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L’édition 2019 de Trois-Rivières-en-blues

La saison des festivals estivaux achève, le FME et Mile Ex End Mtl arrivent à grands pas, mais le weekend avant la fête du Travail est toujours bouillonnant ; saviez-vous que le meilleur festival de blues au Canada a lieu à Trois-Rivières ? Voici cinq bonnes raisons d’y assister.

1— La musique

Le blues est rassembleur. C’est toujours aussi cliché de le dire, mais c’est pourtant vrai. On est aspiré par son groove, par sa véracité, par son côté primitif, par ses personnages et surtout par ses bonnes histoires. Rien comme le vécu pour évacuer une vanne. C’est l’exutoire musical tout désigné. Et détrompez-vous. Le blues est tout sauf déprimant. Entendre résonner une guitare National Steel, recevoir plein les oreilles un mur de cuivres qui klaxonnent, être transpercé par le feeling d’une note bien soutenue sur un manche de guitare, abdiquer devant le plaidoyer sans merci d’une chanteuse à gorge déployée ; tout ça sonne vrai. Si Muddy Waters a déjà dit : « The blues had a baby and they named it: rock’n’roll », en parlant de la musique fondatrice Américaine née des restants d’instruments de la Guerre de Sécession, des fêtes d’esclaves à Congo Square en Louisiane et des travaux forcés dans les champs de coton de la « Bible Belt », la « musique du diable » continue de fasciner. Et de se renouveler. Parlez-en à Jack White ! Et d’être échantillonnée à outrance. Parlez-en à Beck (Loser). Et d’inspirer chez nous. Parlez-en à Bernard Adamus. Et de produire des stars d’ici : Steve Hill est un artiste au rayonnement international. Né sur les routes secondaires d’Amérique à la fin du XIXe siècle, le blues est plus qu’un vague à l’âme, c’est le quotidien mis en mots, en émotions. Albert King a quant à lui jadis affirmé : « If you don’t dig the blues you have a hole in your soul ». Boire et déboires.

© Rock Werchter

2— La ville

Trois-Rivières est une ville à échelle humaine qui est en constante mutation. C’est devenu une ville « in », un secret bien gardé. On peut, sans se tromper, parler d’une cure de rajeunissement, un face-lift opéré par les jeunes résidents qui se lancent en affaires, qui ouvrent des bars, des restos. Bref, c’est le constat que l’on se fait en la visitant chaque année. Outre son Grand Prix, son festival de la poésie et son Festivoix, il y a une ambiance de fou au centre-ville. Pendant Trois-Rivières-en-blues que je fréquente depuis huit ans, on peut déambuler de la rue Des Forges près du Parc Portuaire jusqu’à l’amphithéâtre Cogeco en empruntant l’historique rue des Ursulines et ses bâtiments ornés d’arbres centenaires, un impératif absolu pour le festivalier qui peut aussi contempler le fleuve. Un dix minutes de marche exquis avant de se gaver de blues au superbe amphithéâtre.

Crédit : Quartier des spectacles

3- L’organisation

Amis de longue date, Christian Gamache et Éric St-Pierre ont ramené le blues à Trois-Rivières après les années du Labatt Blues du début des années 90 au parc Champlain. Le premier est maniaque de blues, collectionneur de guitares et musicien avec Nightblummers, un quintette blues du coin. Le second est homme d’affaire et spécialisé en promotion et organisation d’événements. Le montréalais Brian Slack, qui est omniprésent sur la scène blues québécoise en tant qu’agent, est le brillant programmateur et directeur artistique de l’événement. À eux, se sont greffé une équipe de gens qui ont tous une occupation professionnelle ailleurs et qui y travaillent bénévolement. C’est tissé très serré. Le festival a longtemps opéré sans subventions, mais le partenariat avec la Corporation de l’amphithéâtre Cogeco a ouvert les portes à un financement plus considérable.

