Concerts

Fleet Foxes au Théâtre Corona le 25 juillet 2018

C’était une venue attendue en ville. Fleet Foxes a parachuté l’excellent Crack-Up, 6 ans après Helplessness Blues. Voici que la bande de Robin Pecknold était là pour nous présenter les nouvelles compositions.

 

Mais avant le groupe-vedette, c’était Nilüfer Yanya, une Anglaise accompagnée de son groupe, qui avait la tâche de réchauffer la foule. La jeune femme a peu de compositions derrière la cravate. Une EP de deux chansons et quelques compositions parues ici et là sur bandcamp. Elle a commencé le tout en solo avec une bonne dose de mélancolie et de dépouillement qui rappelle un peu ce que Soccer Mommy fait aussi. Mais les comparaisons s’arrêtent pas mal là. Lorsque le groupe est entré sur scène, les compositions ont pris une tournure plus groovy. C’est étrange, par moment, ils nous promettent une montée magnifique qu’ils nous refusent. Avec ses racines indie-rock, on s’attendrait à une montée qui explose, mais ça nous est refusé. C’est parfois un peu frustrant comme public. Pour le moment, l’ensemble est un peu uniforme, mais sa facilité à créer des riffs ludiques au travers de tout ça, est une belle promesse de ce qui est à venir. En tout cas, ce n’est certainement pas la dernière fois qu’on entend parler de la jeune femme.

Communion

Si un mot résume bien la soirée en compagnie de Fleet Foxes est certainement le sentiment de communion qui s’est installé entre le public et Robin Pecknold dès les premiers instants du concert. Nonobstant les quelques personnes qui choisissaient de drôle de moment pour se faire aller le gosier, l’ensemble du spectacle était d’une intimité souhaitée et installée rapidement. Pecknold a ce don pour nous faire sentir en compagnie d’un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps. En fait, la dernière fois qu’ils étaient en ville, c’était le 3 août 2009. Mine de rien, 9 ans, c’est long!

Le groupe nous a gâtés avec un mélange de chansons de Helplessness Blues et leur plus récent, Crack-Up. Ça a pris quelques chansons avant que le son se place, mais ça s’est heureusement placé. Contrairement à la ventilation, qui n’était vraiment pas partie pour nous donner un moment de répit de la canicule. C’est en nage qu’on a profité des chansons de Robin Pecknold exécuté avec une précision impressionnante. Pour arriver à reproduire les couches de son de Crack-Up, les musiciens se faisaient souvent changer d’instrument en plein milieu d’une chanson. On ne peut rien reprocher au membre du personnel qui se dépêchait d’arriver avec l’instrument toujours en temps. C’est sans compter un des musiciens qui alternaient entre : guitare, voix, percussions, tuba, flûte traversière, contrebasse… un homme à tout faire, s’il en est un.

Quelques moments étaient particulièrement magnifiques, en partie en raison des projections qui couvraient le groupe. Notamment White Winter Hymnal où les images de montagnes enneigées projetaient un flux lumineux quasi angélique sur le groupe. Mearcstapa a démarré un peu plus lentement que la version enregistrée et ça nous a donné le luxe de comprendre à quel point la composition est compliquée. Third of May a été un moment fort tout comme le rappel chaleureusement applaudit par la foule. Robin Pecknold s’est même permis un « You’re the best crowd of the tour ». En prenant compte qu’il était à Toronto hier… c’est peut-être ce qui l’influence. Mais bon. Bedouin Dress, Fool’s Errand et Helplessness Blues ont toutes frappé dans le mile.

Une soirée réussie avec Fleet Foxes qu’on espère revoir avant 9 ans dans la métropole parce qu’il donne un spectacle authentique, généreux et touchant à souhait.

3 commentaires

  1. Jean Sebastien Leclerc, le 2018-07-26 à 14:59

    Bien d’accord : excellent show!
    Par contre, était ce le son ou bien la voix de Pecknold qui semblait fatiguée par des shows back à back dans les derniers jours? Le fait qu’il se massait régulièrement le coup laissait croire qu’il était pas à son top physiquement… Aussi, très peu d’interactions avec le public contrairement à ce que j’ai vu au Massey Hall l’an passé.
    Par ailleurs, savez-vous quel était la chanson (un cover?) juste avant Helplessness blues? Dylan peut-être?
    Bon travail!

    • Louis-Philippe Labrèche, le 2018-07-26 à 15:55

      Le cover est une chanson de Jackson C. Frank et s’appelle Blues Run the Game. Je pense qu’il y avait certainement un peu des deux. Mais je pense que c’était surtout le son pendant le premier 20 minutes qui semblait avoir de la misère à se placer. Par la suite, ça allait beaucoup mieux. J’ai aussi trouvé qu’il n’échangeait pas beaucoup avec le public, mais je m’attendais honnêtement à encore moins. Il semblait authentiquement heureux d’être là.

    • Louis-Philippe Labrèche, le 2018-07-26 à 15:55

      Et merci pour les bons mots! Ça fait chaud au coeur.

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