The Weeknd Archives - Le Canal Auditif

Critique : Lana Del Rey – Lust For Life

Chère Lana,

Bon, pour commencer, réglons l’éléphant dans la pièce.

Lust. For. Life.

What? J’ai bien lu et entendu? Lust For Life. Really? Si le rock était une race, tu te ferais solidement accuser d’appropriation culturelle, Lana. Est-ce que Rihanna va appeler son prochain disque Dark Side of The Moon? Iggy Pop devrait faire un dernier album et l’appeler Born to Die.

Au moins ton album mérite-t-il le titre que tu lui as donné? On va bien voir.

Love est le premier simple sorti de l’album et c’est également la première chanson. La première écoute il y a quelques mois m’avait laissé totalement indifférent et en la réécoutant elle me fait un peu le même feeling. Plate passation de flambeau des histoires d’amour compliquées aux générations futures, qui n’arrive pas du tout à m’accrocher ou me donner une émotion. Même chose pour la chanson-titre en duo avec The Weeknd. Vraiment pas ton meilleur simple. D’ailleurs, je me permets ici de te dire que les collaborations, que tu ne faisais jadis jamais sur tes propres albums, sont toutes décevantes ici. Summer Bummer aurait pu être bonne en raison de son beat trap intéressant. Mais A$AP Rocky vient tout gâcher avec son verse sur le fait qu’il veut juste te sauter, mais qu’il a quand même peur de s’attacher et de vouloir domper la « bitch » qu’il voit en ce moment. Bref, si tes fans trouvent ce genre de pseudo-rimes là trippantes, tant mieux pour eux. De mon côté, je trouve ça tellement endormant. EN PLUS, la chanson qui suit celle-là, Groupie Love, est un 2e duo avec Rocky encore plus faible, ou sa présence est davantage accessoire. Ugh.

Les choses ne s’arrangent guère avec le duo avec Stevie Nicks, tout droit sortie des boules à mites. Ça s’appelle Beautiful People, Beautiful Problems et ça parle de la misère des riches. Sans jokes. Pire, après ça tu fais un dernier duo avec Sean Lennon et tu es tellement en admiration, que tu le « namedrop » direct dans la chanson. Je sais que c’est méta et que c’est comme un Tweet inséré dans une chanson, mais bon. Quant à moi, le petit Lennon a pas mal plus besoin de toi que le contraire. Ton personnage est assez trippant pour laisser faire les autres.

D’ailleurs, c’est surtout lorsque tu es seule que les choses marchent pour le mieux. 13 Beaches est de loin ma chanson favorite sur ton disque et White Mustang est assez bien roulée aussi. On retrouve quelques perles dans le lot et le contraire aurait été très troublant, puisque tu restes quand même une des vedettes pop les plus intéressantes du moment, et de loin. Par contre, la passivité politique de When The World Was at War We Kept Dancing énerve un brin et le niveau de « cringe » de Coachella-Woodstock in my Mind (et ses références à Stairway to Heaven) donne un peu le frisson de la honte.

Faque non! Ce long patchwork inégal ne devrait pas porter le nom du meilleur album solo d’Iggy. Quant à ça, Honeymoon est ton Lust For Life à toi. Envoie-moi une copie d’avance de ton prochain disque avant de l’appeler OK Computer, ok?

MA NOTE: 5,5/10

Lana Del Rey
Lust For Life
Interscope
72 minutes

https://store.universalmusic.com/lanadelreyCA/

La longue liste du prix Polaris 2017

Voilà, c’est fait, on sait maintenant qui sont en nominations dans la longue liste du prix Polaris. On dénote qu’on retrouve 7 albums francophones en nomination : Alaclair Ensemble, Philippe B, Chocolat, Antoine Corriveau, Le Couleur, Klô Plegag et Peter Peter. S’ajoutent à cela d’autres Québécois qui chantent dans la langue de Shakespeare : Leif Vollebekk, feu Leonard Cohen, Geoffroy et Lisa Leblanc (qui habite à Montréal depuis quelques années même si elle est acadienne). Et finalement, Marie Davidson qui trempe dans les deux langues, mais fait surtout de la musique instrumentale électronique très intéressante.

Pour la suite des choses, le 13 juillet prochain sera annoncée la courte liste. Puis, le 18 septembre prochain aura lieu le gala à Toronto. Voici la liste complète des sélectionnées :

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs
Anciients – Voice of the Void
Arkells – Morning Report
Philippe B – La grande nuit vidéo
BADBADNOTGOOD – IV
Louise Burns – Young Mopes
Chocolat – Rencontrer Looloo
Clairmont The Second – Quest For Milk and Honey
Leonard Cohen – You Want It Darker
Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Le Couleur – P.O.P.
Marie Davidson – Adieux Au Dancefloor
Mac Demarco – This Old Dog
Gord Downie – Secret Path
Drake – More Life
Feist – Pleasure
Figure Walking – The Big Other
Fiver – Audible Songs From Rockwood
Geoffroy – Coastline
Hannah Georgas – For Evelyn
Japandroids – Near To The Wild Heart Of Life
Carly Rae Jepsen – E.MO.TION Side B
B.A. Johnston – Gremlins III
Lisa LeBlanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
The New Pornographers – Whiteout Conditions
Klô Pelgag – L’Étoile thoracique
Peter Peter – Noir Éden
Lido Pimienta – La Papessa
Jessie Reyez – Kiddo
Daniel Romano – Modern Pressure
The Sadies – Northern Passages
John K. Samson – Winter Wheat
Tanya Tagaq – Retribution
The Tragically Hip – Man Machine Poem
TUNS – TUNS
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Weaves – Weaves
The Weeknd – Starboy
Charlotte Day Wilson – CDW

http://polarismusicprize.ca/fr/

La programmation d’Osheaga 2017

C’est un moment que tout mélomane de la métropole attend chaque année : le dévoilement de la programmation d’Osheaga. On savait déjà plusieurs noms grâce au traditionnel jeu à la recherche des noms. Mais voilà, nous n’avions pas le portrait global. Faisons donc une petite dissection de l’affiche avec ses gros et surtout, ses plus petits noms intéressants.

