Concerts

AKOUSMA 16 à l’Usine C le 23 octobre 2019

La deuxième soirée du festival AKOUSMA se déplaçait à la grande salle de l’Usine C, où était installé l’orchestre de haut-parleurs disposé de façon à nous envelopper dans une masse sonore tridimensionnelle, ou un acousmonium pour les intimes.

D’ailleurs, le festival avait pris soin de diffuser un montage de la part du directeur artistique Louis Dufort, qui nommait chaque haut-parleur selon son numéro d’assignation, suivi d’un arpège synthétique amusante. Le programme proposait six pièces présentées en deux parties, cinq spatialisations et une performance improvisée inoubliable.

Le Collectif du cégep de Saint-Laurent

Le Collectif du cégep de Saint-Laurent ouvrait la soirée avec Oct-Opus (2019), ou œuvre pour huit étudiants groupés en quatre équipes. La pièce est donc montée en quatre sections jointes les unes aux autres dans une trame équilibrée entre la musique concrète et électronique. Marie Anne Bérard et Alexis Blais étaient sur place pour spatialiser la compilation qui, il va sans dire, contient beaucoup de matière sonore, beaucoup d’idées qui se suivent une après l’autre sans toutefois se bousculer. La trame prend la forme d’un manège synthétique à travers lequel les échantillons sont propulsés, générant des événements et des articulations qui faisaient penser à une bande sonore de jeu ou de film sci-fi. C’était dynamique et très imagé.

Lise-Lotte Norelius

Lise-Lotte Norelius a enchaîné avec la spatialisation de You Are The Flower (2014). C’est une superbe pièce noise atmosphérique développée sur un thème de la fleur qui sort de terre. L’introduction a commencé par du bruit pur, construit à partir d’un circuit maison trafiqué et manipulé de manière à générer une mélodie de petits chocs électriques. La masse s’est ensuite réunie en un filament de bruit blanc, créant progressivement une respiration semblant venir d’un moteur à vapeur, et des vagues de bruits blancs qui s’écrasent contre les filtres et les effets. La montée en densité semblait inspirée du lever du soleil, et le niveau d’intensité rendu au point culminant était impressionnant, faisant vibrer la salle comme si elle était placée sous le décollage d’une fusée. La décantation s’est déroulée comme une souffleuse à neige qui s’éloigne lentement en parallèle au camion de chargement, laissant derrière elle des oreilles bien rincées.

Monique Jean

Monique Jean nous a présenté sa pièce Miss Take (2019), performance improvisée à partir d’un cassettophone configuré en no-input. La pièce a commencé presque brutalement avec une oscillation saturée de base, à partir de laquelle Jean a ajusté certaines fréquences pour créer une ouverture relativement rugueux. Une fois la palette de base établie, la pièce a été répartie davantage dans la salle, permettant à certaines fréquences d’envelopper le public, pendant que d’autres piquaient les oreilles de l’avant et des côtés. Les variations en masse et en volume se sont enchaînées, oscillant lentement et profondément ou rapidement comme une ampoule tamisée, prête à rompre à tout moment pour laisser tomber la pièce dans le silence. Malheureusement pour moi, certains passages sont restés en place un peu trop longtemps pour mes tympans, une expérience musicale qui nécessitera un ou deux jours de repos. Morale de l’histoire, il faut toujours avoir une paire de bouchons dans son sac pour les passages plus expérimentaux.

La deuxième partie était assurée par Kassel Jaeger, nom d’artiste de François Bonnet, qui a présenté Erosions (2019) et Études spectrales (2018), tandis que Ryu Yosshizwa présentait Polyhedra (2018) dans le cadre de son projet Koeosaeme.

Crédit photo: Facebook

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