Wolf People - Ruins - Le Canal Auditif

Wolf People – Ruins

wolf-people-ruinsWolf People est une formation de Grande-Bretagne qui fait dans le folk-rock très fuzzé. On vous avait parlé du très potable Fain paru en 2013. Le groupe mélange les mélodies tirées de la grande tradition folk païenne de l’archipel tout en lui donnant une bonne dose de lourdeur à coups de tambours, de guitares bruyantes et d’énergie débordante.

Ruins est un autre album bien construit qui regorge de riffs tous plus mélodieux les uns que les autres. On y trouve des airs vocaux atypiques, mais assez délicieux et exotiques. C’est un peu comme si Ty Segall avait joué au 12e siècle dans la campagne anglaise autour d’un rassemblement de villageois. C’est l’esprit du temps dans les mélodies, mais il y a beaucoup plus de finesse dans la musique et surtout beaucoup plus de distorsion.

Le groupe s’oppose à la politique de l’époque en Grande-Bretagne, à ses histoires de Brexit et de batailles intestines. Leur position est que la nature, elle, finira par reprendre le dessus pour redonner à la terre ce qui lui appartient et que nous louons à crédit. Night Night qui ouvre l’album donne un bon aperçu de ce qui suit. Une petite mélodie à la guitare propre qui se fait substituer assez rapidement par un riff à la Black Sabbath avec tout ce que ça implique de fuzz. On y remarque les stigmates du rock des années 70, mais sans avoir l’impression que le groupe est prisonnier du passé.

Ils nous offrent plusieurs bons tubes dont la plus tranquille, mais délicieusement nuancée Kingfisher sur laquelle Jack Sharp chante avec une fragilité touchante. Sa mélodie sera reprise par deux fois, mais traitée complètement différente sur Ruins. Belong, qui s’entame sur un chœur languissant, prend une tournure rock rapidement et c’est pour le plus grand plaisir de nos tympans. Crumbling Dais, de son côté, nous offre beaucoup de distorsion acérée et bruyante. Wolf People étire moins ses chansons que sur Fain. Plusieurs titres frôlent les standards radiophoniques et ça leur va bien. Ils ont tendance à moins se perdre dans les riffs à n’en plus finir et concentrent leurs idées. Cela donne à leur chanson une plus grande force de frappe.

La formation britannique nous offre un Ruins tout à fait réussi et plaisant à l’écoute. C’est aussi mélodieux que rock. Ils savent faire la part des choses et oscillent entre la force brute et la fragilité émouvante. Un groupe à découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Ma note: 7,5/10

Wolf People
Ruins
Jagjaguwar
47 minutes

http://wolfpeople.co.uk/

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