Critique : King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe - Le Canal Auditif

Critique : King Gizzard & The Lizard Wizard – Murder Of The Universe

Au printemps dernier, la jeune machine de rock psychédélique australienne, King Gizzard & The Lizard Wizard, faisait paraître Flying Microtonal Banana, le premier d’un cycle de 5 albums qui seront révélés tout au long de l’année en cours. La discographie de cette magnifique bande de cinglés, menée par le druide en chef, Stu Mackenzie, ne comporte pas beaucoup de faiblesses, malgré la productivité démentielle dont elle fait preuve. Depuis 2010, le septuor a créé pas moins de 10 albums et ce Murder Of The Universe est le 11e album de la carrière du groupe.

Avec King Gizzard & The Lizard Wizard, il faut toujours s’attendre à un concept singulier ou du moins une ligne directrice claire qui permet au groupe de se surpasser disque après disque. Nonagon Infinity était un « never ending album » que l’on pouvait écouter en boucle. Flying Microtonal Banana était le premier d’une série d’enregistrements où tous les instruments seront accordés de manière microtonale. Avec Murder Of The Universe, le voyage « microtonal » se poursuit toujours et la formation pousse le challenge un peu plus loin en proposant un album concept dont le thème principal est la lente désintégration de l’univers.

Les « poteux » présentent 21 chansons divisées en 3 parties distinctes, toutes colligées à Melbourne en début d’année. Les thèmes de la mort, de la fossilisation et de la résurrection, de ce drôle d’animal que symbolise l’être humain, sont invoqués pêle-mêle tout au long du disque. Les images fortes de bêtes déchaînées, de torrents de sang, de gigantesques feux de forêts et de cataclysmes nucléaires peuvent parfois déconcerter, mais tout ce magma apocalyptique est magnifiquement noué par le psychédélisme nerveux de la bande à Mackenzie.

La performance musicale, elle, est encore une fois à couper le souffle. Les guitares frénétiques sont tout simplement fabuleuses. La voix de Mackenzie, bonifiée par une magnifique réverbération d’outre-tombe, est parfaitement alignée avec la thématique de l’album. Les claviers narcotiques servent de pauses bien appréciées, compte tenu de l’hyperactivité musicale prodiguée par le groupe. Les narrations féminines et masculines ajoutent à l’aspect menaçant, un peu malsain, qui constitue la trame de fond de ce disque. Et que dire de la précision chirurgicale des deux batteurs ? Impressionnante.

Murder Of The Universe est nettement plus exigeant que Flying Microtonal Banana et demandera un effort d’écoute plus soutenu, mais après quelques auditions déroutantes, vous embarquerez de plain-pied dans ce périple à la fois magnifique et terrifiant. Encore une fois, les Australiens m’ont scié les deux jambes… et c’est bon du début à la fin avec une légère préférence pour le permier chapitre où ces petits génies nous suggère quelques variations de l’excellente Altered Beast en alternance avec une autre pièce, intitulée Alter Me, construite elle aussi sur la même progression d’accords qu’Altered Beast.

Ce nouveau volet de l’inépuisable épopée musicale de King Gizzard & The Lizard Wizard est une totale réussite. Et dire que ces forcenés nous offriront trois autres disques d’ici la fin de l’année. Honnêtement, je serais renversé si les trois prochains albums étaient du même calibre que ce qui nous a été présenté jusqu’à ce jour. Mais avec ces talentueux Australiens, tout est possible. Le meilleur groupe de rock psychédélique à l’heure actuelle.

Ma note: 8/10

King Gizzard & The Wizard Lizard
Murder Of The Universe
ATO Records
46 minutes

http://kinggizzardandthelizardwizard.com/

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