Allison Russell
In the Hour of Chaos
- Fantasy Records
- 2026
- 42 minutes
La Québécoise d’origine Allison Russell propose aujourd’hui son troisième album en solo. Basée à Nashville, elle a coréalisé l’album avec le duo Dim Star. Au cours des cinq dernières années, elle a retenu l’attention avec ses albums. Outside Child a été nommé sur la longue liste du prix Polaris alors que The Returner a fait la courte liste du même prix. Elle a aussi reçu d’autres prix pour ce dernier, qui lui a donné un rayonnement accentué.
Avec In the Hour of Chaos, Allisson Russell propose un album qui valorise l’unisson et la rencontre. C’est vrai sur le fond et la forme. Les textes sont teintés de positivisme et de thématiques plutôt heureuses, alors que les pièces sont toutes des rencontres avec d’autres artistes. Dans son ensemble, In the Hour of Chaos est un album tout à fait agréable avec quelques bonnes pièces qui ressortent du lot et une qualité générale tout à fait acceptable.
L’album part bien avec la pièce de folk avec une bonne dose de soul No Springtime sur laquelle collaborent Joy Oladokun et Julie Williams. Les trois voix se complètent à merveille et ça donne de bons moments de chant. C’est vrai aussi sur la dynamique Cold April avec Kara Jackson, Denitia et l’Explore! Pop Choir. Une des pièces les plus rythmées qui parle de résilience où Russell brille avec son interprétation nuancée et convaincante.
I already know sometimes it snows in April
I heard my mother sing it way back when I was a child
Promises vanish in the dark, 88 keys and a broken heart
It couldn’t make it better, but it made it feel alright
— Cold April
Parmi les autres bons moments, on retrouve Black Lavender sur laquelle Brittney Spencer glisse sa voix et Love Is a Golden Lion sur laquelle Russell est rejointe par Devon Gilfillian. Cette dernière, une pièce guitare-voix, est le genre de chanson qui semble imbue de bonheur et de plaisir. L’instrumentation simple sert le propos, même si ça ne sort pas du lot.
D’ailleurs, c’est un peu la plus grosse critique qu’on peut donner à In the Hour of Chaos. Bien que le titre semble indiquer un monde musical qui sort du cadre, Allison Russell offre un album très sage qui mise plutôt sur des trucs et effets éprouvés par le passé. C’est bien exécuté, mais ça manque cruellement d’originalité dans l’instrumentation. Si le thème de l’unisson est très présent dans les mots, ça ne se transpose pas tout à fait dans les pièces. L’instrumentation sonne calculée davantage qu’enregistrée en live.
Si c’est sage, c’est tout de même très bien exécuté et, en général, les acrobaties vocales ne prennent pas le dessus sur l’interprétation. Allison Russell présente un autre album de qualité où son talent d’interprète brille.