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Orelsan : provocateur, rebelle ou inconoclaste?

Orelsan a été décoré artiste masculin de l’année aux Victoires de la musique en plus de repartir avec le Victoire de musique urbaine. Il sera à Montréal les 21 et 22 septembre 2018. Mais qui est ce mec?

La diaspora française installée à Montréal est déjà au courant. Mais voilà, dans le grand public le nom d’Orelsan ne soulève pas encore les passions. Pourtant, le jeune homme est un phénomène surprenant. À cette époque où les litanies sur le déclin des ventes d’albums pleuvent, son dernier album, La fête est finie a atteint le statut double platine (plus de 200 000 disques vendus) à l’intérieur d’un mois. C’est un réel tour de force. Et ce n’est pas tout, il s’est aussi vu décorer de trois Victoires de la musique lors de la cérémonie en février dernier. Bref, tout roule sur des roulettes pour Orelsan. Mais peut-être faites-vous partie des gens qui se demandent : C’est qui ça Orelsan? Eh bien, c’est…

Une langue déliée et percutante

Orelsan n’a pas peur des mots. C’est le moins qu’on puisse dire. Il s’amuse avec eux, jouant sur les significations, en faisant des doubles sens qui prennent souvent des tournures provocatrices.

Adieu ces nouveaux fascistes
Qui justifient leurs vies d’merde par des idéaux racistes
Devenu néo-nazi parce que t’avais aucune passion
Au lieu d’jouer les SS, trouve une occupation

— Suicide Social

Il attaque la langue avec humour et vivacité d’esprit. Il y a de quelque chose qui se rapproche de TTC sans la vulgarité du groupe français. Orelsan envoie des messages à la rapidité avec laquelle une aubergine de la Ville de Montréal distribue les constats d’infraction.

Les thématiques limites

Orelsan a soulevé les passions à quelques reprises pour jouer sur la limite dans les thématiques qu’il aborde. Il s’est déjà positionné comme « Revendiquant ses quatorze ans d’âge mental, ses humeurs de cancre assis au fond de la classe et son mental de puceau frustré, Orelsan a tout pour agacer les bien-pensants. » Le point de friction, et le premier scandale de sa carrière, était en 2008 lorsqu’il a fait paraître Sale pute, une chanson dans laquelle il plonge dans l’alcool pour dénoncer une tricherie amoureuse avec tout ce que ça comporte de violence et de haine. Dénoncé par certains comme attisant la violence envers les femmes, défendu par d’autres comme traduisant le coup assourdissant que peut-être une trahison, Orelsan ne laisse pas indifférent. Il s’amuse aussi aux dépens de Raël, si ça peut vous rassurer.

Représentant d’une génération

Le rappeur normand prend aussi la parole pour une génération peu représentée encore dans l’espace public. Dans la chanson Basique, il lançait des phrases assassines au sein desquelles il prend la défense d’une génération qui se fait sans cesse taper dessus par la précédente. Il parle les problèmes du marché du travail, des réflexes des individus, des changements de société. Plus rien ne m’étonne est sans doute le titre de sa discographie qui représente le mieux la réalité de la génération des jeunes adultes actuels.

Alors, est-il provocateur, rebelle ou iconoclaste? Difficile à dire, mais chose sûre, il est intéressant et mérite le détour. Quitte à vous faire rager avec certaines paroles. Et pour ceux qui seraient tentés de le voir sur scène, Orelsan sera au MTELUS les 21 et 22 septembre prochain.