Critique : Ride - Weather Diaries - Le Canal Auditif

Critique : Ride – Weather Diaries

22 ans après la fin orageuse de leur groupe, les membres originaux de Ride, véritables poster boys du shoegaze britannique, ont décidé de revenir afin de se refaire une place au soleil! Calembours météorologiques douteux à part, le climat occupe une place très importante au sein de ce 5e album inattendu du quatuor.
 
 
 

« I’m unsettled by the weather
It’s getting stranger
Should it be this good right now?
Are we in some kind of danger?
Is this atmosphere just me/or is the sky too blue?»
-Weather Diaries

Commençons par un brin d’histoire. Après un doublé d’excellents Eps parus dans la première moitié de l’année 1990, Andy Bell (guitariste/chanteur), Mark Gardener (guitariste/chanteur également), Steve Queralt (bassiste) et Laurence Colbert (batteur) ont lancé Nowhere, album phare du mouvement musical mis au monde par des geeks qui regardent leurs pédales d’effets. Ils ont remis ça avec un 2e album qui était le témoignage d’une solide évolution en 1992 avec Going Blank Again. Ensuite, tout s’est barré en couilles alors que le quatuor a bifurqué vers un rock plus psychédélique sur le très fade Carnival of Light, influencé par la popularité des groupes de l’explosion brit-pop. Le changement ne fait pas l’unanimité au sein de l’unité et le groupe se sépare avant de se taper sur la gueule en pleine session d’enregistrement de Tarantula, album catastrophe qui sera retiré des tablettes et supprimé du catalogue de l’étiquette Creation seulement une semaine après sa sortie.

«You look good with blue sky behind
Silhouetted in the bright sunshine
Burned onto my retina screen
The greatest thing I’ve ever seen»
-Cali

Fort heureusement, tout ça est de l’histoire ancienne et les musiciens du band ont enterré la hache de guerre depuis longtemps. C’est en 2014 qu’ils ont recommencé à jouer ensemble et de fil en aiguille, ils ont construit l’essentiel de Weather Diaries. D’emblée, les fans du groupe doivent s’attendre à un album beaucoup plus produit que ce qu’ils ont aimé avec les deux premiers. L’apport créatif du DJ et producteur Erol Alkan y est probablement pour quelque chose. C’est de loin le disque le plus pop du groupe d’Oxford. On se demande même un peu où sont les guitares à certains endroits. Cela dit, il ne faut pas bouder son plaisir et s’abandonner aux formidables refrains qui s’enchaînent l’un après l’autre, de Lannoy Point à Cali en passant par la chanson-titre et Home is a Feeling. Voilà un disque de roadtrip idéal pour autant que l’on soit capable d’accepter un léger manque de crasse au niveau du son ainsi que quelques fioritures superflues (oui, je parle surtout de l’échantillonnage vocal agaçant et inutile qui sert d’intro à All I Want).

Après les retours fort réussis de My Bloody Valentine et Slowdive, il est réjouissant de constater que d’autres piliers du genre tiennent encore la forme. Ce n’est pas parfait, mais c’est facilement le 3e meilleur album du groupe en carrière.

Ma note: 7,5/10

Ride
Weather Diaries
Wichita Recordings
52 minutes

https://www.thebandride.com

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