Crédit : Laura Carbone

4- Les spectacles gratuits au centre-ville

Durant les quatre jours que dure le festival, une scène est aménagée sur la petite rue Badeaux, tout près de l’artère commerciale Des Forges qui est fermée à la circulation où l’on y accède tout naturellement, attirée par la note bleue qui en émane. En soirée jeudi et vendredi, et toute la journée samedi et dimanche, les artistes programmés font l’envie de bien des festivals : Rick Estrin and the Nightcats, qui faisait les belles soirées blues au Café Campus il y a 25 ans est la plus belle prise du lot. Harmoniciste au son vintage, vétéran qui croule sous les trophées et les reconnaissances partout sur le globe, le son west coast de son blues tout en finesse vaut le déplacement. Aussi, le soul-funk-blues des torontois Blackburn, la puissance de la fille du Kansas Danielle Nicole, bassiste et chanteuse qui frappe là où ça fait du bien, Lachy Doley Group, terrain de jeu de l’émérite australien qui fait ronronner son orgue Hammond B-3 et manipuler son whammy-clavinet comme un pourvoyeur de plaisir, il y a du gros calibre et de la variété sur Badeaux. Mentionnons aussi la forte présence d’artistes québécois, comme le Ben Racine Band qui prend une pause de son tandem avec la chanteuse Dawn Tyler Watson pour faire résonner les cuivres de son arsenal. Miche Love y sera. Dwayne Dixon et son « roadhouse blues », Paul Deslauriers, Marc Parent, South Breeze, la liste est longue ! Une particularité : le concours Québec à Memphis présenté dimanche après-midi où cinq artistes québécois en format solo ou duo tenteront d’impressionner un jury mis sur pied par la Société Blues de Montréal. Le gagnant s’envole à Memphis au mois de janvier dans le cadre de l’international Blues Challenge où 250 artistes ou groupes de partout sur la planète y seront. Enfin, la vie nocturne dans les bars et restos est considérable, plus d’une dizaine d’établissements accueillent la note bleue. Et c’est gratuit !

Crédit : Thacker Mountain radio show

5— L’amphithéâtre Cogeco

Le volet payant du festival c’est là. Les plus gros noms s’y trouvent. Dans le passé, ZZ Top, Steppenwolf, George Thorogood, Buddy Guy, Styx, Edgar Winter et Mavis Staples s’y sont produits. Selon Gamache, 90 % des passeports trois jours sont vendus dans cette salle de 3 500 places qui a aussi une partie gazonnée à l’arrière. Aux abords du fleuve, trois spectacles sont présentés chaque soir. Le 22 août : le guitariste canadien Jack De Keyzer, Doyle Bramhall II, guitariste d’Eric Clapton, gaucher en plus, il a de plus accompagné Roger Waters en tournée et endisqué avec Elton John ; le Texan vient de lancer coup sur coup deux excellents disques. En tête d’affiche, la star Melissa Etheridge est le choix « Classic Rock » de cette année, ses succès sur les ondes FM sont notoires et sa voix rauque se fera assurément entendre sur Like The Way I Do et Come To My Window, deux de ses immortelles. Le 23, la chanteuse de Houston Diunna Greenleaf accompagnée du Mike Goudreau Band venue de l’Estrie, suivi par Mr. Sipp, un showman-guitariste du Mississippi qui ne vient pas souvent au Québec, il crée des ponts musicaux entre le passé et le présent, c’est riche comme proposition blues, le public risque d’être médusé au contact de l’authentique bluesman. En fin de soirée, le canadien Colin James puisera dans sa panoplie de succès, accompagné entre autres pour l’occasion par le jeune harmoniciste montréalais Shawn McPherson. Le lendemain, Coco Montoya, ancien membre des Bluesbreakers de John Mayall et disciple du regretté Albert Collins, nous servira ses notes incendiaires en début de soirée, suivie par la bombe Vintage Trouble, quatuor américain de soul-rock-blues-r&b qui a fait les premières parties des tournées d’AC/DC, The Who, The Rolling Stones et qui compte sur un chanteur extraordinairement investi, Ty Taylor, sorte de croisement entre James Brown et Otis Redding. Puis, Los Lobos, groupe mexicano-américain qui a tellement plus à offrir que La Bamba ! Le band existe depuis 45 ans et tire dans toutes les directions, sorte de groupe typiquement vu à l’émission « ’Austin City Limits », de par son croisement des genres avec le blues comme fil conducteur. En 1987, Los Lobos faisait la première partie de U2 au Stade Olympique ! Selon Gamache, 90 % des passeports sont vendus à des prix plus que décents : 44 dollars pour les trois soirs à l’amphithéâtre, c’est tentant.

On se voit là-bas ?

Trois-Rivières-en-blues
11e édition
22 au 25 août 2019

www.3renblues.com

1 commentaire

  1. Denise Rousseau, le 2019-08-25 à 18:29

    Samedi soir très mauvais
    Et j.aimeraid savoir c’est quoi les numero de moitier et moitier de samedi soir

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