Concerts

Gorillaz et EarthGang au Centre Bell le samedi 8 octobre 2022

Ambiance complètement fourmillante dans le centre-ville samedi soir dernier. Le Centre Bell accueillait Gorillaz afin de promouvoir la sortie prochaine de leur nouvel album : Cracker Island. Un concert d’une durée de 2 heures et demie qui aurait pu durer – sincèrement – encore plus longtemps.

Depuis déjà 20 ans que ce projet tentaculaire et collaboratif de l’auteur-compositeur Damon Albarn et dessinateur Jamie Hewlett, continue de se renouveler au fil des années. Avant d’embarquer sur scène, le groupe a laissé place au duo géorgien, EarthGang.

EarthGang

Un bon pari afin de réchauffer la foule et hausser l’ambiance de cette immense salle. Le duo composé des rappeurs Olu et WowGr8, se sont bien assuré de livrer une performance joueuse et dynamique qui implorait tout simplement à la fête. En pigeant dans leur dernière sortie Ghetto Gods, un album réunissant hip-hop & soul, j‘ai grandement apprécié le mélange de performance vocal – du rap frénétique scandé par des chants limite gospel. La foule, amplement réceptive, participait instantanément aux appels que les performeurs instauraient. Bien joué.

Gorillaz

C’est lorsque les feux s’éteignent que l’on réalise l’ampleur du Centre Bell – une vague d’acclamation avait envahi la place. L’ambiance d’attente et d’anticipation qui y volait s’était brisée quand les premières notes de M1 A1 se sont fait entendre. Aussitôt, nous avons eu droit aux mythiques projections magistrales qui a fait une partie de la réputation du groupe. Une vieille télé cathodique s’agrandissant graduellement nous annonce que l’on passera à travers 20 ans de musique. 

Je dois avouer en toute transparence que j’assistais à mon troisième concert à vie de Gorillaz, étant une fan de tout ce que Damon Albarn touche, de près ou de loin. Âgé de 54 ans, il a su débuter le concert avec une énergie instantanément captivante. Les deux premières chansons, issues de leurs premiers albums Gorillaz et Demon Days, nous plongent directement dans le registre plus brut du groupe. Last Living Souls évoque une toute nouvelle interprétation depuis sa sortie en 2005 – quand Damon Albarn nous livre devant la scène les paroles ‘’Are we the last living souls ? ‘’ – le discours résonne autrement qu’il y a quelques années. Et cela se transmet subtilement à travers le public.

Quoi qu’on en dise, l’ambiance est aux antipodes d’un pessimisme planant. Tout au contraire, c’est la grande fête. La formation livre de tout nouveaux morceaux des dernières années comme Tranz, Cracker Island et New Gold qui crée une vraie agitation. Une agitation dont Damon Albarn est le maestro – parce que oui – Damon Albarn sait consciemment comment divertir une foule. Son énergie juvénile est contagieuse et se répand jusqu’aux autres membres de la formation. Seye Adelekan, à la basse, puis Jeff Wootten à la guitare, se complète parfaitement entre deux énergies stable et bouillante. Mais mon coup de cœur de la soirée (après les yeux bleus de Damon Albarn), est sans aucun doute le rôle si important des choristes.

En effet, à travers l’entière discographie de Gorillaz, on peut retrouver dans tous leurs albums des arrangements où les harmonies vocales ont une grande importance. Des chansons comme Every Planet We Reach Is Dead, DARE et Dirty Harry (avec l’apparition de Bootie Brown) ont donné des frissons grâce aux voix éloquentes des choristes.

Certes, il est difficile de transcrire la puissance qui régnait au Centre Bell ce soir-là. Mais je peux assurément dire que le niveau d’émerveillement avait presque atteint son apogée lorsque les légendes Trugoy & Posdnuos de De La Soul ont posé pieds sur scène lors du rappel. Feel Good Inc. chanté par 10 000 personnes dans une salle fait du bien à l’âme.

Ainsi, on peut dire qu’après 20 ans de collaborations et de travail prolifique, Damon Albarn réussit encore à être pertinent après tant d’années avec Gorillaz. Un concert vraiment exceptionnel, qui dévoile la vaste panoplie – autant musicale et visuelle – de ce groupe grandiose.