Thierry Bruyère Archives - Le Canal Auditif

Critique : Thierry Bruyère – Rêver plus fort

Thierry Bruyère est actif depuis quelques années sur la scène montréalaise. Il avait lancé un premier album en 2012 titré Le sommeil en continu. Puis, il a participé à l’émission La Voix avant de revenir avec l’EP Deux planètes en février 2016. Voilà qu’un an et demi plus tard, il lance son deuxième album titré Rêver plus fort. Encore une fois, il s’est associé à Navet Confit pour la réalisation et les arrangements de l’album.

C’est un pari qui rapporte. Parce que Rêver plus fort est un album pop fort réussi qui conserve les influences tirées de Bashung et Dumas alors que parfois, il se fait un peu plus lourd. Ça rappelle le Weezer de l’album bleu avec sa lourdeur ultra-mélodieuse et passablement mélancolique. Rêver plus fort est un album de pop qui ne tombe pas dans les pièges du convenu et de la redite. C’est accessible, mais fait avec panache et intelligence.

Avec sa voix légèrement feutrée et sur le souffle qui parfois rappelle Laurence Nerbonne (mais en beaucoup plus grave forcément), il nous chante la mélancolie du célibat et des amours compliqués avec éloquence. La chanson-titre est un bel exemple qui met en relief la quête de l’amour sous les lumières tamisées des bars. Quand l’avion se pose prend une tournure plus positive. Cette dernière était déjà présente sur l’EP Deux planètes et c’est avec plaisir qu’on la retrouve ici. D’ailleurs, elle n’est pas seule issue de la sortie précédente, Nos excuses à nos parents s’y retrouve aussi. Celle-ci, chante plutôt la révolution qui rappelle les événements de la grève étudiante de 2012.

Notre colère est une bouteille
À l’océan
Et la marée atteint toujours
Les continents

Nos excuses, nos excuses
À nos parents
On préfère la souffrance
Au silence
Nos excuses à nos parents

Et le Weezer dans tout ça? C’est généralement par moment, lorsque les guitares se font plus crasses et plus distorsionnées. Par contre, Le jour où nous auront cessé d’exister arrive avec ses gros sabots et ses riffs délicieusement gras. Soudainement, la voix de Bruyère se fait plus lancinante, quasiment grunge. Ça lui va très bien. À l’opposée, l’aérienne et mélodieuse Même quand il pleut rappelle les atmosphères de Dumas du Cours des jours. Ça fonctionne tout autant. Polyvalence semble être son deuxième nom.

C’est franchement réussi pour Thierry Bruyère sur Rêver plus fort. Il a énormément muri en tant que créateur depuis son premier album et il a gagné en confiance. Il faut dire que Navet Confit n’a pas froid aux yeux et la paire est habile à créer de la pop qui ne fait aucun compromis au niveau de l’audace et de l’intelligence.

Ma note: 7,5/10

Thierry Bruyère
Rêver plus fort
Les disques de la cordonneries
49 minutes

Site Web

Les 10 albums à surveiller en octobre 2017

Blue Hawaii – Tenderness (6 octobre)

Le duo de Raphaelle Standell-Preston (Braids) et Alex Cowan est de retour avec un deuxième album. Untogether avait déjà fait belle figure avec ses rythmes électroniques efficaces. Par contre, cette fois-ci le groupe a injecté un peu de chaleur dans ses compositions. Il sera bien de voir à quoi ressemblera l’ensemble de Tenderness. Si on se fit à Versus Game, ça risque d’être assez réussi!


 
 

Keith Kouna – Bonsoir Shérif (6 octobre)

Keith Kouna lancera son quatrième album après un hiatus en raison du retour des Goules qui a lancé Coma et qui a tourné par la suite. On voit Kouna revenir aux sonorités plus électroniques de ses deux premiers albums. Évidemment, on est loin du Voyage d’Hiver avec son rythme martelé et une énergie plus près de celle des Goules. Déjà, Shérif nous donne l’idée que ce ne sera pas de tout repos.


 

Pierre Lapointe – La science du coeur (6 octobre)

Ça promet pour le prochain album de Pierre Lapointe. Alors que Punkt n’avait pas totalement convaincu les critiques dont notre Philippe Beauchemin national. On retrouve le côté orchestral qui complète à merveille les airs pop mélodieux et efficaces. Pierre Lapointe risque de frapper un gros coup avec La science du cœur si on se fit aux deux extraits parus à ce jour. Et que dire de la magnifique esthétique visuelle de ses clips!


 
 

Beck – Colors (13 octobre)

Soyons honnêtes, on l’attend un peu avec une brique et un fanal, le nouveau Beck. On a de la misère à croire que Beck nous lancera une galette insipide pour la première fois de sa carrière, mais à ce jour les extraits parus donnent l’impression que Beck a viré du côté obscur de la pop. On remarque plusieurs détails qui nous rappellent de mauvaises réalisations de chansons à vocation populaire et radiophonique.


 
 

St. Vincent – Masseducation (13 octobre)

En voilà une qui nous effraie beaucoup moins. Annie Clark nous a habitués à des chansons de qualités et à ce jour, son nouvel album, Masseducation semble perpétuer la tradition. La mélancolique New York et l’électro-pop Los Ageless attisent notre intérêt. Il faut s’attendre tout de même à une galette plutôt émotive puisqu’elle a avoué elle-même avoir créé un album de séparation.

Pages : 1 2

Les 3 étoiles du 11 août 2017

Thierry Bruyère – Au service de sa majesté

Thierry Bruyère nous annonce la sortie de son nouvel album Rêver plus fort le 20 octobre prochain. Pour ce faire, il nous parachute le sympathique et mélodieux premier simple intitulé Au service de Sa Majesté. L’album est réalisé par Navet Confit et manifestement, l’alliance des deux créateurs donne de très bons résultats. Ce sera une des sorties à surveiller cet automne!


 
 

Destroyer – Sky’s Grey

Si le temps gris de la fin de semaine vous effraie, sachez que Destroyer est là pour vous. Dan Bejar est de retour avec cette chanson mélancolique au texte très intéressant. Il annonce par le fait même la sortie de son nouvel album Ken le 20 octobre prochain. On retrouve sur le premier simple un mélange des sonorités de la dernière galette, Poison Season et la précédente, l’excellente Kaputt. C’est prometteur.


 
 

Alaskalaska – Bitter Winter

Alaskalaska lancera son premier EP, homonyme, le 29 septembre prochain. En attendant la sortie, vous pouvez découvrir la bande à travers le clip pour le premier simple intitulé Bitter Winter. C’est une ritournelle pop inventive aux sonorités de cuivres chaudes et à la basse très groovy. C’est hyper efficace malgré l’audace dont fait preuve la bande. Particulièrement lors du refrain où le groupe ose la sonorité tombante avec succès.