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Chilly Gonzales au Théâtre Saint-Denis le 13 janvier 2020 : les excentricités d’un pianiste potteux

Chilly Gonzales est d’un naturel impressionnant sur scène et hier soir, sur les planches du Théâtre Saint-Denis, il s’en est donné à cœur joie.

On était très loin des concertos sobres hier soir avec Chilly Gonzales et ce, même si c’est ainsi que les choses ont commencé. Devant un Saint-Denis plein à craquer (d’ailleurs, il reste quelques places pour ce soir et on vous le recommande vivement), Chilly Gonzales est arrivé sur scène doucement, en robe de chambre pour s’installer au piano à queue qui trônait sur la scène. Une faible douche de lumière l’éclairait alors qu’il prenait le temps de se concentrer quelques secondes en silence avant d’entamer Gogol, la première pièce de Solo Piano I.

Les premières minutes de ce concerto se sont données ainsi. Sobrement, Chilly Gonzales s’est amusé sur les touches de son piano. C’était parfois touchant et parfois amusant pour les tympans. Il s’est promené entre les trois albums solos au piano pour notre plus grand plaisir. Mais penser que les choses resteraient aussi sages est mal connaître monsieur Gonzales.

Le violoncelle qui chante

Stella Le Page s’est jointe à Chilly Gonzales après quelques chansons. La Française aussi connue sous le nom de Beau Corbeau, possède une belle chimie avec l’excentrique pianiste sur scène. Le violoncelle est venu compléter à merveille le piano. Cela a permis au duo de plonger dans les pièces issues de Chambers.

Cela a aussi annoncé le début des moments au micro de Gonzales. Il semblait bien heureux d’être de retour dans sa ville natale. Il nous a par la suite parlé de son amour pour le violoncelle qui contrairement au piano est un instrument qui peut chanter. D’ailleurs, Le Page le fait très bien chanter. Cela l’a amené à nous présenter la pièce avec l’un des pires jeux de mots : Cello Gonzales. Oui, oui.

Speedy Gonzales

Chilly Gonzales parle autant qu’il est un bon pianiste. C’est donc dire qu’il parle BEAUCOUP. Et c’est bien tant mieux, parce qu’il est tout à fait divertissant. Parmi les moments les plus marquants, il nous a fait un atelier de création à la manière de Bach, montré comment Kurt Cobain et Britney Spears avaient compris la recette et chanté le grand succès de Spears : Bébé frappe-moi une autre fois. Gonzales s’est promené entre l’anglais et le français avec une fluidité digne d’un enfant montréalais issu de la communauté juive.

Il nous a aussi raconté comment une de ses pièces s’est retrouvée sur Outro du mixtape So Far Gone de Drake qui l’a simplement reprise en ajoutant un son de bouteille de champagne qui pop.

Mais comme vous pouvez voir, c’est en fait la chanson The Tourist issue de son album Solo Piano I.

Puis, Chilly Gonzales s’est plongé dans son répertoire chanté pour continuer de se délier la langue. Il a même fait chanter au Saint-Denis : « Shut up and play the piano », une référence au documentaire du même nom, à répétition.

Plus fort, sinon je vais dans mon bain fumer un joint

Chilly Gonzales est très habile avec la foule et l’a prouvé dans le dernier tiers du spectacle. Alors qu’on approchait la fin, il nous a menacé : si nous n’applaudissons pas plus fort, il rentre, se fait couler un bain, se fume un joint et ça sera bien tant le mieux! Évidemment, cette belle guidoune à applaudissement a gagné sur toute la ligne. Mais surtout, une nouvelle électricité a pris le Saint-Denis.

Gonzales en a remis avec un rappel où il a joué en accéléré le concert en sautant d’une pièce à l’autre avec Le Page et le batteur Joe Flory qui s’était joint à la troupe vers la fin du concert. Puis, il a sorti les bongos… c’était parti. Le rappel s’est terminé avec Chilly Gonzales qui fait du crowd surfing pendant un bon 10 minutes en chantant tant bien que mal. C’était magnifique.

Bien commencer l’année

Une chose est sûre, Chilly Gonzales s’est assuré qu’on entame l’année 2020 sur le bon pied en offrant un spectacle enlevant, touchant et puissant. C’est tout un pianiste qui en plus habite la scène avec une énergie peu commune. Un peu comme si un G-O de Club Med savait jouer du piano et avait un contenu pertinent à transmettre à son auditoire.

Une bien belle soirée.

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