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Coup de coeur francophone 2018 : Du rock, du stoner, du punk et… le Manitoba.

Je me suis fait discret dans les derniers jours, mais voici des retours sur plusieurs spectacles, dont Les Marmottes Aplaties, vendredi dernier, les vitrines de Rame à la rencontre de Manitoba Music et le lancement d’album de Fuudge.

 

Valeur sûre

Les Marmottes Aplaties sont de retour depuis 2014 de façon inconstante. Ceux qui ont marqué une génération avec la puissante Détruire jouaient dans une église désacralisée d’Hochelaga. Le trio était de bonne humeur et lançait de nombreuses blagues entre les chansons. La foule pour sa part était en feu et un mosh pit volumineux se donnait au centre de la salle. Ils étaient enjoués au point où à quelques reprises j’ai senti les planches sous mes pieds plier. J’avais peur de passer à travers le sol, mais ça aurait donné un bon titre : Les Marmottes Aplaties obligent une église à faire une nouvelle installation de plancher de bois franc!

Revenons aux choses sérieuses! Les Marmottes ont tout fait sur scène, en passant par inter-changer d’instruments le temps d’une pièce. C’était un bon vieux punk rock, daté soit-il, qui était toujours très efficace pour faire taper du pied et branler de la tête. Évidemment, la formation a mis un point final à la soirée en y allant d’un Détruire qui a survolté la foule suintante qui avait déjà plus d’une heure de spectacle dans le corps. C’était bien sympathique.

Manitoba, tu m’as pris…

Mon Quai des Brumes, le temps d’un 5 à 7, pour découvrir 3 artistes issus des prairies. La première n’était pas une inconnue puisqu’elle était de l’édition 2017 des Francouvertes : Rayannah. La jeune femme offre toujours une électro-pop assez efficace. Le grand changement était sa confiance sur scène qui s’est grandement améliorée. Elle est plus à l’aise et c’est beau à voir.

Puis, c’était Jérémie & the Delicious Hounds qui prenaient la scène. C’est un brass-band avec une bonne dose de blues rock. Le chanteur a une bonne voix bluesy qui rappelle (étrangement) Nanette Workman. C’était plutôt efficace, bien que ce soit un projet qui est toujours en développement. C’est encore plutôt convenu pour ce genre. Mais le talent est au rendez-vous, ça, il n’y a pas de doutes.

Finalement, c’est Paul Cournoyer d’Edmonton qui fermait la marche. Le trio a joué quelques nouvelles compositions qui versent dans l’indie-rock un peu atmosphérique qui n’est pas sans rappeler Karkwa. C’est encore un peu trop près des inspirations, mais faisons confiance à Cournoyer qui est un talentueux auteur-compositeur.

Leçon de rock

Fuudge lançait, deux jours avant sa parution officielle, son premier album : Les Matricides. Le groupe a livré une solide performance où le « headbanging » était à l’honneur, la guitare lourde et mélodieuse, la basse viscérale, la batterie inventive et les claviers aériens et psychédéliques. Le groupe a fait la face A de l’album, puis la B à l’envers entrecoupées entre les deux de pièces issues des EP.

Toé t’as toutte fucké la game et son riff lourd a donné le ton, pas doute, on était en voiture pour un show des plus rock. Le groupe avait la délicieuse tendance d’étirer ad vitam aeternam ses riffs de clôture, ce qui donnait de longs jams incroyablement bruyants et satisfaisants. Mention spéciale pour le riff qui termine À Temps qui s’amuse à court-circuiter le tempo de manière magnifiquement math rock.

Parmi les plus vieilles chansons, le groupe a envoyé Satan, La Chambre rouge, Caller un magicien, Appelle-moi chéri, Innocent et quelques autres pièces. C’était fort réussi. J’ai tellement fait aller ma tête que j’en ai perdu mes lunettes à une reprise. Rien de moins. Le riff de guitare de Pauvre enfant est tellement intelligent. L’harmonique placée en plein milieu du riff pourrait tout détruire, mais non, c’est tellement satisfaisant.  Fuudge nous a livré une leçon de rock en bonne et due forme. C’était la plus solide performance du genre depuis Chocolat au Festif!, la fois où Jimmy Hunt s’était frotté sur le Jésus en croix. Ça dit tout.

 

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