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FEQ 2018 : Beck et Phoenix – La soirée à ne pas rater

La foule se remettait à peine de l’incroyable soirée des Foo Fighters deux jours plus tôt. Les amateurs d’indie-rock avaient encerclé cette date depuis longtemps. Ce fut, à notre avis, un des spectacles les plus enlevants de la 51e édition du FEQ.

Une première partie est toujours un pari. Les mauvaises sont fréquentes et rapidement oubliées, mais les quelques bonnes peuvent élever un concert haut dans la stratosphère musicale. Les festivaliers aguerris étaient en droit de jubiler avec un programme double exceptionnel, Beck et Phoenix.

Le groupe français jouait devant une foule majoritairement inconsciente de leur popularité à l’étranger. Les musiciens de talent voient cette occasion comme un canevas blanc, sur lequel ils peuvent projeter de la couleur comme bon leur semble. Phoenix entre dans cette catégorie.

Portés par le succès de Ti Amo, à la hauteur du reste de leur discographie, c’est sans complexe qu’ils faisaient face à des Plaines d’Abraham endormies par un groupe belge dont le nom m’échappe (et c’est tant mieux), et qui avait le dynamisme sur scène d’une gaufre liégeoise.

La basse est crasse, puissante et tonitruante. Chaque coup de bass drum nous projette quelques centimètres vers l’arrière. Thomas Mars s’exprime en français à la foule surprise de la provenance des musiciens. Il jubile et nous aussi. Chansons après chansons, la tension monte jusqu’à ce que les plaines entières s’animent. Mars descend dans la foule, remonte pour mieux redescendre, avant d’entreprendre une leçon de body surfing à la Iggy Pop. Un moment riche en émotions. Le silence tombe, Beck est sur le point de faire son entrée.

Il entame les succès sans hésiter, Devil’s Haircut puis Loser. Difficile d’écrire sur un spectacle de cette qualité. Rarement avons-nous eu autant de plaisir dans un spectacle de notre vie. Nous sommes conquis, instantanément. C’est la revanche des gringalets. Naturel, incroyable, Beck est une bête de scène. Le Californien semble quelques fois s’étonner de la taille de la foule, sans plus. Les styles se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Il passe sans effort de Midnight Vultures à Guero et à Morning Phase. Il écoule des décennies en quelques minutes.

Il nous présente ensuite ses musiciens avec des reprises de Gary Numan et des Talking Heads, entre autres. Un rappeur country, un bluesman grunge. Beck fait tenir en une seule pièce, et en une seule carrière tous ces styles et cette incohérence. Il ficelle le tout avec des mélodies entraînantes, de vrais vers d’oreille.

Il ne fallait pas rater une seconde de ces deux performances. Rares sont les concerts sur les Plaines qui semblent à la fois intimes et grandioses. La taille même de l’endroit intimide certains artistes et en motive d’autres. Tant Phoenix que Beck ont exploité cette scène avec justesse et brio. Certains parleront de Neil Young, des Foo Fighters ou de Dave Matthews Band comme moment définitif du FEQ 2018. C’est l’image de Thomas Mars, debout, soutenu par une foule en délire qui restera toujours le moment phare de cette semaine inoubliable.

Article collaboratif de Frédéric Derose-Jacques et Julien St-Georges

Crédit photo : Frédéric Derose-Jacques

 

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