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GAMIQ 2017 : Les nominations

On attend ce moment chaque année : les nominations du GAMIQ. Cette année encore, Le Canal Auditif est présent dans la catégorie média de l’année. Ça nous fait chaud au cœur, surtout qu’on est en bonne compagnie avec Feu à Volonté, ecoutedonc.ca, CHOQ.ca et les amis de Livetoune avec qui LP Labrèche anime le projet Plaque Tournante.

C’est Alaclair Ensemble et Chocolat qui mènent les nominations avec six et cinq respectivement. Parmi les autres artistes qui récoltent quelques nominations, on retrouve Antoine Corriveau, Dear Criminals, Lydia Képinski, Avec pas d’casque, Of Course, Matt Holubowski et Dead Obies.

En attendant la grande soirée, vous pouvez voter en ligne dans plusieurs catégories dont celle de média de l’année… on dit ça comme ça.

On se voit le dimanche 26 novembre prochain pour le gala!

Prix du public

Alaclair Ensemble
Avec pas d’casque
Burning The Oppressor
Caravane
Chassepareil
Chocolat
Dead Obies
Floating Widget
Guy Brière
Harfang
Karen St-Laurent Trio
L’Oumigmag
La Carabine
Matt Hulobowski
Orloge Simard
Quebec Redneck Bluegrass Project
The Blaze Velluto Collection
The Bright Road
The Johans
Tintamare

Album Folk

Avec Pas d’Casque – Effets spéciaux
Leif Vollebeck – Twin Solitude
Les Hay Babies – 4e Dimension
Louis-Philippe Gingras – Troisième rangée
Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

EP Folk

Ada Lea – EP
Aliocha – Sorry Eyes
Helena Deland – Drawing Room
Meteor Ranchero – Incomplet
Noé Talbot – Déballer le présent (extra)

Album Pop

Gab Paquet – Santa Barbara
Groenland – A wider space
KROY – Scavenger
Le Couleur – P.O.P
Peter Peter – Noir Éden

EP Pop

Emilie & Ogden – 10 000 (solo)
Jeffrey Piton – Après le déluge, après le froid
Karim Ouellet – Aikido
Lydia Képinski – EP
Van Carton – La Saison

Album Electro

Das Mörtal – Always Loved
Ouri – Superficial
Suuns – Hold/Still
Valaire – Oobopopop
Xarah Dion – Fugitive

EP Electro

Dear Criminals – Seven songs for Nelly
Gold Zebra – Un amour d’été (OST)
HWYS – Beaches
Millimetrik – Sour Mash EP
Of Course – Naufrage un Jeudredi

Album Rap

Alaclair Ensemble – Les frères cueilleurs
C-Drik – Liqueur forte
KNLO – Long jeu
Lary Kidd – Contrôle
Nomadic Massive – The Big Band Theory

EP Rap

Dead Obies – Air Max
L’Amalgame X Of course – Le Prix du Funk
La Brigade des Moeurs – La Brigade des Moeurs
Le Nouveau Rappeur – Cristobal Huait
Yes Mccan – PS. Merci pour le love

Album Rock

Barry Paquin Roberge – Voyage massage
Chocolat – Rencontrer Looloo
Les Dales Hawerchuk – Désavantage numérique
Les Deuxluxes – Springtime Devil
O Linea – O Linea

EP Rock

Floating Widget – The Sounds of Earth
Jesse Mac Cormack – After the Glow
On a créé UN MONSTRE – Insectarium
Rodney the Walrus – Code Morse II
zouz – EP1

Album Indie-Rock

Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Blood and Glass – Punk shadows
Catherine Leduc – Un bras de distance avec le soleil
Corridor – Supermercado
Lesbo Vrouven – Grifff Pifff

EP Indie Rock

Abrdeen – Endless Nights and Dreamlike Mornings
Adam Strangler – Key West
Cédrik St-Onge – Les yeux comme deux boussoles
L’Indice – Cycles Un
Mélanie Venditti – EP

Album ou EP Folk-Bluegrass

Canailles – Backflips
Élixir de gumbo – Le beau piège
Le Winston Band – Bolton Boogie
Quebec Redneck Bluegrass Project – Royale Réguine
Raphaël Dénommé – Raphaël Dénommé EP

