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AKOUSMA 16 à la Satosphère – soirée du 16 octobre 2019

AKOUSMA est de retour cette semaine pour sa seizième édition avec un programme double à la Satosphère, occasion de rêve d’assister à la collaboration entre LE festival des musiques immersives et LA salle immersive de Montréal. C’était également l’occasion de se réchauffer les oreilles en vue de la programmation complète du festival qui se déroulera la semaine prochaine.

La première partie du programme était assurée par la diffusion de la pièce Cosmic Polarizations de l’artiste espagnole Teresa Carrasco, une trame atmosphérique développée à partir du logiciel Max MSP dont le thème s’inspire de la cosmologie et des rayonnements cosmiques. Il va sans dire que je m’attendais à une immersion dans un environnement spatial, mais non, ça n’a pas été le cas.

La pièce commençait par la montée d’un bourdonnement sourd accompagné de lignes, angles et formes géométriques projetés sur le dôme. Après quelques minutes de mise en place (introduction minimaliste), la masse sonore s’est développée en sifflements, en hurlements de loups et filaments de vent qui se faufilent à travers les conifères enneigés. De ce montage nordique, on pouvait imaginer une aurore boréale avec les images de lignes parallèles, d’écrans étirés d’oscilloscope et de façades architecturales se succédant comme des pulsions lumineuses. Mais il fallait un peu d’imagination, parce que le manque de correspondance entre l’audio méditatif et le visuel simili stroboscopique s’est accentué rendu aux chants d’oiseaux, faisant tombé la pièce dans du « field recording » animalier. Après une densification totalement réussie, la trame s’est dissipée doucement, presque dans le noir, sans dénouement visuel, au point de me demander s’il y a eu un problème technique à ce niveau-là.

Après une brève pause sans applaudissements (Carrasco n’était pas présente à la diffusion), les artistes français José Miguel Fernandez et Raphaël Foulon ont pris place à leurs stations respectives pour interpréter Las Pintas, une performance audiovisuelle montée comme une suite de tableaux dans lesquels la matière est manipulée en temps réel.

La pièce débutait également par une montée un peu drone, mais placée plus haute dans les fréquences, comme un rampement dans du gros sel. L’effet sonore minéral était accompagné de lignes tracées une à la suite de l’autre en parallèle, et en quadrillé, répertoriant progressivement les différentes zones du dôme. Le visuel est passé à un mouvement kaléidoscopique qui jouait avec les combinaisons géométriques, et variait sur les niveaux de luminosité et de focalisation, et incidemment sur la perception de la distance. C’était particulièrement réussi rendu au segment avec les cercles hypnotiques qui passaient d’une couleur vive à l’autre, plongeant ensuite dans une accélération cosmique à la 2001 : A Space Odyssey, et ajoutant une autre référence aux années 60 avec des projections psychédéliques formées à partir de liquides colorés. Pendant ce temps, la trame sonore évoluait toute en itération et en texture, passant du sable fin glissant sur des coquillages à des maillons de chaine roulant contre des copeaux de miroir, ou presque.

Expérience sensorielle réussie, spécialement durant la deuxième partie,le programme double permet surtout de se détendre et d’explorer deux univers sonores gravitant autour de la musique minimaliste drone, et d’en profiter pour se laisser emporter dans les visuels, avec ou sans effet de manège/vertige.

Pour en connaître davantage sur Akousma, c’est par ici.

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