thee oh sees Archives - Le Canal Auditif

Les 3 étoiles du 9 juin 2017

Zola Jesus – Exhumed

L’Américaine Zola Jesus a déménagé dans son Wisconsin natal dans les derniers mois. Le retour à la terre de son enfance a remué de vieux démons et des questions qui avaient été laissées en suspens. Cela l’a amené à écrire et composer Okovi qui paraîtra le 8 septembre prochain. En attendant, elle nous présente la convaincante Exhumed où les envolées vocales sont légères et poignantes à la fois. Les cordes puissantes qui accompagnent sa voix sont toutes aussi efficaces.


 

Alvvays – In Undertow

Les rockeurs doux d’Alvvays lanceront également un album le 8 septembre prochain et nous donnent avec In Undertow un avant-goût de ce qui arrivera sur Antisocialites. La distorsion est chaude, les voix perdues dans une réverbération plaisante et les mélodies toujours aussi intoxicantes. Molly Rankin est égale à elle même et sa voix balance entre le réconfort et l’attaque frontale. On a hâte pour la suite.


 

Oh Sees – The Static God

Thee Oh Sees laisse tombé le « Thee » et sera désormais connu sous le nom d’Oh Sees. Mais, une chose est certaine : la formation n’a rien laissé tomber de son mordant sur The Static God qui nous remplit les oreilles de riffs délicieux. La formation fera plaisir à ses nombreux fans avec ORC le 25 août prochain. La bande à Dwyer semble en pleine forme et ça risque de rentrer au poste!

Des premiers noms pour POP Montréal 2017

POP Montréal fêtera son #sweet16 cette année. Ben oui, le festival est rendu à cet âge ingrat où tu fais un party maison, que tu bois trop de bière pour la première fois et que tes parents te trouvent trop saoul. On s’attend donc à toute une fête en septembre. Pour le moment, l’organisation commence tranquillement à nous livrer quelques noms qui seront parmi nous septembre.

I said a hip hop the hippie the hippie to the hip hip hop and you don’t stop

Quelques bons noms de la scène hip-hop sont déjà annoncés. Tout d’abord, nul autre que RZA du mythique Wu-Tang Clan sera à Montréal pour jouer en direct la trame sonore du film The 36th Chamber of Shaolin. Le film mythique va donc rencontrer le rappeur qui voue une passion bien assumée envers les arts martiaux. Les Swet Shop Boys qui comptent parmi ses rangs Heems (Das Racist) seront aussi de la fête. Finalement, c’est les Dead Obies qui sont la cerise sur le sundae de rimes qui se déversera sur l’édition 2017 de POP Montréal.

Des bons produits locaux

The Besnard Lakes sera de la partie tout comme Beyries qui avait été précédemment annoncé. Un groupe qui a fait les beaux et les moins beaux jours de l’indie-rock : The Dears, jouera son album No Cities Left en intégral. De plus, Think About Life sera de retour sur scène au grand plaisir de leurs fans! Ce ne sera pas le seul groupe légendaire qui sera présent. Jean-Guy « Arthur » Cossette membre de Les Jaguars sera en spectacle extérieur à la place Émilie-Gamelin.


 

Et pleins d’autres noms intéressants!

Hurray for the Riff Raff viendra faire un tour à Montréal. On aura droit aussi à une visite d’Austra qui présentera les pièces de son plus récent opus titré Future Politics. En provenance de la Ville-Reine, Jessy Lanza et The Acorn. Le groupe de John Dwyer, les vénérables de Thee Oh Sees seront en ville pour rocker la casbah alors que Vagabon va nous chanter des chansons plus tristes. POP Montréal peut aussi revendiquer quelques grosses prises. Royal Trux fera le voyage des États-Unis tout comme Lady Miss Kier, la fameuse chanteuse de Groove Is In the Heart de Deee Lite. Les amateurs de lourdeur ne seront pas laissés pour compte. King Woman viendra présenter les pièces de son excellent album paru un peu plus tôt cette année. Jay Som sera aussi de la partie. Et que dire de la sublime Weyes Blood? On est bien content. Finalement, pour ceux qui ont les nerfs d’acier, Mount Eerie sera à la Fédération Ukrainienne pour vous faire vivre de grosses émotions tirées d’A Crow Looked At Me.