Album ou EP Post-Rock/Post-Punk

Co/ntry – Cell phone 1
Duchess says – Sciences Nouvelles
Le monde dans le feu – Le miracle de la température
Oromocto Diamond – Atlantis
We Are Wolves – Wrong

Album ou EP Punk

Boids – Demo bag
Cirrhose et Cendrier – Hey le Trognon!
Clavicule Slingshot – Phénix Rôtis
Fuck Toute – Fuck toute
Mute – Remember death

Album ou EP Metal

Apes – Lightless
Krokmitën – Heta
La Corriveau – Black Sorrow
Never more than less – Peace, War, Whatever
Obey the Brave – Mad Season

Album ou EP Expérimental

Atsuko Chiba – The Memory Empire
Héliodrome – Le Jardin des espèces
Julien Sagot – Bleu Jane
Les Martyrs de Marde – Extinction de foi
Téhu – EP Boulevard

Album ou EP World

Afrikana Soul Sister – Afrikana Soul Sister
Di Astronauts – Lova Notes and Outta Space Poems
DJU – Fracas des racines
Gadji Gadjo – Regards
The Brooks – Pain & Bliss

Album ou EP Jazz

L’Oumigmag – Territoires
Parc X trio – Dream
SHPIK – Fabulation
Trio Jonathan Turgeon – Les rêves errants
West Trainz – Train Songs

Vidéoclip de l’année

Alaclair Ensemble – C’était ça que c’tait
Antoine Corriveau et Fanny Bloom – Constellations
Athena – Acide
Bad Nylon – Rappa
Canailles – Rendez-vous galant
Chocolat – Ah ouin
Das Mörtal – Midnight Rendez-Vous (feat. French Fox)
Dead Obies – Waiting
Dear Criminals – Nelly
Degueu ça pu – Je fais le bacon
Élixir de Gumbo – Gang de rue
Gazoline – L’amour véritable est aux rebelles
Geoffroy – Sleeping on my own
KNLO – Justeçayinque
KROY – Learn
Le Couleur – Premier Contact
Matt Holubowski – Exhale/Inhale
Mauves – Longtemps
Mundy’s Bay – Glow
Rouge Pompier – Mercredi
Saratoga – Je t’attends dehors
Simon Kinsgbury – Comme douze
Valaire – GOLDEN RULE Do The Oobopopop (feat. Alan Prater)
VioleTT Pi – Betsey Johnson
We are Wolves – Wicked Games

Pochette d’album de l’année

Atsuko Chiba – The Memory Empire
Avec pas d’casques – Effets spéciaux
Chocolat – Rencontrer Looloo
Héliodrome – Le Jardin des espèces
Julien Sagot – Bleu Jane
Mardi Noir – L’Oeil de la tempête
Mauve – Coco
Nomadic Massive – The Big Band Theory
Of Course – Naufrage un jeudredi
Ripé – Rock Ripé

Chanson de l’année

Alaclair Ensembe – Ça que c’tait
Beyries – Wondering
Corridor – Coup d’épée
Lydia Képinski – Apprendre à mentir
Matt Holubowski – Exhale/Inhale

Spectacle de l’année

Alexandre Desilets – Windigo
Black Tiger Sex Machine
Chocolat
Dear Criminals
L’osstidtour – Alaclair Ensemble, Koriass, Brown

Artiste de l’année

Alaclair Ensemble
Antoine Corriveau
Dear Criminals
Émile Bilodeau
Louis-Philippe Gingras

Révélation de l’année

Beyries
Blood and Glass
Lydia Képinski
Zen Bamboo
zouz

Média numérique de l’année

Choq.ca
Ecoutedonc.ca
Feu à volonté
Le Canal auditif
Livetoune

Salle de spectacle de l’année

Bar Le Ritz PDB
Le Cercle
Le Divan Orange
Le Mouton Noir
L’Esco

Radio de l’année

CFAK
CFOU
CIBL
CISM
CKRL

Le Festif! de Baie St-Paul 2017: dernier jour

Toute bonne chose a une fin. En ce dimanche matin ensoleillé, le Festif! arrivait à sa conclusion. Déjà, le festival nous avait graciés de plusieurs moments musicaux de qualité. Pour cette ultime et dernière journée, ils nous avaient réservé un spectacle assez spécial : Timber Timbre dans le décor pittoresque du quai de Baie St-Paul.
 
