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Chroniques

Traitement de Canal | Débat de la culture 2026 : Personne n’est contre la vertu…

Le 9 septembre, Culture 360 organisait un débat sur les questions entourant la culture en amont des élections, pour sonder les partis sur leurs intentions au cours des quatre prochaines années.

C’est à la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux du HEC qu’on était invité pour ce débat animé par Johane Despins. Commençons par l’ancienne animatrice de L’épicerie : elle était relevée comme une bonne moutarde de Dijon. Ne se laissant pas embarquer dans les cassettes ou les rhétoriques des candidats, elle a, à quelques occasions, ramené la réalité sur la table. Dans ce débat, on en ressort en comprenant que tout le monde aime la culture. Ben, sauf le Parti conservateur du Québec qui n’a pas daigné envoyer quelqu’un. Une manière claire pour le parti d’Éric Duhaime d’afficher ses couleurs : il s’en sacre de la culture.

Oh pays quand tu nous tiens…

La première moitié du débat qui a porté sur les grandes orientations a rapidement mis une chose au clair : la seule manière de mettre au pas les multinationales américaines, c’est la souveraineté. Comme les pouvoirs sont à Ottawa, Catherine Gentilcore (PQ) et Sol Zanetti (QS) ont plaidé que le gouvernement fédéral manquait d’aplomb. C’est facile de rejeter le tout sur le gouvernement fédéral, mais c’est aussi vrai. Le gouvernement Carney a reculé sur la taxe de 3% qui devait équilibrer le fait que ces entreprises prennent de gros profits au Canada en ayant très peu d’investissement sur le territoire. Rapidement, on a aussi compris que Benoit Clermont (PLQ) et Christine Maestracci (CAQ) n’allaient pas faire grand-chose sur ce terrain à part dire de grandes phrases un peu vides sur l’importance de protéger notre culture, sans jamais vraiment prendre les moyens de le faire.

C’est un constat un peu déprimant de voir que la seule solution viable dans ce dossier, c’est de claquer la porte du Canada. Et ça nous rappelle que le gouvernement fédéral pourrait en faire beaucoup plus pour protéger la culture canadienne dans son ensemble et donc celle d’ici.

Pas de coupures, mais…

Les quatre partis se sont engagés à maintenir le budget du CALQ, qui a été haussé à 200 millions en mars 2025. Christine Maestracci (CAQ) a eu le beau jeu de défendre l’excellent bilan du ministre Lacombe, qui a fait d’importants changements au cours des quatre dernières années. Mais si tout le monde s’est entendu pour conserver le montant, il n’y a que Québec Solidaire qui s’est engagé à le rehausser. Jusqu’à le doubler. Ce qui n’est pas rien pour le monde des arts. Dans le budget global du Québec, ça demeure de très petites sommes et c’est facilement atteignable. En prenant la promesse de Québec Solidaire de doubler le budget du CALQ et de la SODEC, il s’agit de 510 millions par année. Sur un budget de 171 milliards, on parle d’une augmentation équivalente à 0.30% du budget total du Québec pour un secteur qui génère 14,4 milliards dans le PIB. D’avantage d’investissements permettrait logiquement d’augmenter le PIB du milieu.

Le candidat libéral, Benoit Clermont (PLQ), a pour sa part rappelé que les finances du Québec étaient trop mauvaises pour faire ce genre d’investissements. D’ailleurs, aucun des partis à l’exception de Québec Solidaire ne s’est engagé à indexer le budget du CALQ de 200 millions au coût de la vie. Ça veut dire concrètement que tous les partis font des coupures, même si elles sont déguisées. Christine Maestracci (CAQ) a tout de même rappelé, avec raison, qu’il n’y avait pas que les investissements en culture qui pouvait faire une différence, mais une révision d’où va l’argent pourrait aussi rendre les budgets plus efficaces à l’époque contemporaine. Est-ce que la CAQ aurait le courage politique de couper dans la télévision traditionnelle pour transférer ses budgets dans les créations pour le web? Laisse-moi en douter.

Bref, de ce débat, il se dégage que Québec Solidaire donnerait de meilleurs moyens au milieu culturel pour exister à l’époque contemporaine. Les deux partis qui jouent sur l’identité québécoise, la CAQ et le PQ, ne semblent pas en chemin pour rehausser les moyens donnés à notre culture, tandis que le PLQ faisait peu de cachettes sur le fait que la culture ne serait pas sa priorité. D’ailleurs, la CAQ et le PLQ n’avaient pas dévoilé leur politique culturelle avant le débat. Leur argumentaire qu’il est tôt en campagne est ténu. Ça donne davantage l’impression que les nouvelles ne sont pas bonnes pour le monde culturel et qu’il est plus juste de repousser l’annonce après le débat. Peut-être serons-nous agréablement surpris.

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