Converge
Hum of Hurt
- Deathwish Inc. / Epitaph Records
- 2026
- 34 minutes
S’il s’est passé neuf ans entre les deux derniers albums de Converge, The Dusk in Us, en 2017, et Love Is Not Enough, sorti en février dernier, le groupe de métalcore américain a décidé d’être beaucoup moins patient pour revenir à la charge. Et charge, il y a. Environ quatre mois après la sortie de leur dernier album, Converge présente Hum of Hurt, son onzième album studio. Bien que les deux albums ont été composés en même temps, d’ailleurs, le groupe avait joué deux nouvelles pièces lors de leur passage au Théâtre Beanfield en avril : Doom in Bloom et Hum of Hurt, ils sont quand même très différents.
Love Is Not Enough est davantage axé sur le côté métal de Converge. Hum of Hurt est plutôt du côté hardcore avec une bonne dose d’émotion pitchée dans le mix. Jacob Bannon est particulièrement bruyant derrière le micro sur la chanson-titre et ça donne le ton. La prémisse de l’album, thématiquement, est intéressante. Le point de départ est le phénomène du Hum ou le Bourdonnement (de Taos ou de Bristol). Celui-ci est un phénomène auditif qui oscille entre les 30 et 40 hertz et qui est entendu seulement par une partie de la population dont l’audition capte ces fréquences. Il a été décrit comme le son d’un moteur au ralenti et a poussé des gens qui l’entendaient dans une détresse non négligeable. Plusieurs font de l’insomnie et il y a même eu des cas de suicides répertoriés. Bien que le phénomène soit étrange, il est souvent expliqué par des causes environnementales ou industrielles. Converge a pris le parti que c’était la détresse humaine qui était entendue par cette fine tranche de la population.
Dans cette optique, Doom in Bloom, met bien la table pour ce qui se passe dans Hum of Hurt :
Staining everything I touch
As I reach for what is loved
Smearing fleeting memories
Spattering those I can’t see
Pieces of what used to be
Pooling around my two feet
— Doom in Bloom
Si cette souffrance humaine fait partie de la thématique, on sent aussi la souffrance individuelle autour d’une relation qui se termine qui est souvent évoquée. C’est le cas dans Doom in Bloom, mais aussi sur la brutale I Won’t Let You. D’ailleurs les salves puissantes se font légion sur Hum of Hurt. L’une des plus délicieuses est It Only Gets Worse. Slip the Noose, qui ouvre l’album, ne fait pas trop de cachettes sur ce qui s’en vient sur l’album, il faut dire. Nous sommes avertis.
Ceci étant dit, Converge va aussi dans des zones un peu plus inhabituelles. C’est vrai sur It’s Not Up to Us qui a des moments presque de suspension entre les poussées musclées. Bannon laisse sa voix un peu plus se déposer et Kurt Ballou est moins dans la puissance que dans la création d’une atmosphère. C’est vrai aussi sur Dream Debris, alors que la section rythmique prend une place importante. La batterie de Koller met la table avant que la basse de Newton devienne le moteur. La pièce gothique et cauchemardesque offre de beaux moments.
Je dirais que Hum of Hurt est une petite affaire moins intéressant que Love Is Not Enough, mais ça demeure un excellent album de la part de Converge qui semblent incapable de l’ordinaire. La formation prouve une fois de plus qu’elle est la tête de file du métalcore pour une raison.