Concerts

FIJM 2018 – Simon Denizart, We Are Wolves, Metronomy

Deuxième journée du Festival International de Jazz de Montréal. Au menu? Simon Denizart, We Are Wolves et Metronomy.

 

Simon Denizart

L’Astral accueillait hier soir le pianiste Simon Denizart, qui était accompagné de son percussionniste, Elli Miller Maboungou. Je n’irai pas par quatre chemins; c’était pas mal quétaine. Les arrangements manquaient de finesse et amplifiaient le caractère un peu musak des compositions, le percussionniste ne connaissait pas ses limites — il s’enfargeait donc régulièrement dans ses coups —, et les deux musiciens manquaient parfois cruellement d’écoute. Aucun des deux musiciens n’était mauvais, au contraire, mais les différentes composantes du concert semblaient assemblées à la hâte et sans grande maturité.

Denizart est tout de même un pianiste talentueux, et on voit sa volonté de pousser un peu l’enveloppe de son jazz très accessible, notamment avec son installation assez complexe (soit un synthétiseur, un looper et son ordinateur qui coordonne le tout), mais il ne réussit pas à en tirer pleinement profit. Par moments c’est à se demander s’il est vraiment à l’aise puisqu’il y a eu plusieurs petits accrocs techniques pendant la performance.

Sincèrement, révélation de l’année Radio-Cad ou pas, moi je roulais les yeux dès la deuxième pièce.

We Are Wolves

Je ne soupçonnais pas que j’allais me consoler avec We Are Wolves, en première partie de Metronomy au Metropolis. Ceux-ci m’avaient assez déçu à Santa Teresa l’année passée. Ce que je reprochais au groupe alors s’est assez bien placé depuis; leur présence scénique était aussi puissante, mais elle ne détériorait pas autant la performance musicale, et leur son s’est beaucoup amélioré (à mesure proportionnelle entre le Métropolis et le Montecristo, évidemment). Tout ça est peut-être circonstanciel, mais peu importe, c’était hier un concert bien rodé et réussi qu’ils ont présenté à la foule.

Metronomy

Et c’était agréable de constater, quelques dizaines de minutes plus tard, qu’ils n’étaient pas les seuls à avoir savoir ce qu’ils faisaient. Metronomy a terminé la soirée en force avec leur esthétique légère, javellisée et ponctuellement bizarroïde. Peut-être en fait en aurais-je pris plus, de ce caractère surréaliste que l’on retrouve par exemple dans leurs vidéos, parce que la mise en scène faisait plus imaginer un house band de la fureur qu’une exagération esthétique d’un certain groupe de disco. En tous les cas, ça fait ce que ça a à faire.

Un des points négatifs pour moi était l’assez piètre qualité du jeu individuel des interprètes, qui était vraiment rudimentaire… Mais je conviens que ça rentre parfaitement dans ce qu’ils veulent faire, et surtout, que leur musique n’a pas besoin de plus que ça. C’est sûr que quand le solo de batterie se finit par un silence embarrassant, c’est moyen. Mais les membres jouent bien ensemble, ils sont « tights » entre eux, et c’est presque tout ce qui compte ici.

Metronomy fait deux types de solos : le solo qui essaie, et celui qui te rie dans la face. Dans le dernier cas, c’est judicieux, drôle, et ça apporte beaucoup à ce qu’ils font. Mais dans le premier cas, vu les interprètes, c’était un peu désolant. Ils auraient peut-être avantage à ne pas improviser, pour être assurés de ne pas s’enfarger dans leurs propres membres… C’est une suggestion comme ça. Qu’ils la suivent ou non, le monde tripait, alors on peut dire que c’est réussi.

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