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FME 2022 : coups de cœur, surprises et magie pour le 20e anniversaire

Étant donné que je prenais l’animation de l’émission à CFME en solo cette année, j’ai laissé Stéphane s’occuper des comptes-rendus journaliers. Pendant ce temps, j’en ai profité pour choisir les concerts que je voulais aller voir. Au menu : plaisirs, déceptions, interrogations et toujours cette même joie de se retrouver à Rouyn-Noranda.

Encore une fois, le FME a été bon pour moi. Cette 20e édition aura démontré une fois de plus qu’il fait bon venir voir de la musique à Rouyn-Noranda. Que c’est réconfortant de revenir au Cabaret de la Dernière chance, que nous ne sommes pas à un dernier choix déchirant que le FOMO existe toujours. Pour cette 20e édition, c’est aussi l’occasion de célébrer ses bâtisseurs, ceux qui ont assuré que les fondations étaient solides pour ceux qui suivraient et ils sont là aujourd’hui. Une nouvelle génération de programmateurs a pris la place et les regards sont rivés sur les 20 prochaines années.

Karine Berthiaume, Sandy Boutin et Jenny Thibault / Crédit : Christian Leduc

« Les OGs »

Si ce n’était pas de la détermination, du bon goût, de l’envie de créer quelque chose de spécial et de l’entêtement de Jenny Thibault, Sandy Boutin et Karine Berthiaume, cet événement n’aura pas eu lieu. Heureusement, ces trois jeunes personnes aux rêves pansus se sont assurées de créer un des événements les plus importants du calendrier culturel. Un impératif pour les mélomanes curieux et un endroit de rencontres entre passionnés. Chapeau bas à vous.

Lisa Leblanc / Crédit : Dominic McGraw

Lisa Leblanc

J’avais pour mission de voir (enfin!) le concert de Lisa Leblanc au Festif! cette année, mais il y a eu comme une tempête complètement ridicule qui a empêché le tout. J’ai pu enfin assouvir mes désirs au FME. J’aime ça. Ça marche les paillettes, les franges et la belle folie de Leblanc qui est montrée au grand jour. C’est le genre de concert que ça nous prend pour retrouver le moral quand les choses sont un peu moroses. Cerveau ramolli prend un tout nouveau sens après la pandémie que nous venons de vivre et ça démontre que les chansons de la « Queen acadienne » trouvent des moyens de se renouveler en raison de leurs profondeurs. Sunny Duval est une belle addition au groupe et le guitariste en met plein la vue au cours du concert.

Avalanche Kaito / Crédit : Thomas Dufresne

Avalanche Kaito

Certainement le groupe qui m’a le plus marqué de cette édition du FME. Le trio formé d’un chanteur burkinabé et de deux Belges mélange chanson traditionnelle du pays africain et noise rock. Ça marche à merveille. Benjamin Chaval et Nico Gitto sont à l’écoute l’un de l’autre pour donner tout l’espace nécessaire à Kaito Winse pour laisser aller ses envies créatrices. On y retrouve de belles envolées, une énergie contagieuse et une puissance impressionnante. Je suis un nouveau fan d’Avalanche Kaito.

Tallies / Crédit : William B. Daigle

Tallies

J’avais très hâte de voir Tallies qui a pondu cette année l’album Patina que j’écoute régulièrement depuis quelques semaines. Par contre, sur scène, c’était un peu dommage parce qu’on perdait complètement la voix Sarah Cogan qui se perdait dans le son. Le Cabaret de la dernière chance est une petite salle et le son des instruments écrasait complètement son timbre avec un léger souffle. Dommage. En album, c’est plutôt efficace.

Tamar Aphek

J’avais très hâte de voir la formation israélienne Tamar Aphek qui a lancé un très bon album plus tôt cette année. C’était un concert que j’ai apprécié, mais qui ne m’a pas jeté en bas de ma chaise. La guitariste est tout de même impressionnante avec sa fougue musicale, mais on dirait que par nervosité, elle se réfugie derrière une prestance froide et dure. J’aurais pris un tantinet plus de chaleur, mais je suis quand même très heureux d’avoir pu les voir en concert.

Chad VanGaalen / Crédit : Thomas Dufresne

Chad VanGaalen

J’avais donc hâte de voir l’Albertain Chad VanGaalen sur scène. J’ai beaucoup apprécié son dernier album et la chanson Samuraï Sword est l’une de mes pièces favorites de la dernière année. Sur scène, l’auteur-compositeur-interprète est d’un naturel désarmant en plus d’être supporté par des projections magnifiques tirées de son univers aussi marginal qu’intéressant.

