Concerts

FIMAV 2024 : Basileus de Pascal Germain-Berardi et le Quatuor Bozzini

C’était soir de grande première pour Basileus qui était présenté au FIMAV. L’oratorio de Pascal Germain-Berardi aura secoué les cordages avec son approche résolument différente.

Il y avait aussi le Quatuor Bozzini qui jouait une œuvre du compositeur suisse Jürg Frey. Mais commençons par le concert d’ouverture de ce 40e FIMAV, le premier de son nouveau directeur-général et artistique : Scott Thomson.

Avez-vous dit métal?

C’est sûr qu’en ajoutant le Chœur des Growlers, il y avait un élément métal qui s’ajoutait à Basileus de facto, mais il y a tellement plus. Entre la thématique de la guerre qui s’inspire très librement de l’époque post-Alexandre Le Grand, mais mise dans un contexte de science-fiction, l’excellente Sarah Albu en matriarche qui a intégré des techniques métal dans sa livraison, et le trio de guitares électriques qui avait pris un peu ses distances à l’intérieur du groupe Forestare, on se retrouvait devant ce qu’on pouvait imaginer quand le métal et la culture de la musique opératique (dans son sens large) se rencontrent.

Et ça fonctionnait très bien.

Malgré la quantité impressionnante de musiciens sur scène, Larry O’Maley qui était à la prise de son, a trouvé le moyen de faire résonner tout le monde dans le lot. Est-ce qu’il y a possibilité d’améliorations? Bien sûr. J’aurais pris un petit peu plus de gros tambours (excusez mon inculture sur le nom précis de l’instrument) et un peu plus de place à la guitare électrique qui manquait un peu de punch. Mais dans l’ensemble, c’était un travail incroyable de balance de son.

Crédit : Martin Morissette

Pascal Germain-Berardi a réussi à créer quelque chose qui ne s’était jamais fait en intégrant des éléments qui ne se côtoient pas d’habituel sans qu’il y ait de heurts. Tout coulait naturellement et le chant classique se collait au chœur de Growlers avec aisance. Les éléments de métal étaient bien présents à commencer par le texte épique qui reprend les codes du genre. Un peu comme un récit de black métal qui rencontre celui de power métal : épique, mais sombre. Le Chœur des Growlers a prouvé une fois de plus sa pertinence dans le milieu de la musique actuelle avec ses sons gutturaux qui ajoutent une couche de papier sablé à la facture auditive. Les guitares électriques s’échangeaient la balle merveilleusement avec les guitares classiques. Il faut noter aussi l’un des guitaristes électriques qui avait certainement déjà mis les pieds dans le métal qui a offert un solo et plusieurs passes qui évoquaient le death technique. Les solistes étaient tous très bons : Charlotte Gagnon qui se lamentait en Ades, Dominic Lorange en Agis rugissant, Anthony Ormsby en étrange et surprenant Sol ainsi que mon coup de cœur de la soirée, l’excellente Sarah Albu en Matriarche qui avait toute la prestance qu’un rôle aussi important demande. Elle avait l’air méchante à souhait.

Une œuvre gigantesque qu’on espère voir à nouveau sur les planches.

Quatuor Bozzini : nuances et surprises

Je vais le dire d’emblée, ce genre de compositions contemporaines, ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé. Je trouve souvent que le formel occupe une place importante au détriment du ressenti et comme mes études en musique se résume à rien pantoute, je suis un très mauvais public pour ce genre de concert.

Ce qui ne veut pas dire que je n’ai pas apprécié certains moments du concert du Quatuor Bozzini notamment lorsque la dissonance venait brouiller les cartes. Il y avait un certain effet dramatique tout de même à ce quatrième quartette pour cordes de Jürg Frey. Et celui-ci s’est vu amplifié d’un moment de peur dans la salle alors qu’un spectateur s’est affaissé de tout son long par terre. On a eu la frousse que ce soit un malaise grave, mais après quelques minutes, il a fini par se relever et se rasseoir, aidé par les membres de l’équipe du FIMAV et du Carré 150. La musique était tout à fait appropriée pour cet événement hors du commun. Soulignons le professionnalisme du Quatuor qui a continué en faisant fi des événements dans la salle. Tout est bien qui fini bien!

Ce fut une belle soirée en ouverture de ce 40e FIMAV à qui l’on souhaite d’ores et déjà un autre 40 années de musique audacieuse.

Crédit photo: Martin Morissette / FIMAV

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