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Critique : Wolves in the Throne Room – Thrice Woven

Vétérans de la scène black métal de la côte ouest-américaine, le duo (maintenant trio, avec un chanteur permanent) composé des frères Weaver est de retour avec un sixième long jeu en carrière. Les loups appliquent encore une fois leur formule bien à eux : de longues pièces où l’on alterne entre des riffs violents, des rythmes de batterie typique du black métal scandinave et des moments atmosphériques. Encore une fois, la trame sonore idéale pour de longues soirées de pluie dans le nord-ouest pacifique américain. Mais tenez-vous-le pour dit : le groupe ne poursuit pas dans la veine blackgaze ou post-black à la Deafheaven. Nous sommes en territoire beaucoup plus sombre. Et méchant.

L’album démarre tranquillement avec Born From The Sperent’s Eye et sa courte introduction presque moyenâgeuse. Cela dit, dans les 4 minutes qui suivent, la troupe nous démontre toute sa palette de dynamiques d’agression : une enfilade de riffs épiques, punitifs et violents. La section rythmique vient pimenter la chose en empêchant toute répétition qui pourrait devenir lassante. Mais comme la recette le dicte, la séquence est coupée brusquement vers un passage atmosphérique avec de belles voix féminines. Les hostilités reprennent par la suite avec une bonne dose de rythmes plus lents, quelque peu sludgeux, vers une finale en beauté.

The Old Ones Are With Us commence en douceur avec une guitare acoustique et une voix grave chantée qui peut rappeler les moments plus folk de Swans et son leader, Michael Gira. La suite des hostilités est, sans surprise, beaucoup plus lourde et sonne la fin du monde. Malgré un répit en milieu de parcours avec un retour à l’introduction, la lourdeur reprend ses droits pour le reste du voyage.

Mais les moments les plus agressifs de l’album se trouvent à la troisième piste, Angrbod. Les 5 premières minutes laissent peu de répit à l’auditeur. Les mouvements se succèdent à une vitesse folle à grand coup de voix de démon et de guitares épiques. Le ralentissement au milieu de ces 10 minutes vient donner une pause bien méritée à l’auditeur. La douce transition de clavier met toutefois la table pour ce qui est le meilleur riff de l’album. Nous sommes ici plus près de l’influence sludge à la Neurosis que du black métal norvégien, mais peu importe, Wolves in The Throne Room ne s’arrête pas à un style bien précis.

L’exception de l’album, Mother Owl, Father Ocean, vient donner une pause dans tout ce chaos avec une petite transition de 2 minutes. Ce n’est pas nécessairement le moment le plus intéressant de l’œuvre, mais la pièce met la table pour le dernier mammouth à venir.

Avec ses 11 minutes de furie, Fires Roar in the Palace of the Moon, vient mettre un terme de brillante façon, tout en suivant le même type de structure, l’album.

Un long jeu qui plaira certainement aux fans du groupe et du style. Bien que la bande ne se réinvente pas sur ce 6e disque, il n’en demeure pas moins que Wolves in the Throne Room reste un des groupes métal les plus intéressants par les temps qui courent.

Ma note: 7,5/10

Wolves In The Throne Room
Thrice Woven
Artemisia Records
42 minutes

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