Mutual Benefit - Love's Crushing Diamond - Le Canal Auditif

Mutual Benefit – Love’s Crushing Diamond

loves-crushing-diamondLancé au début du mois d’octobre, le premier album de la formation Mutual Benefit intitulé Love’s Crushing Diamond (menée par l’auteur-compositeur-interprète Jordan Lee) a réussi à rallier de façon positive quelques journalistes musicaux de blogues et de sites branchés. La musique prodiguée par Mutual Benefit constitue une singulière mixture de folk baroquisant/expérimental qui lorgne parfois vers une certaine forme de bruitisme et à d’autres occasions en direction d’ambiances éthérées et duveteuses.

Aux premières écoutes, vous serez happé par les ascendants sonores évoqués par Mutual Benefit. On pense à Sparklehorse (particulièrement la voix claustrophobe de Lee), aux atmosphères rococo d’un jeune Sufjan Stevens ou encore de l’éclectisme d’un Devendra Banhart. Vous aurez compris que vous aurez dans les oreilles une ravissante bestiole.

Lorsque nous classifions Mutual Benefit dans un registre «folk», c’est tout simplement parce que l’écriture chansonnière de Lee a pour assise la guitare acoustique, mais nous ne sommes pas en présence d’un album folk dans la plus pure tradition du genre. En effet, Jordan Lee propose des chansons qui se laissent désirer, qui prennent de l’altitude et de l’ampleur au fil des auditions.

Pas de couplet-refrain conventionnel, pas de dépouillement sonore, bien au contraire, Mutual Benefit ajoute à son esthétique sonore des strates de claviers, des sédiments rythmiques électroniques et du violon avec une efficiente parcimonie, sans jamais tomber dans la démesure. L’enregistrement analogique et la réalisation limpide accentuent l’incidence immatérielle de la musique de Jordan Lee; un son ample sans être cacophonique inutilement.

Ce Love’s Crushing Diamond est une production escortant l’auditeur dans des zones évoquant l’évasion, le rêve et la contemplation. De plus, Lee est un parolier doué, plein de quiétude quasi bouddhiste. En voici la preuve: «I clear my mind of joy and sorrow/river doesn’t know tomorrow/ it rolls along with such simplicity». Zen, vous dites?

L’album dépasse à peine les trente minutes et parmi les sept morceaux présentés, nous avons affectionné la vaporeuse Strong River, l’orchestrale et splendide Advanced Falconry, la pianistique émouvante That Light That’s Blind, la mélodie inventive détenant un je-ne-sais-quoi de Dirty Projectors dans Let’s Play/Statue Of A Man, l’imposante C. L. Rosarian ainsi que le magnifique motif de violon embellissant Strong Swimmer.

Love’s Crushing Diamond est une conception sonore qui propulse le folk un peu plus loin, créativement parlant. Ne serait-ce que pour cette seule et unique raison, vous devriez poser vos oreilles sur cet opus. Voilà un titre à classer parmi les premiers jets réussis de l’année en cours.

Ma note : 7,5/10

Mutual Benefit
Love’s Crushing Diamond
Other Music Recording Co.
32 minutes

mutualbenefit.bandcamp.com

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