Gabriella Olivo au Ministère le 3 novembre 2026
La dernière fois que j’ai vu Gabriella Olivo en concert, c’était lors d’un plateau double avec Laura Lefebvre au Quai des Brumes. C’était le premier concert de son projet musical. Après 2 EP, une signature dans une maison de disques et un nouvel album, les choses semblent avoir bien tourné pour l’artiste originaire de Québec.
Et je confirme, avec son nouvel album Reflexiones, Gabriella Olivo ne part pas d’aussi loin qu’une personne qui commence seule dans son coin. Elle avait quand même produit son premier EP avec le talentueux Vincent Dufour (aka Valence). Mais avec cet album, produit par Christian Sean, on est dans une musique plus électronique avec des sonorités pop. Le son acoustique des premiers EP est toujours là, mais les sons électroniques prennent plus de place pour y apporter un côté boîte de nuit. Avec les sonorités cumbia, Reflexiones est un album idéal pour ceux qui veulent se coller ou ceux qui veulent fermer les yeux et se laisser emporter par le rythme.

Après une tournée de lancement qui est passé à Ottawa et Québec, il était temps de finir ça à la terre d’adoption de Gabriella, soit Montréal au Ministère. Initialement prévu pour 20h, le spectacle a débuté plutôt vers 20h30. Ce qui a permis d’admirer le travail de scénographie : la scène était parsemée de tissus légers aux couleurs froides, comme le jeu de lumière qui l’accompagnait tout au long de la soirée. Ça respecte les couleurs de la pochette de l’album de Léa Taillefer, qui a voulu représenter l’artiste devant une fenêtre qui observe la pluie. L’ambiance, par contre, n’était pas aussi froide. La salle s’est remplie rapidement et on peut même dire que ce lancement fût complet.
Immédiatement après son arrivée sur scène, la lumière éclaira le dos de Olivo, pour cacher le visage et donner des ailes à l’interprète. La chanson qui ouvre l’album, Vale la pena a aussi ouvert la soirée pour ensuite laisser le public bougé sur Que je vous aime. Puis, Olivo a pris la parole. Ce lancement s’est passé un mois après la sortie de l’album. Idéal pour laisser le temps à l’auditoire d’écouter l’album.
À la remorque de cette journée pluvieuse et chaude, pour le mois de novembre, l’ambiance sur place était plutôt joyeuse. Le public était jeune et, entre les visages curieux, les gens de l’industrie et la famille de l’autrice-compositrice-interprète étaient de la partie.

À partir de Me doy cuenta, Olivo prend la parole et présente un genre moins connu au Québec : la cumbia. Souvent comparée au reggaeton, la cumbia se distingue par les origines et le tempo. Avec Ya sé ya sé, l’interprète débute à la guitare sèche avant de revenir immédiatement sous des sonorités électroniques, puis de refaire le chemin inverse. Ces changements de rythme sont assez difficiles à manœuvrer et pourtant, ils ont été orchestrés d’une main de maître par son équipage, qui comprend les musiciens Raphaël Laliberté- Desgasgnés (Pol) aux guitares et synthétiseurs, Christian Sean aux claviers et effets électroniques et Nicolas Lafortune aux percussions. Ma seule critique est le manque d’amplitude du son de guitare acoustique dans le mix. Celui-ci se faisait éliminer par les instruments électroniques.
Après un interlude acoustique avec la guitare de Philippe Jean, Olivo est retournée dans le passé avec Amorciton corazon, une chanson classique de la culture mexicaine reprise par Olivo dans son premier EP, Sola, et qui en avait charmé plusieurs à sa sortie. Une reprise où on troque les couleurs froides par des couleurs chaudes. Assise seule avec sa guitare, elle a été, par la suite, accompagnée par Sean, qui accentuait quelques effets électroniques pas désagréables pour cette reprise. Un travail au son qui frisait la perfection.
Et puis l’énergie a repris avec l’extrait Cruise control avant de revenir pour un rappel avec No te olvides de la luz. Une chanson où tout ce qui compose la musique de Gabriella Olivo est mis de l’avant. Autant le son acoustique de sa guitare que les effets électroniques en passant par les guitares électriques et le rythme de percussion de la cumbia.
Comme mentionné plus haut, la dernière fois que j’ai vu Olivo, c’était il y a de ça quelques années, à sa première performance. Je me souviens d’avoir vu une artiste vulnérable avec une sensibilité vraiment touchante. Je me souviens qu’elle était fière d’elle, mais aussi critique. Évidemment qu’avec ce lancement, c’est un pas de l’avant-vers un projet musical foncièrement intéressant. Je me demande juste si la salle avait été plus grosse, Olivo se serait-elle permise quelques pas de danse comme dans ses vidéoclips, notamment Cruise control ? De plus, avant la sortie de l’album, l’artiste a réalisé une tournée promotionnelle au Mexique. Est-ce qu’on risque de la voir se promener plus souvent hors du Québec? Votre critique de spectacle lui souhaite toutes les chances possibles.
Liste de chansons :
- Vale la pena
- Que je vous aime
- Todas mis amigas
- Me doy cuenta
- Ya sé ya sé
- Connexions superficielles
- Somehow (si no esta aqui)
- Amorcito corazon
- Dans nos têtes
- Cazadores
- Cruise control
RAPPEL
- No te olvides de la luz























Crédit photo: Charles-Antoine Marcotte