Concerts

Francos de Montréal 2022 — jour 7 : Barbara Pravi et Charlotte Brousseau

Un an après avoir participé à l’Eurovision, Barbara Pravi arrive enfin à Montréal avec Charlotte Brousseau en première partie.

Photos par Alexanne Brisson

Malgré une soirée marquée par une pluie torrentielle et des orages violents, les fans de la chanteuse française ont su braver la tempête, afin d’avoir les meilleures places en avant de la scène. Comme récompense, ils ont reçu un spectacle riche en émotions et en folie.

Charlotte Brousseau en première partie

Cette pauvre Charlotte Brousseau a dû faire face à une des pires choses qui puisse arriver à une artiste sur scène, devant un peu plus d’une cinquantaine de personnes… Un problème technique. Malgré cela, la jeune chanteuse a su se montrer mature et calme face à cet enjeu. Elle a été capable de divertir le public pendant plusieurs minutes, alors que trois techniciens couraient derrière elle afin de résoudre le problème.

Puis, Charlotte Brousseau nous quitte, pendant une dizaine de minutes sans plus. Cela ne semble pas avoir dérangé le public, à qui lui est, complètement compréhensif.

Elle revient sur scène, s’excuse, et enchaîne avec sa première chanson. Elle maîtrise ce que j’appellerais le « naturel personnel », il y a quelque chose de typiquement québécois et d’authentique dans ses chansons, de même que dans sa performance et dans l’énergie qu’elle dégage sur scène. Elle a su être la grande surprise de la soirée, avec ses morceaux folk très terre à terre avec lesquelles n’importe qui pouvait s’identifier. Entracte.

Du coup, Barbara Pravi!

Nous sommes plongés dans le noir. Puis, tout d’un coup, un jet de lumière orangé s’abat sur un piano. Une femme entre en scène, elle nous dit avec timidité un simple « bonsoir », puis elle se met à jouer. C’est elle, Barbara Pravi.

Représentante de la France l’an dernier à l’Eurovision. Elle arrive en deuxième position avec sa chanson Voilà, derrière le groupe rock italien, Maneskin. Depuis, elle a tourné un peu partout en Europe et vient de lancer son nouveau simple Prière pour soi, le 8 mars dernier. Cette invitation aux Francofolies cette année a été sa chance de mettre le pied au Québec pour la première fois.

Au piano, les pieds nus. Barbara Pravi nous a présenté, comme première chanson, une version plus émotive de Prière au soleil. Que quelques notes de piano et la voix de la chanteuse pour capter l’attention des spectateurs afin de nous faire oublier que la scène est vide, aucun grand décor, il n’y a que deux petites chaises. La scène offre un minimum pour que la chanteuse nous donne son maximum. Une fois la chanson terminée, elle nous présente ses musiciens, à quoi elle fait souvent la blague, qu’ils sont tous en décalage horaire.

Certaines parties du spectacle ont donné la chair de poule. Principalement, lorsqu’elle a interprété La ritournelle qu’elle transforme en courte pièce de théâtre. Une serviette sur le haut du dos pour démontrer un personnage à l’âge avancé qui semble perdu, confus et terrifié. On voyait certains spectateurs regarder leur cocktail en se disant ‘’oserais-je prendre une gorgée devant une telle performance?’’.

Elle a ensuite changé l’ambiance pour nous parler d’elle. Plus précisément de sa relation amoureuse à l’aide de sa chanson Je l’aime je l’aime je l’aime. De même que de son passe-temps à être assise sur son canapé, à flatter son chat et à écouter le son des gouttes de pluie frapper à sa fenêtre, avec sa chanson La fête. Elle a aussi réussi à faire participer son public à faire le bruit de la pluie en frappant doucement leurs mains sur leur torse.

Tout le long du concert, Barbara Pravi se voulait présente. Tout en dansant en rond librement, elle chanta certains de ses morceaux les yeux fermés. Il y avait un sentiment de confort avec elle où nous n’étions pas que spectateurs. Elle voulait nous voir danser, être sur la fête, surtout quand elle s’est mise à chanter Saute. À la fin du spectacle,le public s’est fait donner une interprétation par Barbara Pravi de Pour que tu m’aimes encore de notre Céline nationale. Parce qu’il n’y a qu’ici pour qu’une chanteuse venue de l’autre côté de l’océan Atlantique nous chante du Céline Dion.

Puis, après de nombreuses heures à ressentir une variété d’émotions fortes. Finalement, elle nous a chanté Voilà. Le moment que tout le monde attendait avec impatience. Un rêve devenu réalité pour n’importe quel amateur de l’Eurovision.

Un concert génial, authentique et sans fautes. Il y avait de quoi sortir du Studio TD ce soir-là avec le sourire aux lèvres et l’envie de danser.

Crédit photo: Alexanne Brisson