 
 

La parfaite conclusion

Il est difficile de penser à une meilleure façon de conclure quatre jours de musique que les capables de Timber Timbre. Le quatuor a évidemment joué des chansons issues de leur plus récent album, Sincerlery, Future Pollution. Parmi celles-ci, Grifting était particulièrement réussie et plaisante. Le groupe s’est permis à de nombreux moments d’étirer un peu la sauce dans les chansons. Ce fut le cas pour Until the Night Is Over et Hot Dreams. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chanson de cet album qu’ils ont jouée. Ils nous ont aussi offert la sublime Grand Canyon. En tout, la formation a joué dans le somptueux décor du quai de Baie St-Paul environ une heure trente et des poussières. C’est une façon tout à fait douce de mettre un terme à cette édition du festival.

Les 5 meilleurs moments du festival

Caroline Perron / Le Festif

Voici le temps que je vous avoue bien honnêtement les 5 moments qui m’ont fait triper plus que tout dans l’édition 2017 du Festif! Attention, ce n’est pas quantitatif, ils sont tous également délicieux.

1 — Leif Vollebekk et son concert qui fait lever le poil sur les bras par l’émotion.

2 — Chocolat et sa leçon de rock en règle dans le sous-sol de l’église. Pauvre Jésus, se remettra-t-il de tout ce qu’il a vu?

3 — Antoine Corriveau et son magnifique spectacle dans la chapelle des Franciscaines. Il y avait même de l’orgue!

4 — Qualité Motel et la démence de son set de DJ/création. « C’est pas du basilic, c’est du romarin! »

5 — Daniel Bélanger qui revisite son répertoire et la foule de Baie St-Paul (et moi) qui chante allègrement les paroles.

Caroline Perron / Le Festif!

Merci aux bénévoles qui m’ont abreuvé pendant l’entièreté du séjour, à l’équipe du festival qui était top notch et aux collègues avec qui j’ai partagé ces moments-là! À l’année prochaine Festif!, t’étais ben swell.

Le Festif! 2017 : jour 2

Ma deuxième journée dans la bucolique ville de Baie St-Paul s’annonçait chargée. Tout commençait tôt (vers midi) et se poursuivait jusqu’aux petites heures du matin. Mais comme on ne recule devant rien pour couvrir un festival, j’étais prêt mentalement et physiquement (surtout mon foie).

Jay Kearney / Le Festif

Les pieds pendant au bout du quai

J’exagère, mais c’était pas mal ça. Nous étions conviés sur le coup de midi pour un spectacle de Louis-Jean Cormier sur le quai de Baie St-Paul. L’homme semblait en pleine forme faisant de nombreuses blagues et boutades entre ses chansons. Cormier avait l’air presque (il jouait quand même des chansons, son métier) en vacances que les spectateurs. Il a enchaîné principalement des chansons des Grandes Artères, dont Saint-Michel et La Fanfare. Il a aussi livré une excellente Tout le monde en même temps et Le Pyromane de Karkwa. Comble de la joie pour les mélomanes, il a même donné un premier aperçu de son nouvel album avec une nouvelle chanson bien tournée et touchante.

Après Louis-Jean Cormier, nous étions invités à continuer à avancer sur le quai pour rejoindre Peter Henry Phillips installé au bout de celui-ci. Entouré d’eau, de montagne et de plage, Pierre-Philippe Côté a joué une bonne heure. C’était un des concerts les plus relaxants que j’ai vus de ma vie. Entre son folk doux et mélodieux et le paysage surréel, il était tentant de se pincer pour s’assurer qu’on ne rêvait pas. Pilou s’est même fait voler le show de la plus cute des façons possibles alors que sa fille a décidé qu’elle ne laisserait pas son père seul sur scène. Son aise sur scène prouve que la pomme n’est pas tombée très loin du pommier (la mère étant comédienne aussi). Il nous joue Hold That, The Night, Henry et quelques autres chansons de The Origin. Il en rajoute avec Bloom et Secret issu du premier EP homonyme. C’était parfait et doux.

