Angel Olsen – My Woman - Le Canal Auditif

Angel Olsen – My Woman

Angel OlsenDeux ans et demi après la parution de son 2e album, l’Américaine Angel Olsen est de retour avec My Woman. Le problème majeur auquel on doit faire face lorsque l’on sort un album de la trempe de Burn Your Fire For No Witness, c’est bien sûr de travailler sur ce qui va suivre. Dire que la barre est haute dans ce cas-là, relève dangereusement de l’euphémisme.

J’ai donc commencé l’écoute de cette nouvelle offrande en me méfiant un peu. Le premier instrument qu’on entend derrière la voix de la chanteuse au parcours atypique est un synthétiseur, ce qui n’a rien pour me rassurer. Mais bon, je réalise vite fait qu’Intern est un cas unique et sert en fait d’intro à la première moitié de l’album, celle qui parle de l’amour et de ses complications. La guitare se pointe le bout du nez dès le début de Never Be Mine. C’est à partir de Shut Up Kiss Me que la pédale de disto sort timidement de sa boîte. C’est clairement la chanson la plus rock et la plus «upbeat» de l’album.

Pour faire simple, My Woman est un disque qui se décline en deux parties très distinctes. Il y a les chansons d’amour rock impersonnelles en premier et les chansons mélancoliques, de type journal intime, qui se vautrent dans la mélancolie et la nostalgie en fin de programme. Le tout sert de soupape à la femme à laquelle le titre de l’album fait référence: Olsen elle-même.

À 29 ans bien sonnés, la principale intéressée ne fait pas son jeune âge. Elle n’est ni jeune, ni vieille, en fait, de par l’intemporalité de son timbre de voix et de son propos. La mélancolie sera toujours l’élément le plus facilement «associable» à Angel Olsen. Reste que la fille est capable de ratisser très large dans le domaine des émotions. Au niveau de la qualité de l’écriture, j’ai une préférence marquée pour la deuxième moitié de l’album où les pièces gagnent en longueur et en contenu. La quasi-trip-hop Those Where The Days est clairement le point fort de l’album. On y entend une Angel Olsen en mode semi-chuchotement. Excellent morceau. Excellente idée.

Est-ce qu’on peut finalement dire que le défi du 3e album est relevé? De prime abord, la production, un tantinet plus léchée que le reste du catalogue de l’artiste ne me plaît pas beaucoup. J’aime ma Angel Olsen un peu plus brute et crasse. N’empêche qu’elle n’a probablement pas fini de nous en mettre plein les oreilles. Au final, j’aime moins My Woman que Burn Your Fire… Cela dit, 3 ou 4 écoutes de plus ne me feront probablement pas de tort et il y a assez de bon matériel pour donner envie d’y retourner après quelques rotations. Ma femme n’a pas encore dit son dernier mot.

Ma note: 7/10

Angel Olsen
My Woman
Jagjaguwar
48 minutes

http://angelolsen.com

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