Héron
Verger
- Big In the Garden
- 2026
- 39 minutes
Il y a dans la scène musicale québécoise, plusieurs projets qui revitalisent la chanson traditionnelle, comme Paruline, Cédric Dind-Lavoie ou encore Rosier. Héron s’est ajouté au lot avec son excellent EP Fontaine en 2023. Il en a rajouté en 2025 avec l’EP Bras solaire, dont les quatre pièces se retrouvent aujourd’hui sur son premier album intitulé Verger.
Peut-être que l’une des raisons qui font en sorte que l’approche de Héron est si novatrice est le fait que la musique traditionnelle québécoise est entrée tard dans sa vie. Il dit : « L’idéation de cet album a commencé lorsque je me suis installé à Montréal en 2021. J’avais toujours voulu faire un projet folk, mais je ne connaissais pratiquement rien du folklore québécois. Par devoir et par curiosité, j’ai exploré la musique traditionnelle et m’en suis inspiré pour créer un récit personnel. Très vite, je suis tombé en amour avec le folklore queb et l’authenticité des gens qui le portent. » Le fait qu’il l’aborde différemment donne de beaux détours, de nouvelles couleurs qui ressortent du lot.
À ce long chemin de croix
Que je m’étais infligé
Maintenant que j’ai le choix
Je veux planter un verger
— Verger
La pièce-titre qui ouvre l’album donne le ton avec ce souffle de ce qui semble être fait avec un synthétiseur sur lequel Henri Kinkead, l’homme derrière le projet, chante doucement des grands questionnements. Le côté plus traditionnel est là aussi sur la mélodieuse Roi de verre, qui mise à la fois sur du vieux folk et sur des violons plus traditionnels québécois. D’ailleurs, Élisabeth Moquin, qui joue le violon et qui fait de la podorythmie sur l’album, est aussi une des grandes raisons de la qualité de trame sur Verger. Son jeu polyvalent rajoute une bonne couche de beauté dans les trames.
Comme Héron ne vient pas de la musique traditionnelle, il sort des carcans habituels par sa manière unique d’aborder le genre. Un bel exemple est la surprenante Sainte-Croix avec sa guitare rythmée, sa mélodie efficace et sa ligne de basse peu orthodoxe pour le genre. Hirondelle se démarque aussi avec sa mélodie efficace et son rythme peu habituel pour le genre musical. D’ailleurs, on doit beaucoup de ses rythmes à Jérémie Essiambre (La Faune), qui joue sur l’album et qui a signé les arrangements.
On retrouve aussi les quatre titres qui avaient déjà charmé sur Bras solaires l’an dernier qui sont toujours aussi bons sur ce deuxième tour de piste. Les pièces de l’EP et les nouvelles pièces se côtoient naturellement sur l’album.
C’est réussi pour Héron, qui offre un excellent album avec Verger qui continue de réinventer la musique traditionnelle avec panache.