Jay Kearney / Le Festif

Quand les shows secrets prennent le dessus

En après-midi, mon premier arrêt consistait à Violett Pi, en concert-surprise, perché sur un balcon décoré de drapeaux québécois sur lequel Karl Gagnon chantait en solo. Il avait pour l’occasion échangé sa chaise pour un balcon. Quelques petits bogues ont pollué la chanson Fleur de Londres, mais Violett Pi est comme les chats, il retombe sur ses pieds. On le sentait un peu nerveux, mais il a traversé tout ça avec aplomb. Fidèle à son habitude, il nous a graciés de plusieurs blagues dont une gorgée de bière dans un pichet : « Mon verre a l’air gros… mais c’est parce que j’ai des petites mains. » Sacré Violett Pi!

Je me suis dirigé ensuite vers la scène du Pantoum où se donnait un spectacle du groupe De la reine. Le trio à la soul chaude et bien composée a bien fait groover la foule. J’ai eu le temps d’attraper les cinq dernières chansons. Parmi celles-ci on retrouvait une adaptation d’une chanson de Radiohead. Le tout était pas mal plaisant pour les oreilles et je suis certain que ce n’est pas la dernière fois qu’on entend parler du trio.

Caroline Perron / Le Festif

Puis, je me suis dirigé du côté d’un autre concert-surprise, celui de Dany Placard. Le barde barbu a joué des nouvelles et d’anciennes chansons avec une implication émotionnelle que je ne lui avais jamais vue. C’est ouvert et vulnérable qu’il s’est présenté devant nous. Entre les moments touchants, il en profitait pour nous envoyer quelques blagues dont une sur sa pédale de chorus qui change toutes les chansons en tubes des années 80. Les quelques pièces de son album, à paraître le 29 septembre prochain, étaient convaincantes, dont Sleeping Bag. On peut en dire de même pour Chanson populaire issue de son répertoire.

Un gros show pour des grosses pipes

C’est Laura Sauvage qui avait la tâche d’ouvrir une soirée qui se culminera par le spectacle de Xavier Rudd. On reviendra à ce dernier un peu plus tard. En attendant, Sauvage, fidèle à son habitude, a lancé son concert sans cérémonial et une bonne dose de désinvolture. Entourée de Dany Placard, Jonathan Bigras et Nicolas Beaudoin, elle a livré des chansons de son premier album, Extraordinormale, et quelques nouvelles chansons. J’ai malheureusement manqué une partie de spectacle en raison de la pluie et de l’absence d’imperméable dans mes bagages. BRAVO LP.

Je ressortis du terrier à temps pour attraper la moitié du spectacle de Plants and Animals. Le groupe montréalais comme toujours était solide. Ceux-ci ne donnent jamais de mauvais spectacle. La seule chose qui est dommage est que l’écoute du public était plus ou moins au rendez-vous. Les gens étaient là pour Xavier Rudd et ne semblait n’avoir que faire de l’indie-rock un peu abrasif de la formation.

Mais bon, le gros nom c’était Xavier Rudd, non? Mon souvenir le plus rapproché de Rudd est en 2005 quand il était un gentil dude un peu peace qui jouait du didgeridoo en même temps que de la guitare et de battre la mesure avec son pied. Le gentil hippie a dû se retrouver devant la mare comme narcisse parce que ses pipes semblent plus importantes que sa musique aujourd’hui. Par où commencer? Tout d’abord, il est maintenant en trio sur scène et pour être honnête, il ne joue plus beaucoup d’instruments. Une slide-guitare par-ci, un petit bout de didgeridoo par-là… Ce dernier servant parfois à faire des chansons électros à saveur EDM. Misère. Avec ses chorégraphies, sa mise en scène et son lent effeuillage planifié, Xavier Rudd ressemble plus à un poster boy pour un peace and love à deux piastres qui expédient du reggae cheap qu’à un adepte de la paix mondiale authentique. Malgré ses interventions qui appellent à une unité mondiale de TOUS les peuples, ça ne passe pas. Rudd est rendu aux hippies ce que la psycho-pop est à la psychologie.

Mais peut-être que c’est moi le problème parce que la foule semblait apprécier le spectacle et j’ai quasiment envie de croire l’animatrice quand elle dit que c’est l’artiste le plus demandé à l’organisation du Festif. M’enfin.

