The Barr Brothers Archives - Le Canal Auditif

Critique : The Barr Brothers – Queens of the Breakers

The Barr Brothers jouit d’une bonne réputation, et ce, depuis leur album homonyme paru en 2011. Le trio de Brad et Andrew Barr complété par Sarah Pagé à la harpe, avait fait paraître un Sleeping Operator bien réussi en 2014. Depuis, plusieurs choses se sont passées : les frères Barr ont notamment joué sur l’excellent Ultramarr de Fred Fortin alors que Sarah Pagé a fait paraître Dose Curves en septembre dernier.

La formation arrive avec un Queens of the Breakers surprenant. On peut dire que c’est sans doute leur meilleur en carrière. Le principal point faible des deux sorties précédentes était le manque de vagues dans l’ensemble. Les pièces avaient un ton toujours assez doux qui manquait de moments d’excitations, lorsque collé les unes aux autres. Sur Queens of the Breakers, les vagues sont présentes tout comme de l’instrumentation de grande qualité, des mélodies poignantes, des moments musicaux magnifiques et une audace qui va bien au trio.

You Would Have to Lose Your Mind a été le premier simple que The Barr Brothers a fait paraître. En soi, c’est déjà un geste assez osé. La chanson est pleine d’une harpe aussi belle que répétitive qui nous pousse vers la transe. La guitare possède un son blues juste assez crotté pour faire plaisir, Brad chante une mélodie poignante avec une justesse qui frappe direct dans le mile. La formation invite aussi Lucius, un groupe de Brooklyn, à les rejoindre sur la superbe Defibrilation qui ouvre Queen of the Breakers. Les voix s’alternent et se complètent avec un naturel désarmant. La montée est aussi progressive que bien dessinée avant que le duo de Jess Wolfe et Holly Laessig nous percute avec la beauté dont elles seules sont les maîtresses et les gardiennes.

Les petites douceurs qui ont fait la réputation des Barr Brothers ne sont certainement pas non plus évacuées au complet. Song That I Heard câline les oreilles avec gentillesse et nuance. Mais ce n’est pas ce qui frappe sur Queens of the Breakers. Le trio nous surprend avec une chanson-titre rythmée, enjouée qui fait un peu penser à du R.E.M et autres grands de la chanson américaine. Tout ça en gardant entièrement leur personnalité. On doit lever notre chapeau. Tout ça avant que le gros blues crasse de It Came to Me fasse taper du pied avec entrain. On est aussi surpris par la direction que prend Kompromat et encore une fois, sa mélodie hyper efficace.

C’est un Queens of the Breakers totalement réussit pour The Barr Brothers. Le trio se réinvente sans gêne et les compositions qui en ressortent sont certaines de leurs plus réussies à date. Nous savions déjà que la bande était bourrée de talent, on constate maintenant qu’ils savent l’utiliser avec audace et intelligence. Ce n’est pas anodin de s’aventurer hors des sillons qu’on a déjà creusés derrière soi. Et le trio a osé.

Ma note: 8/10

The Barr Brothers
Queens of the Breakers
Secret City
51 minutes

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Les 10 albums à surveiller en octobre 2017

Blue Hawaii – Tenderness (6 octobre)

Le duo de Raphaelle Standell-Preston (Braids) et Alex Cowan est de retour avec un deuxième album. Untogether avait déjà fait belle figure avec ses rythmes électroniques efficaces. Par contre, cette fois-ci le groupe a injecté un peu de chaleur dans ses compositions. Il sera bien de voir à quoi ressemblera l’ensemble de Tenderness. Si on se fit à Versus Game, ça risque d’être assez réussi!


 
 

Keith Kouna – Bonsoir Shérif (6 octobre)

Keith Kouna lancera son quatrième album après un hiatus en raison du retour des Goules qui a lancé Coma et qui a tourné par la suite. On voit Kouna revenir aux sonorités plus électroniques de ses deux premiers albums. Évidemment, on est loin du Voyage d’Hiver avec son rythme martelé et une énergie plus près de celle des Goules. Déjà, Shérif nous donne l’idée que ce ne sera pas de tout repos.


 

Pierre Lapointe – La science du coeur (6 octobre)

Ça promet pour le prochain album de Pierre Lapointe. Alors que Punkt n’avait pas totalement convaincu les critiques dont notre Philippe Beauchemin national. On retrouve le côté orchestral qui complète à merveille les airs pop mélodieux et efficaces. Pierre Lapointe risque de frapper un gros coup avec La science du cœur si on se fit aux deux extraits parus à ce jour. Et que dire de la magnifique esthétique visuelle de ses clips!


 
 

Beck – Colors (13 octobre)

Soyons honnêtes, on l’attend un peu avec une brique et un fanal, le nouveau Beck. On a de la misère à croire que Beck nous lancera une galette insipide pour la première fois de sa carrière, mais à ce jour les extraits parus donnent l’impression que Beck a viré du côté obscur de la pop. On remarque plusieurs détails qui nous rappellent de mauvaises réalisations de chansons à vocation populaire et radiophonique.


 
 

St. Vincent – Masseducation (13 octobre)

En voilà une qui nous effraie beaucoup moins. Annie Clark nous a habitués à des chansons de qualités et à ce jour, son nouvel album, Masseducation semble perpétuer la tradition. La mélancolique New York et l’électro-pop Los Ageless attisent notre intérêt. Il faut s’attendre tout de même à une galette plutôt émotive puisqu’elle a avoué elle-même avoir créé un album de séparation.

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Les 3 étoiles du 28 juillet 2017

The Barr Brothers – You Would Have to Loose Your Mind

Voilà une nouvelle qui va en réjouir plusieurs! The Barr Brothers lanceront Queen of the Breakers, leur nouvel album, le 13 octobre prochain. Le premier simple est la mélancolique et mélodieuse You Would Have to Loose Your Mind. On y retrouve la formation, mais avec un petit côté feutré et relax qu’on ne lui connaissait pas. Ça évoque un peu ce que fait The War On Drugs dans ses chansons les plus calmes. C’est très intéressant!


 
 

Converge – I Can Tell You About Pain

On passe à quelque chose d’un peu plus violent, disons. Converge nous font le cadeau de deux chansons aussi agressives que d’habitudes. Les guitares de Kurt Ballou sont aussi nerveuses que bruyantes, Jacob Bannon est toujours aussi convaincant dans ses chants qui versent régulièrement dans le cri primal. Une belle nouveauté en attendant leur passage au Métropolis en compagnie de Neurosis mardi prochain!


 
 

Myrkur – Ulvinde

Parmi les sorties intéressantes de l’automne, on retrouve la danoise Myrkur qui se spécialise dans le black métal avec ascendant d’harmonies vocales mystiques. Après le succès de M, paru en 2015, on attend de pied ferme le deuxième album de la jeune femme. À date, en comptant sur les simples parus, ça semble être une sortie qui se retrouvera dans les tops de fin d’année.

La programmation du FEQ

Du 6 au 16 juillet prochain, Québec sera une fois de plus en fête pour le Festival d’été de Québec. Chaque année, la programmation du FEQ fait de bons coups musicaux et 2017 ne sera pas l’exception à la règle. On retrouve plusieurs noms intéressants, locaux comme internationaux. Les têtes d’affiche sont impressionnantes alors que Kendrick Lamar viendra faire « bouncer » la capitale. Notons aussi que Metallica s’est sans doute acheté un condo en basse-ville étant donné qu’ils y sont tous les trois mois. Muse y fera aussi un arrêt avant de performer à Osheaga. Que feront-ils entre les deux? Se louer un chalet dans Charlevoix? Aller visiter Chibougamau? Ou passer deux semaines à Drummondville? Mystère…

Revenons à la programmation, plusieurs artistes internationaux intéressants feront leur tour sur les plaines et dans la Capitale. DJ Shadow fera aller ses platines alors que Migos sera un autre moment fort pour les amateurs de rap. Quelques groupes feront autant le festival d’été qu’Osheaga, outre Muse. Phantogram et Andy Shauf seront aussi des deux fêtes. Notons la présence notable de l’excellent Flume et du groupe américain Pink Martini.

Les talents locaux seront aussi à l’honneur pendant le festival. Ça va swinger avec Bernard Adamus et Lisa Leblanc qui ont l’habitude de faire lever le party. Le hip-hop maison sera bien représenté par Dead Obies et Rymz alors que Les Cowboys Fringants prendront les plaines pour une énième fois. Fred Fortin, Groenland et Les Sœurs Boulay valent aussi le détour. On compte sur la présence des drôles de bardes des Trois Accords et la présence de The Barr Brothers et Yann Perreau. Bref, de la grande qualité! Une légende montréalaise sera aussi à l’honneur : Men Without Hats vont te faire danser en toute sécurité avec ses rythmes new wave.

Grosse programmation de la part du Festival d’été de Québec. On ira assurément faire notre tour au FEQ pour se rincer un peu les oreilles. Ah oui, les Backstreet Boys y seront aussi… malheureusement, nous serons bien occupés ce soir-là… Voici l’affiche avec la programmation complète à date!

http://www.infofestival.com/

The Barr Brothers – Sleeping Operator

barr5-320x320Les Barr Brothers ont fait jaser d’eux en 2011 et 2012. Après avoir lancé leur premier album sous l’étiquette Secret City, le groupe a joué à Osheaga, tourné un peu partout en Amérique du Nord et a également joué à la prestigieuse émission de fin de soirée américaine de David Letterman. Après s’être promenés pas mal (incluant la naissance de deux enfants), les frères Barr, Sarah Pagé et Andrès Vial sont revenus à Montréal pour enregistrer leur deuxième opus: Sleeping Operator.

The Barr Brothers a bénéficié de tout un buzz médiatique pour leur premier album. Un engouement qui semblait un tantinet exagéré pour un album qui avait certaines bonnes pièces, mais qui manquait de nuances et variations dans le ton. Cette fois-ci le quatuor revient avec un Sleeping Operator franchement plus coloré. Le premier simple paru, Even The Darkness Has Arms, montrait déjà la maturité du groupe. On sent que le folk/americana du quatuor s’est enrichi.

Le groupe conserve toujours ce côté doux sur Sleeping Operator. How The Heroine Dies et England sont de bons exemples alors qu’on retrouve la voix posée de Brad Barr qui nous susurre ses ritournelles. C’est dans les influences blues franchement assumées que la formation se démarque de son dernier opus. Come In The Water nous transporte dans un univers enfumé où les verres de scotch à moitié vide traînent ici et là pendant que sur la scène, quatre musiciens chantent et que tranquillement les couples se forment sentant le «last call» approcher. On retrouve aussi un penchant americana plus accentué avec Half Crazy qui nous rappelle l’excellent Lord I Just Can’t Keep From Cryin’.

De plus, le quatuor envoie quelques mélodies accrocheuses dont Love Ain’t Enough qui entame la galette après une introduction nommée Static Orphans. Ils en remettent avec Wolves. C’est ce qui marque sur Sleeping Operator: cette force mélodique que déploie The Barr Brothers. Il faut dire aussi que la harpe de Sarah Pagé a de quoi impressionner. Celle-ci sait s’ajuster à toutes les situations, sachant toujours bien doser sa présence.

The Barr Brothers peut vraiment dire mission accomplie pour ce deuxième album. La formation a su garder les meilleurs éléments de leur album homonyme et pousser plus loin le travail mélodique. Un album qui mérite que vous y prêtiez une oreille attentive.

Ma note: 7/10

The Barr Brothers
Sleeping Operator
Secret City Records
61 minutes

thebarrbrothers.com/