Une autre édition qui s’annonce bien pour POP Montréal! On a déjà hâte au mois de septembre… mais on va quand même prendre les rayons de soleil de l’été au passage.

https://popmontreal.com/fr/

Critique: King Gizzard & the Lizard Wizard – Flying Microtonal Banana

Avec 8 albums à son actif depuis 2011, la formation King Gizzard & The Lizard Wizard est l’un des groupes rock parmi les plus intéressants à l’heure actuelle. L’an dernier, les Australiens avaient fait paraître l’un des bons albums de 2016 : Nonagon Infinity. Fidèle à son habitude, la bande menée par Stu Mackenzie s’était donné un objectif fort intéressant : créer un album sans fin où les pièces s’imbriquent parfaitement les unes aux autres; un album qui s’écoute en boucle… littéralement !

Cette fois-ci, le défi est différent et gigantesque. Le septuor présentera cinq albums au cours de la prochaine année (vous avez bien lu), tous joués sur des instruments accordés de manière microtonale. Seuls un technicien ou un « freak » peuvent comprendre de quoi il en retourne. En gros, cette technique consiste à exploiter toutes les notes plus petites qu’un demi-ton. D’origine grecque, ce procédé obscur est difficilement perceptible pour le mélomane de cœur peu porté sur ce genre de démarche… et j’appartiens à cette catégorie.

Cela dit, King Gizzard & The Lizard Wizard est l’un des groupes qui m’impressionnent le plus par les temps qui courent. Se mettant en danger constamment, les « poteux » (car on parle ici d’un groupe rock psyché) font toujours preuve d’une virtuosité hors du commun tout en demeurant accessibles. Bref, ça donne envie de les suivre pendant de nombreuses années.

Voilà que paraissait la semaine dernière Flying Microtonal Banana et, de nouveau, les jeunes salopards émerveillent. Comparativement à Nonagon Infinity, les chansons sont plus paisibles, même si on retrouve toujours ces riffs nerveux qui font la renommée du groupe. Je pense immédiatement à Open Water qui, avec son penchant nord-africain, en impose dès les premières mesures. Les rythmes sont également plus complexes qu’à l’accoutumée, toutes proportions gardées. Si on ajoute à toute cette mixture des claviers aux accents moyenâgeux, on a dans les oreilles une galette rock de haut niveau.

En plus d’expérimenter, King Gizzard & The Lizard Wizard évite l’intellectualisme et l’hermétisme. Ce sont les efficaces mélodies du druide en chef, Stu Mackenzie, qui font toute la différence. En plus d’Open Water, l’entrée en matière titrée Rattlesnake fascine autant par sa simplicité que par son impact mélodique. Le périple dans les terres caribéennes, intitulé Melting, est d’une indéniable originalité. Doom City est totalement hypnotique. Et que dire de la pièce titre qui conclut ce disque ? On est catapulté directement en Afrique du Nord avec l’impression d’avoir à ses côtés un chaman pourvoyeur de substances hallucinogènes.

Avec cinq disques à paraître, il sera difficile pour King Gizzard & the Lizard Wizard d’atteindre les hauts standards créatifs établis avec Nonagon Infinity et ce superbe Flying Microtonal Banana. Le fanatique que je suis sera comblé par autant de productivité, mais le critique, lui, n’est pas certain qu’il réussira à suivre le rythme. Qu’à cela ne tienne, même si l’âge d’or du rock est bel et bien révolu, il y a encore de ces groupes qui épatent… et King Gizzard & the Lizard Wizard fait assurément partie des meilleurs du genre.

Ma note: 8/10

King Gizzard & the Lizard Wizard
Flying Microtonal Banana
Flightless Records/ATO Canada
41 minutes

http://kinggizzardandthelizardwizard.com/