Jay Kearney / Le Festif

Danse ta vie, sue ta bière

La fin de soirée s’annonçait plus prometteuse. Mon premier arrêt était avec les funkés de Le Couleur. Voilà un groupe qui ne déçoit jamais. Le trio (quatuor en live) nous a livré ses pièces sans interruption. Une heure de musique sans arrêt qui te donne envie de fêter comme si c’était ton anniversaire. Underage, La fuite de Barbara, L’Amour le jour, Concerto rock et Voyage amoureux ne sont que quelques-unes des pièces sur lesquels les festivaliers ont dansé. Et dansé, ils ont. Sous la tente Radio-Canada, la foule compacte se shakait le popotin allègrement sur les rythmes contagieux du groupe. Laurence Giroux-Do ne s’est pas gênée pour remercier le public à plusieurs reprises. C’était un beau dance party.

Parlant de parté, je me suis par la suite dirigé du côté de Qualité Môtel. La formation alternative de Valaire fait un party de cuisine pour gens nés dans les années 80. Le groupe mélange blague et gros tubes avec une aisance déconcertante. On passe de I Think of You de Gregory Charles à Can’t Touch This en passant par Who Let the Dogs Out. Tout ça avec la formation habillée dans leurs plus beaux habits de ginos roumains. C’est magnifique. Bien qu’une part d’improvisation fait partie du concert, les cinq garçons n’ont jamais laissé un moment de silence ou manqué un mix. Du gros travail. Pendant ce temps, le public dansait et mosh-pittait comme s’il n’y avait pas de lendemain. Rapidement, une partie du public s’est retrouvée sur scène. Un gars ramasse un micro et lance : « C’est pas du romarin, c’est du basilic ». Mantra répété ad vitam aeternam par la foule et Qualité Môtel.

Caroline Perron / Le Festif

Quelques moments de puissance pure ont ponctué la performance. Hey Ya d’Outkast a fait danser la foule, Libérez le trésor a été lancé à plusieurs reprises comme un appel vital et quelques tounes d’Alaclair Ensemble pour compléter le tout. Pour terminer un deuxième soir de Festif, c’était parfait. Tous sont repartis avec un gros sourire dans le visage et de la sueur plein les cheveux. Merci Qualité Môtel.

Le Festif! de Baie St-Paul 2017: Jour 1

Cette année, je suis en relève du vétéran et sage Stéphane Deslauriers pour couvrir Le Festif! de Baie St-Paul. Depuis des années, l’entente était que je m’occupais du FME et Stéphane du Festif. Mais cette année, trop occupé, Stéphane a dû déclarer forfait. Me voilà donc sur la route pour Baie St-Paul, le vent dans les cheveux et le sourire dans la face. Cette première soirée s’annonçait parfaite pour se brasser les foufounes, car le « gros show » mettait en vedette Valaire et Caravan Palace.

Soirée dansante

Miss Sassoeur et les Sassys ont débuté les hostilités (après Émile Gruff que j’ai malheureusement manqué). Le quatuor à voix a remporté l’édition 2017 du Cabaret Le Festif! Cela leur donnait droit à deux prestations dans le cadre du festival. Cette première était plutôt courte, d’environ 25 minutes devant une foule éparse qui arrivait tranquillement pour le spectacle en soirée. Cela n’a pas empêché le groupe de nous livrer les pièces qui les ont fait remarquer un peu partout où ils sont passés, dont La Rengaine. Un spectacle court, mais efficace pour la bande qui se spécialise dans les harmonies vocales.

L’entrée de Valaire a été retardée par un orage qui avait décidé de souffler comme le diable sur Baie St-Paul. On attend une dizaine de minutes en se réfugiant sous les tentes autour de nous. Ça prend pas mal plus que dame nature pour empêcher Valaire de donner son show. Le groupe entre sur scène rayonnant et entame Oobopopop. Rapidement, la foule est happée par les cuivres chauds et les rythmes contagieux du groupe. Avec eux, le groupe a amené Fredy V., chanteur à la voix soul bien dégourdie. Valaire nous enchaîne Apate Palace et quelques autres pièces des plus récents albums avant de plonger dans l’époque Golden Bombay avec Gumshoe et même Ave Mucho (qu’ils auraient pu jouer avec Bran Van si ceux-ci n’avaient pas décommandé leur présence au festival). Karim Ouellet vient aussi faire son tour sur quelques chansons avant que le groupe fasse apparaître un énorme bonhomme vert comme on croise sur le bord des autoroutes parfois. Dans ce genre.

