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Festival International de Jazz 2019 – Alt-J, DRAMA et PJ Morton

Le premier passage d’Alt-J au FIJM ne passera pas sous le radar. Avec deux représentations en deux soirs à la Salle Wilfrid Pelletier, ils en ont illuminé plusieurs, gagnant au passage plusieurs votes de confiance et de popularité, malgré quelques bémols. Ceux qui ont la cote d’un public éclectique ont été précédés du duo originaire de Chicago, DRAMA. En fin de soirée, le chanteur de RnB PJ Morton était, pour sa part, de passage à l’Astral, également pour une première au festival.

Le spectacle commence avec du retard, élément qui prend son sens en voyant l’interminable file d’attente. La salle se remplit petit à petit alors que DRAMA entame sa prestation, par la meilleure disposition pour capter l’attention.

Ils étaient bons, mais ils auraient été davantage remarqués ailleurs qu’à la Salle Wilfrid-Pelletier, plutôt au Fairmount, par exemple, devant une foule qui n’a pas la contrainte d’être dans un amphithéâtre avec des places assises. Le duo, composé de la chanteuse Via Rose et de l’ingénieur sonore Na’el Shehade fait de la musique inspirée de tonalités électro et RnB, un style de musique qui déplace de l’air et qui invite à la danse. Dans un sens, on les comprend de ne pas avoir donné la performance de leur vie, n’ayant pas eu à leur disposition les ressources pour accomplir un tel fait d’armes. Bref, ils auront certainement la chance de se reprendre dans le futur, car, outre la réussite robotique de faire taper les gens dans leurs mains, la flamme n’y était pas.

Ce qui était attendu n’a pas déçu !

Alt-J n’a pas fait perdurer le suspense trop longtemps, enchaînant classique après classique, débutant notamment avec Something Good. Le public avait des fourmis dans les jambes et on les comprend, c’est pourquoi la grande majorité s’est levée pour s’imprégner de l’expérience dans son intégralité. Les effets visuels cinématiques étaient exaltants, conception formant un parfait mariage avec la musique du trio anglais.

Il y a eu plusieurs étincelles, mais pas de feux d’artifice. Le trio manquait de prestance et c’est grâce au jeu de lumière et au public qui connaissait presque tout par coeur qu’ils sont parvenus à bien se tenir du début à la fin avec aisance. Bien qu’il est inconcevable de blâmer le groupe pour la mauvaise répartition du son dans la salle, il faut admettre qu’il était parfois difficile de prêter l’oreille sans plisser du visage. Selon l’endroit où l’on se situait, on assistait de temps à autre à des passages cacophoniques. Ce qui a passé inaperçu pour certains mélomanes a quand même quelque peu brimé l’expérience de spectateurs plus aguerris. Malgré tout, on peut reléguer ce bémol au second plan, puisque le groupe a comblé la chorale dansante qui se trouvait devant eux.

En jouant une panoplie de chansons pigées dans l’entièreté de leur corpus, Alt-J a créé une vague d’euphorie qui se conservera longtemps dans la mémoire des spectateurs. C’est à travers les albums An Awesome Wave, This is All Yours et Relaxer, que le groupe a fait vibrer la place, jouant au passage des gros titres comme Breezeblocks, Matilda, Taro, Left Hand Free et In Cold Blood.

PJ Morton et ses acolytes, du RnB au charmant panache

Aussitôt Alt-J terminé, je me suis dirigé à l’Astral pour voir le célèbre claviériste de Maroon 5, PJ Morton. Également chanteur, naviguant sur un invitant RnB, il fait carrière solo et ce qu’il orchestre depuis ses débuts est enivrant. Il a cette facilité à communiquer avec son public, en plus de concevoir de la musique qui rassemble ses auditeurs. C’est calme et chaleureux, c’est de la braise que l’on aime savourer des yeux avec le pétillement aux oreilles. Bref, ce fut 90 minutes où on a pu se laisser convaincre par ses qualités de compositeur sans se lasser. Il en a gagné plusieurs en étant accompagné d’un band qui le secondait bien, sans être éclatant. Le choeur composé de deux femmes était quant à lui un élément indéniable au spectacle. Tout était en place pour apprécier sa prestation, et on peut dire qu’il a été à la hauteur.

L’importance du public cible

Rappelons-le, le FIJM ne regroupe pas que des artistes étiquetés jazz. S’ouvrant sur le monde et par l’occurrence sur tous les styles musicaux, ils se munissent de ressources pour attirer un public de tout âge. Initiative honorable d’inviter des groupes comme Alt-J et DRAMA, question que tout un chacun y trouve son compte.

Par ailleurs, on vous invite à visualiser notre retour en photos des soirées du 3 et 4 juillet.

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