Chroniques

Death Cab For Cutie

Something About Airplanes

  • Barsuk records / Elsinor Records
  • 1998

En 1998, Death Cab For Cutie faisait paraître son premier album studio intitulé Something About Airplanes. On y retrouve la version plus brute du groupe. Les mélodies mélancoliques sont maîtres et prennent toute la place dans ces enregistrements lo-fi. C’est là l’essence de ce que restera Death Cab For Cutie de l’indie-rock emo qui traite d’amours ratés, de mésaventures, mais aussi de jeunesse et de rêves.

I think I’m drunk enough to drive you home now
I’ll keep my mouth kept shut under lock and key
That’s rusted firm, no lie
Cause all these conversations wind

— Champagne from a Paper Cup

Il y a quelque chose de magique dans la façon de chanter de Ben Gibbard qui personnifie à merveille le romantique déçu. Celui qui s’emporte et ouvre grand son cœur avant qu’il passe inévitablement au malaxeur. Pour le fan de musique moins léchée, Something About Airplanes est le parfait mélange de textes bien façonnés, de mélodies mélancoliques, mais qui évite le mélodramatique. C’est un peu ce qui fait défaut aux derniers albums du groupe. Ici, ils sont jeunes, les voix remplies d’écho, les guitares sont distorsionnées, mais toujours aussi lancinantes.

Le groupe se permettait aussi des fantaisies dans l’écriture. On retrouve sur Amputation des extraits de discours de Glenn W. Turner, un coach d’entreprise et motivateur américain marginal aux allures de pasteur baptiste. Le côté plus rock du groupe se fait aussi sentir avec Pictures In An Exhibition, une facette qu’ils développeront dans les années subséquentes, mais sans cette même relâche quasi-punk. La jeunesse fait parfois bien les choses.

I’ll react when faces find you
With jealous fits that gag and bind you
Cause nothing hurts like nothing at all
When imagination takes full control

— President of What

President of What est une pièce où on peut apprécier tout le travail de Nathan Good qui était le batteur à l’époque. Son style nerveux se transforme aussi en grandeur sonore lorsque le refrain se fait entendre. Ses choix sont excellents du début à la fin de ce premier album. On retrouve aussi sur cet album les premiers essais avec des instruments orchestraux comme le violoncelle et la flûte qui viennent colorer les pièces et leur donner un peu plus de coffre.

Something About Airplanes a décidément bien vieilli. On y retrouve ce qui est l’essence de Death Cab For Cutie et surtout du power duo de Chris Walla et Ben Gibbard qui savent créer de magnifiques pièces à deux. Peut-être qu’il était inévitable que les deux prennent des chemins différents. Mais c’est lorsqu’ils jouent ensemble qu’ils étaient le plus inspirants.

 

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