction le groupe Body Count, avec à sa tête le vénérable rappeur Ice-T. D’entrée de jeu, Body Count balance Body Count’s In The House et en réfléchissant plus profondément (ça m’arrive!), je me suis souvenu de la tendre relation remplie d’amour que le groupe détenait avec les différents corps policiers nord-américains. Le SPVM aurait sans aucun doute été reconnaissant de voir que le guitariste cachait son visage avec un foulard et que le batteur se prenait pour Michael Myers dans Halloween… et même si Ice-T a fait l’aveu public que le prochain album à paraître portera sur la «pussyfication» du mâle américain, la prestation offerte était énergique et techniquement irréprochable. Étonnant!

Par la suite, c’était au tour de la formation «metalcore» originaire de Bridgeport, Connecticut, baptisée Hatebreed, de débarquer sur la scène Molson Canadian (une grande bière, il va sans dire!). Même si les liens de parenté avec Pantera sont indéniables, le petit penchant punk/hardcore de l’affaire est venu passablement me réconforter; fédérateur et du même souffle fougueux. Très très bon band!

La dernière fois que j’avais vu Bad Religion, c’était à l’âge de la pierre, dans un Métropolis quasi bondé. Je me souviens alors que j’avais affectionné le premier tiers de la prestation, que j’avais ingurgité quelques breuvages alcoolisés après la première demie, qu’aux trois quarts, je commençais sérieusement à m’ennuyer et qu’à la fin, je baillais aux corneilles. Faites un copier-coller de la dernière phrase et le tour est joué quant à mon évaluation de l’heure de jeu sitedemo.caiguée par la bande à Greg Graffin. Pas mauvais, mais répétitif et souvent monotone.

La surprise du jour? Je vous le donne en mille? Twisted Sister… et ce n’est pas une mauvaise blague de ma part. Le chanteur, Dee Snider, est un personnage articulé, animateur de radio à ses heures, comédien et un ardent pourfendeur de la droite moraliste américaine; un bonhomme qui contraste jouissivement avec certains de ses pairs. Musicalement, c’est sérieusement anachronique, mais Snider y est allé d’une performance scénique époustouflante pour un «jeune homme» de son âge. Twisted Sister a joué l’intégral de l’album Stay Hungry paru en 1984 et la meute est loin d’avoir eu l’air fou. Purgative version de We’re Not Gonna Take It, rassembleuse I Wanna Rock, la bande à Snider à mis la foule présente dans sa petite poche arrière. Anthologique, en ce qui me concerne.

Au bout du compte, c’est Slayer qui fermait la marche funèbre et quelle conclusion! Hell Awaits, The Antichrist, Black Magic, At Dawn They Sleep, War Ensemble, Postmortem, South Of Heaven, Mandatory Suicide, God Hates Us All, Seasons In The Abyss, Dead Skin Mask, Raining Blood (et j’en passe) tous exécutés à la perfection. Kerry King était chirurgical. Gary Holt faisait brillamment le travail en chaussant les grands souliers de Jeff Hennemen (décédé l’an dernier d’une cirrhose du foie). Le batteur Paul Bosptaph, sans être Dave Lombardo, était tout à fait à la hauteur et que dire de Tom Araya? Un des seuls métalleux aperçus ce week-end qui incarnait une certaine dignité/prestance. Je peux me tromper, mais l’imposant et souverain gueulard semblait fort ému, comme s’il goûtait chaque minute de cette impétueuse performance… comme si la mort d’Hennemen le prenait encore à la gorge.

Et ça s’est terminé virilement sur une Angel Of Death purificatrice qui coïncidait avec la disparition de l’emblème de Slayer substitué par le calque du logo de la bière Heineken (marque remplacée par Hennemen); un vibrant hommage au guitariste disparu. Un concert donné devant un public étrangement respectueux et calme, à l’image de l’attitude de Tom Araya. La question se pose. Était-ce le dernier acte de Slayer à Montréal? Si c’était le cas, c’en était tout un! Tout simplement impérial!

Malheureusement, j’aurais souhaité faire un petit tour loin des grandes scènes afin d’observer les prouesses de Fucked Up et de Truckfighters, mais l’horaire ne convenait pas tout à fait à votre mélomane grisonnant préféré. En dernier lieu, un coup de chapeau à Lamb Of God, mais je devais engloutir un peu de solide avant de me coltiner à Slayer. Donc, je n’ai pu mordre dans le groove métal du quintette. Meilleure chance la prochaine fois.

C’est ce qui concluait cette édition d’Heavy Montréal qu’on peut aisément classer dans la catégorie «réussite». On peut reprocher bien des choses à la faune métallique, mais ces fanatiques sont d’une loyauté exemplaire et les groupes que j’ai vus cette fin de semaine ne connaissent pas les demi-mesures. Merci les «metalheads» et à l’an prochain!

COUPS DE COEUR:

Slayer, Whores., Hatebreed.
 

MENTIONS HONORABLES:

Metallica, Twisted Sister, Body Count, Exodus, Voivod (malgré l’épouvantable sono).
 

COUPS DE GUEULE:

Symphony X, Epica, Babymetal, Anthrax, Bad Religion.

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