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Heavy Montréal 2018 : compte rendu d’une fin de semaine lourde

Si je n’avais qu’une phrase à écrire, je dirais que l’édition 2018 du Heavy Montréal a été la plus convaincante depuis que je fréquente le festival.

Une programmation extrêmement diversifiée, bonifiée par l’ajout de Limp Bizkit, sans conflit d’horaire, le tout, livré sur un site certes vaste, mais hautement fonctionnel. Tous les groupes présents étaient sur leur x, livrant des performances dignes de mention, j’ai même opiné du bonnet pendant Alestorm !

Bref retour sur mes concerts préférés du week-end.

La classe à part

La plus mémorable prestation du week-end a été celle de Between the Burried and Me. Les installations du groupe, avec plateforme et éclairage signature, donnaient à la scène de la forêt des allures de Métropolis, pour le côté intime. Musicalement, le groupe débarquait au Heavy au sommet de sa forme, tout juste deux semaines après avoir fait paraître leur meilleur album depuis quelques années, Automata II, second volet de son nouvel album concept (Automata I est sorti en mai). Tommy Rogers, avec sa chemise fleurie déboutonnée et son look de jeune Jim Carrey, transcendait alors que ses musiciens, toujours irréprochables, l’appuyaient avec précision. C’était déjà magique avant que les feux d’artifice illuminent le ciel du parc des îles, c’est dire!

Du gros swag

Red Fang, Baroness et Pallbearer partagent beaucoup de fans. Les trois ont aussi de bonnes feuilles de route et ont livré des concerts concis, efficaces et sans faille. Pallbearer a été néanmoins le plus surprenant. Plus habitué à les voir après le coucher du soleil, je savais pas comment se passerait leur performance sur la scène principale… à 13 h 30. Menés par un Brett Campbell très swagger, les gars ont été percutants comme c’est leur habitude, mais ont su bien occuper la large scène et bien mettre le public en jambe. À revoir le 14 septembre au Petit Campus.

Baroness est toujours aussi généreux dans leur passion pour leur power rock mélodique. Le charisme incandescent du chanteur John Baizley n’avait jusqu’ici d’égal que les grosses chaînes en or du batteur Sebastian Thompson, mais c’est néanmoins la nouvelle venue, la guitariste Gina Gleason, qui a conquis les coeurs des amateurs. Son épaisse chevelure dans le vent et sa tonitruante voix, en appui parfait à John, ont confondu les sceptiques qui craignaient le départ de Peter Adams (oui oui, tant pour les cheveux que pour les choeurs). Seul bémol, le volume était un peu bas pour Baroness… Surtout pour Isaak, morceau le plus costaud de tout le set.

Bon, je sais que c’est rare qu’on parle du swag des gars de Red Fang, mais ayoye, les gars sont en shape ! Même le bon Bryan Giles est rendu slim ! Bref, musicalement, les gars ont été plus que solides, proposant une liste de chansons plus pesantes, chantées pour la plupart par Giles justement. Aaron Beam, quant à lui, distribuait généreusement des sourires et des thumbs up à la foule! Beam a quand même fait lever le party en entonnant une version up tempo de Wires ! La balance de son était du tonnerre, j’ai enfin vu Malverde en show et les gars ont été drôles à souhait. D’ailleurs on se laisse sur une citation…

Aaron : « So Heavy Montréal, you guys are into death, dying and stuff a lot ? »

Bryan : « I’m in, let’s party ! »

Les donneurs de leçons

C’était déjà grandiose que Emperor soit de retour à Montréal après 19 ans d’absence, disons que ç’a rajouté une couche de mysticisme qu’un orage électrique retarde d’une quinzaine de minutes la prestation des légendes du black métal norvégien. Le groupe a été impérial dominant une foule en transe.

Avec 35 ans de carrière derrière la cravate, Napalm Death est toujours une valeur sûre en concert, mais samedi, le bon Barney Greenway était en grande forme, même s’il ressemble toujours autant à votre courtier d’assurance plutôt qu’à une légende du grindcore. Barney a éduqué ses fidèles, ses musiciens ont attaqué, martelant des brûlots n’excédant jamais plus d’une minute quinze (ce qui fait quand même un set contenant 22 fois plus de chansons que celui de Pallbearer, lol). Du gros fun encore une fois.

