The Prodigy - The Day Is My Enemy - Le Canal Auditif

The Prodigy – The Day Is My Enemy

The ProdigyAprès vingt-cinq de carrière, le combo électro-punk The Prodigy est toujours vivant… et bien fringant à part de ça! Mené par l’éminence grise du groupe, Liam Howlett, le trio y va cette semaine d’une sixième offrande titrée The Day Is My Enemy. Dernière parution en date? En 2009. Un Invaders Must Die qui avait laissé de marbre la critique. Fait à noter, The Prodigy détient à son actif un énorme vendeur à son palmarès avec le sublime The Fat Of The Land et l’imparable succès Breathe. Les pionniers du «big beat», avec The Chemical Brothers, Fatboy Slim et autres grandes pointures du genre, reviennent-ils avec une création à la hauteur de leur réputation?

C’est un gros oui! Au menu? Toujours ce jouissif mélange d’électro-punk ponctué d’éléments issus de la musique industrielle avec quelques soupçons de punk hardcore en fond sonore. Howlett désirait créer une œuvre agressive, une attaque sonore vitaminée et sur ce plan, le but est manifestement atteint. The Prodigy propulse son esthétique encore plus loin en allant piger dans son passé, mais en demeurant tout à fait pertinent; un disque qui ne laisse aucun répit, et ce, du début à la fin.

Avant la sortie de l’album, Howlett déclarait à la presse internationale ceci: «La musique internationale a été prise en otage par tous les styles de musique possible pour faire de la pop. Quel que soit le style de musique pop qu’on peut entendre, il y a des beats électros, des morceaux venus de la musique underground absorbée par les artistes pop». On pense ici à David Guetta… et l’opinion d’Howlett vient rejoindre la nôtre à la perfection. The Prodigy ramène les pendules à l’heure avec brio. Là où un Trent Reznor s’est assagi, Howlett, Keith Flint (l’emblème punk du groupe) et le MC Maxim Reality, ne lâchent pas la bride une seule seconde en proposant quinze brûlots décisifs.

The Prodigy conserve sa colère intacte (l’accentue même!) et pousse l’auditeur dans ses derniers retranchements tout en le gardant captif grâce à ces rythmes endiablés et totalement contagieux. Les interventions judicieuses et bien espacées de Keith Flint (tout au long de cette conception sonore) déculpent cette impression d’hostilité… Brutalité qui demeure admirablement bien domptée, toujours intelligible et qui ne verse jamais dans l’excès ou dans le racolage. Un véritable retour en force!

Parmi ces ardents pamphlets musicaux, on a bien pris soin de mettre de côté les morceaux suivants: la pièce-titre The Day Is My Enemy, le côté déjanté de Nasty, le rythme imparable d’Ibiza (feat. Sleaford Mods), l’extatique Wild Frontier (synthés vintage à l’appui), la violente Rok-Weiler (un must punkisant!), l’excellent crescendo en introduction sur Roadblox, la cadencée, jubilatoire et surexcitante Get Your Fight On, le penchant arabisant de Medecine, le seul moment «contemplatif» titré Invisible Sun ainsi que l’agitée Wall Of Death. Du gros stock bien nerveux!

Jamais on n’aurait cru qu’un disque de la bande à Liam Howlett pouvait obtenir un impact aussi mordant auprès de votre vieux scribe de service. Ça cogne fort, c’est d’une violence tonitruante, ça ne dérougit que rarement et ça ne peut que vous laisser sans voix à la fin de l’audition. Bien entendu, faut aimer le genre et aimer se faire brasser «le canayen», mais objectivement The Prodigy atteint l’objectif fixé: nous faire danser avec fureur!

Ma note: 7,5/10

The Prodigy
The Day Is My Enemy
Cooking Vinyl Ltd.
60 minutes

http://www.theprodigy.com

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