Gloin

J’ai aimé ce que j’ai vu et entendu de la formation Gloin. C’est un projet qui est encore très jeune et je pense que ça va se développer avec le temps, mais pour le moment ça passe tout de même le test. Ils arrivent avec une tonne d’énergie et une approche assez « artsy » le fun.

Ping Pong Go / Crédit : Dominic McGraw

Ping Pong Go

Les deux membres de Ping Pong Go, PE Beaudoin et Vincent Gagnon, deux piliers de la scène musicale de Québec, ont recruté Lysandre et Cédric Martel pour compléter leur formation sur scène. Ça fonctionnait très bien. Lysandre avait une joie contagieuse sur scène alors que les quatre musiciens ont démontré l’étendue de leur talent. En plus de tout ça, il y a un élément comique comme les voix trafiquées de PE Beaudoin entre les chansons et le dispositif lumineux qui est accompagné de son pour faire une chanson. Ils ont le sens du spectacle comme qu’on dit.

Bria / Crédit : William B. Daigle

Bria

Sans contredit la plus belle voix que j’ai entendue ce weekend. Bria Salmena possède une voix ronde et ensorcelante un peu comme Sharon Van Etten. Par contre, ici, on est dans le country à fond et elle nous chante ses pièces avec toute l’âme et le blues nécessaire pour qu’on vive avec elle les peines et déceptions. C’est peu probable, mais dans mon wishlist maintenant, il y a que le projet offre des chansons originales!

Animal Collective

Ce n’est pas exactement la performance la plus enlevante que j’ai vue ce weekend. J’ai aussi l’impression que c’était un mauvais match de les mettre sur la grosse scène extérieure. Il aurait été plus juste, il me semble, de mettre la grosse scène au Petit-Théâtre du Vieux-Noranda et vice versa. Parce que de ce côté, c’était la folie et le party était pogné tandis qu’à la scène principale, le public semblait peu familier avec Animal Collective qui est un pilier du mouvement indie-rock et qui a eu ses moments de gloires autour de 2010. Et justement, on dirait que c’est encore à ces mélomanes que le groupe parle, mais qu’il peine à renouveler sa base.

Lydia Képinski / Crédit : Louis Jalber

Lydia Képinski

J’avais vu l’autrice-compositrice-interprète au début de l’été à Santa Teresa pour son premier concert et c’était déjà bon. C’était encore meilleur et plus affirmé au Petit Théâtre du Vieux-Noranda. Lydia Képinski a toujours été bonne sur scène, mais elle contrôle de mieux en mieux les codes et mène le public par le bout du nez. Le côté dansant de ses chansons ressort dans toute leur splendeur en concert. À mettre sur votre liste de concerts à voir si ce n’est déjà fait.

Les Louanges / Crédit : Louis Jalbert

Les Louanges

En voilà un autre que j’avais vu en mai et qui continue de prendre de l’assurance sur scène. C’était un gros changement pour Vincent Roberge de mettre de côté sa guitare et trouver son confort sur scène. Il l’a fait et habite de plus en plus celle-ci. Les Louanges a tout déchiré pour être bien honnête. Un must à voir.

CDSM

CDSM, le groupe né des cendres de Material Girl, a donné un très bon concert en fin de soirée en direct du Hub Desjardins qui se trouve dans le même complexe que la patinoire des Huskies. C’est plus festif que ce à quoi je m’attendais, à tout le moins pour les quelques chansons que j’ai attrapées.

Pelada / Crédit : Louis Jalbert

Pelada

Parlant de concerts festifs, c’est certainement Pelada qui détient la palme de la prestation explosive de la fin de semaine. J’avais entendu parler de la formation montréalaise, mais je n’avais toujours pas eu l’occasion de les voir sur scène. J’ai été soufflé par la puissance du duo qui offre un électro-punk qui cogne comme une tonne de brique. Un groupe à voir en concert.

Merci encore une fois Rouyn-Noranda pour ton accueil chaleureux. Je te souhaite 20 autres éditions aussi magnifiques et magiques que les 20 dernières. J’ai déjà hâte qu’on se revoie pour mon dixième l’an prochain.

Crédit photo: Couverture : Louis Jalbert