Chroniques

Beat nigérian dans son écrin féminin – Une entrevue avec Yemi Alade

C’est parée de lunettes fumées à larges montures blanches maculées que Yemi Eberechi Alade fraternise avec l’équipe des Nuits d’Afrique, en promo express.

Glamour et posée, avant la détonation qui aura lieu le 10 novembre sur les planches du MTELUS, la vedette nigériane à qui l’on doit les tubes Johnny et Oh my gosh espérait poser le pied dans la métropole depuis l’été, si ce n’avait été de l’incident de refus d’un visa. Malgré cette parenthèse lui laissant un certain goût amer, la sulfureuse artiste distille son féminisme et son adhésion au star-system américain, sans oublier le legs musical du fondateur de l’afrobeat, Fela Kuti.

Règne ébène

Au fil de ses albums, depuis la sortie en 2014 de King of Queens, l’image perpétuée par Yemi Alade reflète un esthétisme bien à elle. Celui d’une femme qui ne craint pas de s’exposer aux couleurs vibrantes de son pays, le Nigéria, terre de l’afrobeat. Contrée qui ne plie pas face aux modes américaines. Sans doute une facette expliquant l’attraction des étoiles Beyoncé et Mary J. Blige lorsqu’elles découvrent son art, sa spécificité. Selon elle, l’époque n’a jamais été aussi favorable pour les afrodescendants. « Dans un monde en pertes de repères, ce réflexe de revenir vers la souche africaine explique un tel mouvement chez les afrodescendants », soutient la jeune femme.

Féministe Yemi ? Certes, mais avec une distinction cruciale sur l’égalité. Loin d’elle l’idée de clivages entre les sexes. Son aspiration ultime : que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, un point c’est tout. Un message déjà transposé aux premiers temps de sa carrière, lorsqu’elle chantait ce Johnny qui n’assume pas sa paternité et fuit. « Cette chanson, comme la plupart de mes compositions, ouvre à des interprétations personnelles, car qui n’a jamais été abandonné lors d’une épreuve ? »

Afrobeat éternel

Évoquer le souvenir de Fela Kuti déclenche une dimension d’admiration sans limites pour l’auteure-compositrice-interprète. Le lien maternel qui le liait à sa mère, l’immortalité de son legs musical, l’afrobeat – ce style en vogue – inépuisable. Se revendiquer de sa lignée artistique et expressive lui donne des ailes. Celles qu’elle portera au MTELUS. Le format idéal à la cohabitation de tous les styles musicaux, de la pop au reggae au lancinant chant amoureux. En clôture d’entretien, avant la prochaine ronde médiatique, Yemi lance un dernier conseil à ses fans montréalais : « Chaussez-vous adéquatement pour danser ce soir ».

Yemi Alade au MTELUS, ce soir, le jeudi 10 novembre à 20h30

Crédit photo: Festival Nuits d'Afrique