On va régler le cas des têtes d’affiche tout de suite. C’est Lorde, The Weeknd et Muse qui ont droit à de plus grosses lettres sur ladite affiche. Lorde, c’est intéressant : la jeune femme est très talentueuse et s’en vient avec un nouvel album. En tout cas, les indices pointent dans cette direction. Par contre, The Weeknd nous a offert un décevant Starboy cette année et la dernière fois que Muse nous a épaté en album, Le Canal Auditif n’était même pas encore en service. Ce n’est donc pas pour la typographie impressionnante qu’on a envie d’aller sur l’île Notre-Dame cette année. Que nenni. C’est pour tout le reste.
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Du côté hip-hop/soul/R&B, plusieurs artistes très intéressants seront présents. On peut parler de Danny Brown, Run The Jewels et De La Soul, tous des groupes qui sont passés relativement récemment à Montréal, mais qu’on ne se tanne pas de voir. Solange viendra présenter les pièces de son excellent A Seat at the Table, Sohn celles de son appréciable Rennen et Majid Jordan son R&B velouté. Et Die Antwoord fera danser les festivaliers sur leurs trames électroniques contagieuses. Sampha et Phantogram vont aussi nous gâter les oreilles avec leur électro mélodieux.

Le rock a aussi sa place. Car Seat Headrest, l’un de nos favoris, sera de la partie. Alabama Shakes et son indie-soul convaincant fera vibrer les foules tout comme Local Natives. Les seules opportunités de s’activer le mosh pits seront pendant Death From Above 1979 et PUP. Prenez des notes! Hamilton Leithauser sera présent en solo alors que Whitney et Cloud Nothings livreront les pièces de leurs albums parus dans les derniers mois. Et que dire de Father John Misty qui s’apprête à lancer une nouvelle galette en avril. On sera assurément heureux d’y assister. Foxygen et la sublime Angel Olsen seront aussi de la partie.

Les artistes canadiens de qualité auront aussi leur place à Osheaga cette année. De Broken Social Scene aux jazzmen de Badbadnotgood, la diversité est à l’honneur. N’oublions pas le capable Andy Shauf. Et les Québécois! Plants and Animals, Kroy, CRi, Rosie Valland, Men I Trust, Le Couleur et Bernardino Femminielli sont tous de bonnes raisons de se déplacer. On se voit là-bas!

https://www.osheaga.com/

The Weeknd – Starboy

the-weeknd-starboyC’était une surprise de taille lorsque The Weeknd a annoncé la sortie de Starboy en septembre dernier. Beauty Behind The Madness avait à peine un an et profitait toujours d’une grande visibilité. Bien qu’il ait toujours maintenu une cadence de création régulière, cela semblait tout de même rapide. On se demande aussi où Abel Makkonen Tesfaye trouve le temps pour composer à cette vitesse en tenant compte de son horaire complètement fou qui le transporte en tournée un peu partout autour du globe.

Eh bien, à l’écoute de Starboy, on se demande s’il ne s’est pas empressé un peu trop. On se retrouve devant un album qui comporte beaucoup moins de chansons marquantes. Malgré quelques hymnes pop phares disséminés à travers son troisième album, l’ensemble ne réussit pas à faire le poids avec sa galette précédente et encore moins faire le poids face aux trois excellents EP qui avaient lancé sa carrière : House of Balloons, Thursday et Echoes of Silence.

La pièce-titre, une collaboration avec le duo français Daft Punk, est de loin l’une des meilleures pièces de l’album. C’est dommage de savoir qu’après la première chanson tout aura une saveur plus fade. Il récidive avec les deux casqués : I Feel It Coming ferme la marche. Cette dernière est plus près des trames à la Random Acces Memories en style sonore. Ce n’est pas tout à fait réussi. Il se farcit quelques collaborations sur Starboy. On a Lana Del Rey qui vient faire des sons de jouissances maladroits sur Stargirl Interlude. Une pièce qui est décevante par son manque de construction alors qu’il y a autant de talents réunis. La suivante, Sidewalks, compte sur l’apport de Kendrick Lamar. Faire appel à ce dernier est un peu l’équivalent de « passer go et réclamer 200$ ». Lamar est encore une fois solide et bien que The Weeknd se débrouille, ce n’est pas lui qu’on retient.

Parmi les quelques chansons qui valent le détour, Party Monster et sa montée bien orchestrée est plaisante bien que le texte laisse un peu à désirer. Secrets et Rockin sont entraînantes, mais on a rapidement fait le tour de leurs mélodies usuelles et déjà entendues. Six Feet Under se débrouille malgré le message qui manque de subtilité. On se souvient que The Weeknd met de l’avant une vision de la femme qui est assez réductrice. Encore une fois, il parle d’une effeuilleuse sans aucune subtilité. Bien loin de la Pyramids de Frank Ocean.

The Weeknd a toujours été un pourvoyeur régulier de succès radio commerciale. Cependant, pour la première fois, il ne s’élève pas au-dessus de la mêlée. Starboy est un album qui laisse sur sa faim et qui, malgré les quelques chansons intéressantes, est dans on ensemble trop long et convenu.

Ma note: 5,5/10

The Weeknd
Starboy
Republic Records
69 minutes

https://www.theweeknd.com/