Automatiquement, les membres du groupe se mettent à jouer pour lui et à vénérer l’idole en tissus… ce n’est pas sans rappeler un certain Eddie d’un certain groupe de jeunes fous Anglais nommé Iron Maiden. Le groupe a continué son feu roulant de chansons qui donne envie de se shaker le popotin pour entamer un collage de Mr Saxobeat et Crazy In Love… N’en prenait pas plus pour achever la foule déjà suintante et souriante.

On se dit qu’on aurait enfin droit à une pause… mais non, du haut des marches attenantes à la scène apparaît Loco Locass qui nous rappe trois tounes dans des conditions pas idéales. Le trio assure et démontre qu’ils sont parfaits ainsi dans la lumière orangée, à la pénombre à nous envoyer des vers poétique et engagé.

Jay Kearney / Le Festif!

Pas facile passer après Valaire

Le groupe français Caravan Palace qui fait dans le rétro futuriste et l’électro-swing. Gonflés à bloc, ils sont débarqués sur scène décidée à faire danser la foule de Baie St-Paul. Objectif atteint à voir les gens sauter et danser sur les chansons de L’îcone principalement. Le groupe a aussi offert quelques chansons de Panic et leur album homonyme. La chanteuse Zoé Colotis anime la scène habilement avec sa présence dynamique et charmeuse. Ça marchait résolument pour la foule qui répondait à chacun de ses appels à sauter plus haut.

Malgré toute leur bonne volonté, le groupe n’avait pas la même puissance que Valaire avant eux, autant au niveau de l’énergie, du déroulement de spectacle que du son. Ce dernier était couci-couça et il fallait être au milieu pour bien entendre les instruments à vent et les cuivres. D’ailleurs, ceux-ci étaient plus absents que ce à quoi je m’attendais. Caravan Palace prend le pari de faire danser la foule pendant ses spectacles, ce qui en soi n’est pas une mauvaise idée. Par contre, ils le font en donnant beaucoup de place à l’élément électro de leur musique et ça a une fâcheuse tendance à tomber dans l’EDM. À un moment, on se sentait plus à Ibiza qu’à Baie St-Paul. C’est un peu dommage parce que leurs trames sont généralement si riches. Mais bon, ils ne font pas un mauvais spectacle pour autant et la foule a dansé avec énergie des premières aux dernières notes.

Une fin de soirée à l’église

La suite de ma soirée se passe très rapidement. Tout d’abord avec Weaves qui commence avec une demi-heure de retard au sous-sol de l’église… ce qui fait que je manque aussi des chansons d’Antoine Corriveau qui commence une demi-heure plus tard. Misère. La bande de Jasmyn Burke nous livre les chansons de leur premier album en nomination sur la courte liste du prix Polaris avec fouge et plaisir. C’est bruyant, c’est mélodieux et c’est totalement convaincant. On aime Weaves et ils nous le rendent bien.

Caroline Perron / Le Festif!

Je quitte la salle pour me rendre dans une chapelle où Antoine Corriveau se fait aller les cordes, vocales et de guitare. En format quatuor avec ses complices habituels : Marc-André Landry, Marianne Houle et Stéphane Bergeron. C’est vraiment très beau. Corriveau est dans un endroit dont la grandeur rend encore plus imposante ses chansons. Le Nouveau vocabulaire rentre dans la patate tout comme Tu es comme la nuit. Il livre Parfaite avec intensité dans un éclairage orangé alors que la chapelle est plongée dans la noirceur. Le résultat donne des frissons, Corriveau semble possédé et nous invite à une messe noire où les sentiments humains ne seront pas laissés de côté. Il finit en nous expliquant qu’il fait maintenant de la performance. Armé d’un micro sans fil et explorant un peu la liberté des humoristes qui peuvent se promener allègrement devant le public, il se dirige vers le fond de la salle. Soudainement, il est transporté au balcon et rejoint Landry et Houle installé à l’orgue pour une interprétation surréelle de Les hydravions de trop. Magnifique.

