Gary Numan au MTELUS le 23 mars 2026
Gary Numan était de retour à Montréal lundi soir au MTELUS, deux ans presque jour pour jour, après son passage dans la même salle, programmé entre Front Line Assembly et Ministry.
Photos par Charles-Antoine Marcotte
C’était l’occasion parfaite pour le retrouver en tête d’affiche avec les mêmes musiciens, la même mise en scène et une setlist de deux heures au lieu de 45 minutes. Bien qu’il n’ait pas publié de nouvel album depuis Intruder (2021), Gary Numan a une discographie étoffée d’une vingtaine d’albums parmi lesquels se trouve un nombre impressionnant de classiques.

La première partie était assurée par le duo californien Tremours, qui ouvrait la soirée avec sa sonorité rock alternatif, pop rêveuse et ambient. Une mise en place tout à fait appropriée pour proposer des pièces de leur premier album Fragments, publié au début de février. Une très bonne performance qui a bien réchauffé la salle.

Après la pause, les lumières se sont éteintes, une trame industrielle a commencé à jouer pendant que les quatre musiciens et Gary Numan sont arrivés sur scène, habillés façon Dune pour Gary et façon Hellraiser pour le guitariste Steve Fox-Harris et le bassiste Tim Slade. Ils ont commencé avec Halo, pièce tirée de l’album Jagged, avec une densité et une intensité qui allait être à l’image du show. Pas de temps morts, presque pas de temps légers, mais un excellent mix qui faisait ressortir la musicalité des pièces sans tomber dans le fouillis distorsionné.
S’en est suivi un enchaînement sans pause de seize chansons, plus deux autres au rappel, revisitant principalement les albums publiés depuis vingt-cinq ans, donc à partir de Pure et du changement de sonorité vers le rock industriel, l’atmosphère gothique postapocalyptique et le darkwave dansant. Bien que cette partie de la discographie ait des similitudes, il y a eu des moments plus forts que d’autres durant lesquels la mise en scène était plus efficace. Numan a invité sa fille Raven sur scène pour interpréter la seule nouvelle pièce du show, Nothing’s What It Seems, avec un peu plus de timidité que ce que la pièce demandait.

Du côté des classiques, ils ont joué quatre pièces de The Pleasure Principle, dont les mémorables Metal et Cars, et Down in the Park et Are Friends Electric ? de l’album Replicas. Quatre pièces qui ont eu un énorme effet sur la foule, quoique leur livraison était tellement plus intense que les versions originales qu’on aurait pu douter un instant de leur origine. Le contraste ne venait donc pas d’une chanson à l’autre, mais de la transition subite de tout à rien, spécialement en fin de pièce lorsque tout s’arrêtait au noir pour repartir pour un dernier refrain. Une formule utilisée efficacement sur la moitié des pièces.
Le seul bémol subtil et possiblement imperceptible aux oreilles de la majorité du public est la correspondance de la voix de Gary avec son positionnement par rapport au microphone. Sachant quel est le niveau de décibels dans la salle, il était par moment étonnant d’entendre une prise de son de qualité studio ressortir du mix, comme s’il y avait une backing track qui prenait la relève pendant un instant. Ça n’enlevait évidemment rien à la bête de scène qu’est Gary Numan, et la qualité de sa performance dépassait largement ce détail technique. Considérant qu’il avait joué au Café Campus il y a un certain temps, c’était beau de le voir remplir le MTELUS un lundi soir pour présenter un excellent show.
Liste de chansons :
- Halo
- Metal
- Haunted
- Everything Comes Down to This
- Films
- Is This World Not Enough
- Down in the Park
- M.E.
- Nothing’s What It Seems — avec Raven
- Pray for the Pain You Serve
- Love Hurt Bleed
- Cars
- The Fall
- The Chosen
- A Prayer for the Unborn
- Are Friends Electric?
Rappel
- The Gift
- My Name Is Ruin






























Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte