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Critique : White Suns – Psychic Drift

Après avoir poussé le noise-punk au-delà des limites de la terreur sonore pendant quelques années, le groupe White Suns présentait à la mi-juin son nouvel album Psychic Drift, et la formation new-yorkaise continue sur la trajectoire qui se dessinait avec l’album Totem paru en 2014.

Si Totem avait été enregistré en tant que trio qui utilisait encore guitares et batterie, ses moments les plus forts résidaient dans des passages de bruits d’origine nébuleuse et dans les récits cauchemardesques du chanteur Kevin Barry. Le groupe se produit d’ailleurs à l’occasion depuis au moins 2013 en tant que duo n’utilisant que rubans, boîtes à rythmes, micros et effets. Sur cette lancée, donc, White Suns a enregistré Psychic Drift en tant que duo, comme dans sa version live occasionnelle. Le virage ne sort donc pas de nulle part, et si une partie de moi aimerait plus d’explosions de noise rock ici et là, l’approche légèrement plus atmosphérique a tout pour convenir à ce que la formation était déjà en train de devenir.

Psychic Drift ne comprend que quatre pistes, plutôt longues, et l’album nous plonge dès le départ dans ce qui est probablement la pièce la plus accomplie de White Suns jusqu’à présent : la captivante Korea. Le texte semble décrire la détresse d’un personnage perdu en terrain hostile, laissé pour mort, se cachant dans des tunnels sous une route. Qu’on prenne ce texte au propre ou au figuré, l’angoisse est palpable et est reflétée dans le tableau musical qui l’accompagne.

Les trois pièces qui suivent et qui complètent l’album réduisent l’intensité de quelques crans. Étant donné le changement de méthode derrière cet album, le calme relatif qui s’installe dans certains passages des trente minutes suivantes n’est pas tout à fait surprenant. Ces assemblages mi-agités mi-calmes ne sont pas sans intérêt, mais sans un brin d’ossature pour lier le tout, les bruits s’enchaînent de façon un peu arbitraire. Si ce n’était pas de la voix et des textes de Berry, on perdrait facilement le fil, et passer à l’arrière-plan n’est pas dans les habitudes ni dans ce qui a été la mission de White Suns à ses débuts, alors ça fait un peu drôle. Tout de même, si vous appréciez la bonne musique de fêlés, il y a du fun à avoir ici.

Ma note: 7/10

White Suns
Psychic Drift
The Flenser
40 minutes

http://theflenser.com/white-suns-psychic-drift/