The Weeknd Archives - Le Canal Auditif

La programmation d’Osheaga 2017

C’est un moment que tout mélomane de la métropole attend chaque année : le dévoilement de la programmation d’Osheaga. On savait déjà plusieurs noms grâce au traditionnel jeu à la recherche des noms. Mais voilà, nous n’avions pas le portrait global. Faisons donc une petite dissection de l’affiche avec ses gros et surtout, ses plus petits noms intéressants.

On va régler le cas des têtes d’affiche tout de suite. C’est Lorde, The Weeknd et Muse qui ont droit à de plus grosses lettres sur ladite affiche. Lorde, c’est intéressant : la jeune femme est très talentueuse et s’en vient avec un nouvel album. En tout cas, les indices pointent dans cette direction. Par contre, The Weeknd nous a offert un décevant Starboy cette année et la dernière fois que Muse nous a épaté en album, Le Canal Auditif n’était même pas encore en service. Ce n’est donc pas pour la typographie impressionnante qu’on a envie d’aller sur l’île Notre-Dame cette année. Que nenni. C’est pour tout le reste.
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Du côté hip-hop/soul/R&B, plusieurs artistes très intéressants seront présents. On peut parler de Danny Brown, Run The Jewels et De La Soul, tous des groupes qui sont passés relativement récemment à Montréal, mais qu’on ne se tanne pas de voir. Solange viendra présenter les pièces de son excellent A Seat at the Table, Sohn celles de son appréciable Rennen et Majid Jordan son R&B velouté. Et Die Antwoord fera danser les festivaliers sur leurs trames électroniques contagieuses. Sampha et Phantogram vont aussi nous gâter les oreilles avec leur électro mélodieux.

Le rock a aussi sa place. Car Seat Headrest, l’un de nos favoris, sera de la partie. Alabama Shakes et son indie-soul convaincant fera vibrer les foules tout comme Local Natives. Les seules opportunités de s’activer le mosh pits seront pendant Death From Above 1979 et PUP. Prenez des notes! Hamilton Leithauser sera présent en solo alors que Whitney et Cloud Nothings livreront les pièces de leurs albums parus dans les derniers mois. Et que dire de Father John Misty qui s’apprête à lancer une nouvelle galette en avril. On sera assurément heureux d’y assister. Foxygen et la sublime Angel Olsen seront aussi de la partie.

Les artistes canadiens de qualité auront aussi leur place à Osheaga cette année. De Broken Social Scene aux jazzmen de Badbadnotgood, la diversité est à l’honneur. N’oublions pas le capable Andy Shauf. Et les Québécois! Plants and Animals, Kroy, CRi, Rosie Valland, Men I Trust, Le Couleur et Bernardino Femminielli sont tous de bonnes raisons de se déplacer. On se voit là-bas!

https://www.osheaga.com/

The Weeknd – Starboy

the-weeknd-starboyC’était une surprise de taille lorsque The Weeknd a annoncé la sortie de Starboy en septembre dernier. Beauty Behind The Madness avait à peine un an et profitait toujours d’une grande visibilité. Bien qu’il ait toujours maintenu une cadence de création régulière, cela semblait tout de même rapide. On se demande aussi où Abel Makkonen Tesfaye trouve le temps pour composer à cette vitesse en tenant compte de son horaire complètement fou qui le transporte en tournée un peu partout autour du globe.

Eh bien, à l’écoute de Starboy, on se demande s’il ne s’est pas empressé un peu trop. On se retrouve devant un album qui comporte beaucoup moins de chansons marquantes. Malgré quelques hymnes pop phares disséminés à travers son troisième album, l’ensemble ne réussit pas à faire le poids avec sa galette précédente et encore moins faire le poids face aux trois excellents EP qui avaient lancé sa carrière : House of Balloons, Thursday et Echoes of Silence.

La pièce-titre, une collaboration avec le duo français Daft Punk, est de loin l’une des meilleures pièces de l’album. C’est dommage de savoir qu’après la première chanson tout aura une saveur plus fade. Il récidive avec les deux casqués : I Feel It Coming ferme la marche. Cette dernière est plus près des trames à la Random Acces Memories en style sonore. Ce n’est pas tout à fait réussi. Il se farcit quelques collaborations sur Starboy. On a Lana Del Rey qui vient faire des sons de jouissances maladroits sur Stargirl Interlude. Une pièce qui est décevante par son manque de construction alors qu’il y a autant de talents réunis. La suivante, Sidewalks, compte sur l’apport de Kendrick Lamar. Faire appel à ce dernier est un peu l’équivalent de « passer go et réclamer 200$ ». Lamar est encore une fois solide et bien que The Weeknd se débrouille, ce n’est pas lui qu’on retient.

Parmi les quelques chansons qui valent le détour, Party Monster et sa montée bien orchestrée est plaisante bien que le texte laisse un peu à désirer. Secrets et Rockin sont entraînantes, mais on a rapidement fait le tour de leurs mélodies usuelles et déjà entendues. Six Feet Under se débrouille malgré le message qui manque de subtilité. On se souvient que The Weeknd met de l’avant une vision de la femme qui est assez réductrice. Encore une fois, il parle d’une effeuilleuse sans aucune subtilité. Bien loin de la Pyramids de Frank Ocean.

The Weeknd a toujours été un pourvoyeur régulier de succès radio commerciale. Cependant, pour la première fois, il ne s’élève pas au-dessus de la mêlée. Starboy est un album qui laisse sur sa faim et qui, malgré les quelques chansons intéressantes, est dans on ensemble trop long et convenu.

Ma note: 5,5/10

The Weeknd
Starboy
Republic Records
69 minutes

https://www.theweeknd.com/