Caroline Perron / Le Festif!

Doux Jésus!

Je reviens au Sous-sol de l’église où j’avais laissé Weaves et une foule dans le plaisir. Je reviens et le bordel est pris. Chocolat est maintenant aux commandes et Jimmy Hunt est accroché par un Jésus immense qu’il est train de zigner… Oui Jimmy Hunt est en train de se frotter de manière pas polie sur un ti-Jésus sur sa croix. Le pauvre ne s’en remettra pas, il est maintenant décollé à moitié de sa croix et semble trouver la soirée plus dur que les fous de Chocolat qui continuent d’expédier leur rock efficace. C’était un vrai show rock, comme il s’en fait peu. Ysaël Pépin a un gros sourire dans le visage quand il prend les moniteurs et feint de les lancer dans le public. Tout ça avant de faire la communion avec plusieurs spectateurs montés sur scène. Il leur verse de la bière d’un pichet dans le gosier. Surréel. Le groupe ne finit plus de finir et rajoute toujours une chanson au grand désarroi des techniciens qui avaient l’air de vouloir travailler plus pour Céline Dion que Le Festif! Les gars, tout pour le rock. C’est ça la maxime! Chocolat est sorti de scène sous les applaudissements généreux de la salle complètement subjuguée par la force de frappe du groupe de bums.

http://lefestif.ca/

La Fête Nationale à Laval : encore une soirée réussie

Voilà quelques années que le spectacle à grand déploiement le plus intéressant se tient à… Laval. Ben oui, dans le Centre de la Nature défile les vedettes indépendantes, les artistes undergrounds et quelques chanteurs ainsi que chanteuses pop établis et de la relève. Le tout donne un spectacle varié et éclectique, mais toujours très rassembleur.

Des grosses pointures indépendantes

Si vous suivez le moindrement la carrière de Louis-Jean Cormier, vous savez qu’il est un grand amoureux de la nation québécoise. J’imagine qu’il n’a pas été trop difficile à convaincre lorsqu’on lui a offert un des rôles prépondérants avec ses amies Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt. Le trio dynamique a rocké dès les débuts avec St-Michel de Cormier, Debout de Moffatt et Rien à faire d’Arthur. Philippe Brach était aussi de la fête et nous a chanté Crystel pour enchaîner avec une version convaincante de Julie des Colocs. Les minces d’Alaclair Ensemble étaient aussi à Laval avec un Medley efficace qui compostait ses chansons en commençant par Mon Cou. Évidemment, ils ont joué la populaire Ça que c’tait devant une nombreuse foule. Finalement, c’est Valaire qui a fait aller sa magie pendant que le ciel s’illuminait de mille feux d’artifice.

Des classiques qui sont toujours aussi efficaces

Il faut se souvenir que Marie Carmen a vendu 750 000 disques à l’époque… c’est énorme! Tous ces albums qui se sont retrouvés dans les chaumières québécoises ont marqué une génération de jeunes et hier soir, tout le monde chantait haut et fort L’aigle noir et Entre l’ombre et la lumière. Oui, oui, les cyniques trouveront des moyens de tourner au ridicule ce moment de communion à Laval, mais c’était tout simplement beau. Marie-Michèle Desrosiers était aussi à Laval pour chanter des classiques de Beau Dommage dont Dimanche au soir à Châteauguay et J’ai oublié le jour. L’increvable Nanette Workman a aussi fait vibrer la foule avec sa voix ronde. On a aussi assisté à un moment touchant lorsqu’Ariane Moffatt s’est assise au piano avec Clémence Desrochers pour revisiter ses textes.

À tous ces artistes se sont greffés Alexe Gaudreault et Matt Holubowski qui ont aussi bien livré les pièces de leurs albums respectifs. Les petits chanteurs de Laval ont appuyé plusieurs des artistes dans leur prestation tout comme un groupe de musicien aguerri parmi lesquels on comptait José Major, Philippe Brault et Alex McMahon. Marc Béland, Queen Ka et Émilie Monnet ont livré un discours patriotique enflammé.

Bref, c’est une autre édition de la Fête Nationale qui devient rapidement l’événement à ne pas manquer le 24 juin. On se revoit en 2018!