Voivod aussi fête ses 35 ans, Denis « Snake » Bélanger n’a d’ailleurs pas tardé à le rappeler dimanche sur la scène principale, promettant même un 35 ans supplémentaire. J’aurais tendance à le croire, c’est clair que sont pas tuables les gars de Jonquière. Je retiens le fun (fonne qu’on dit au Saguenay ?) manifeste des gars sur scène et les sourires du bon Daniel « Chewy » Mongrain.

Les p’tits nouveaux

Avec la sortie de Nightmare Logic l’an dernier, Power Trip a fait renaître le crossover thrash des cendres des années 80. Du gros garrochage old school, tuné en standard, avec des solos avec ben du whammy bar et des paroles nouâres comme ton âme, c’était ça Nightmare Logic. Sur la Scène de la Forêt le groupe, sous les ordres du chanteur Riley Gale, le groupe s’est offert le plus large circle pit de la fin de semaine. On attend déjà leur prochain passage à Montréal… si vous ne l’aviez pas compris, ils sont Power Trip et ils viennent de Dallas au Texas. Notez-le, c’est une information importante.

Un gros shout out en terminant aux amis de Québec de Get the Shot qui ont conquis chaque centimètre de la Scène du Jardin. Je vous le donne en mille, c’était pas le temps de se chercher un kombucha dans la zone YUL Eat. Le chanteur JP Lagacé scande les valeurs d’inclusion du hardocre entre les chansons avant de ne faire qu’un avec la foule lors des pièces. Appuyé par deux guitares musclées et par le bon Dany Fisher à la basse et au chant, Get the Shot a un son plus que rentre dedans… surtout quand on entend le tone de la basse : c’pas mêlant, probablement que Dany a besoin d’une van juste pour son ampli… C’est une info à vérifier encore (!).

Entendu sur le site

  • Tu vas voir man, Between c’est vraiment des gars de jazz.
  • Qu’est-cé qu’il crissait su’l bord du stage de Napalm Death, le drummeur de Faith No More ?
  • J’te gage 10 piasses que le guitariste d’Emperor a une Les Paul matte black.
  • Black Dahlia Murder, j’vas pas voir ça, y’a un gars avec une Jackson…
  • J’pense que Pallbearer ont pas eu le mémo pour le size de leur back drop.
  • Quatre tounes de Pantera dans le stéréo avant Pallbearer, on peut pas dire que ca t’met dans l’mood.
  • Les guitares pastel de Baroness ont comme un ptit look dinner des années 70.
  • ATTENDS, t’es en train de me dire que SWORD pis THE SWORD c’pas le même banne ?
  • C’tait qui le tapon avec le chapeau beige sur le bord du stage à Underoath?
  • Barney de Napalm Death devrait se partir un band avec Aaron de Red Fang pis Nick de Baroness. Ça ferait le band métal qui a le moins l’air métal de l’histoire de l’humanité.
  • Finalement c’tu annulé le show de Manson ?
  • Qui va au show de Robert ? Tsé, Robert Zombi.
  • Penses-tu que tu te fais battre si t’arrives ici avec un t-shirt de Deafheaven ?
  • Eille manne, j’pissais là-bas, pis j’t’ai vu assis à terre, pis j’tais comme, woah manne, quel esti d’fucké?!?!
  • Vendre d’la salade dans un festival métal, c’tu de l’appropriation culturelle à Osheaga ?
  • J’ai fait un pet, suis l’odeur pour venir me r’joindre.
  • J’ai fait du mush… je sais pas si j’ai vraiment faim…
  • Combien d’amplis tu penses qui sont branchés pour vrai dans le stack d’Emperor?
  • Finalement, le guitariste d’Emperor y’a une guit de progue…
  • Finalement, Emperor, c’est du progue pas mal…

 

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