Spectacle Archives - Le Canal Auditif

Critique : Sufjan Stevens – Carrie & Lowell live

L’album Carrie & Lowell de Sufjan Stevens était d’une beauté à se déchirer le cœur. Un album qui parle de sa mère, de sa mort et de l’immense vide laissé derrière lui par le deuil. Pour célébrer l’album, Sufjan Stevens a fait une des tournées la plus complète et à grand déploiement de sa carrière. Certains chanceux (dont je fais partie) ont pu le voir lors de cette occasion, nous livrer un spectacle puissant, émouvant et magnifique. L’album live nous replonge dans ces représentations alors que la bande à Stevens a enregistré un concert en Caroline du Sud.

Il est à se demander comment vont se traduire les pièces intimes de Carrie & Lowell sur scène. Eh bien, Stevens n’y est pas allé de main morte. Tout en conservant la beauté inhérente et la fragilité qu’on retrouve à l’intérieur de chacune d’elle, il a aussi augmenté certains passages musicaux pour aller plus loin dans l’instrumentation. Un des bons exemples est le décollage électronique qui s’opère dans Should Have Known Better et qui nous transporte alors que Stevens chante :

«Don’t back down, concentrate on seeing
The breakers in the bar, the neighbor’s greeting
My brother had a daughter
The beauty that she brings, illumination »
– Should Have Know Better

On peut en dire tout autant de la fin électronique et puissante de Fourth of July qui prend une tournure intense alors que Stevens nous crie presque : « We’re all gonna die! » Un marasme bruyant prend le dessus avant que le son coupe tout simplement et laisse place au silence. No Shade in the Shadow of the Cross est un autre moment magnifique où Stevens ouvre la porte sur sa fragilité intérieure. Avec sa voix émouvante, il nous susurre presque les mots pendant qu’une simple guitare l’accompagne. Et comme sur l’album, il termine le spectacle avec Blue Bucket of Gold qui obtient une conclusion de presque treize minutes.

En plus de nous interpréter chacune des pièces de Carrie & Lowell, Stevens offre aussi des versions très réussies de Vesuvius et Futile Devices tirées de l’excellent The Age of Adz. La première possède toute la force de la pièce originale avec des moments de claviers qui semblent venir de l’espace et une partie percussive complexe. Le tout pour entourer les chants choraux passionnés qui deviennent mantra. La deuxième est tout le contraire, plongeant dans la fragilité et l’intimité. C’est beau et enveloppant. Une troisième pièce se glisse sur l’album live. Une reprise de Hotline Bling de Drake sur laquelle Gallant vient faire un tour de chant.

C’est un album live réussi pour Sufjan Stevens qui a trouvé une façon de transformer des pièces intimes et touchantes en un party. Si l’album pleure l’absence des morts, la version live célèbre le fait d’être en vie!

Ma note: 7,5/10

Sufjan Stevens
Carrie & Lowell Live
Asthmatic Kitty
89 minutes

http://sufjan.com/

Concours : Karim Ouellet en formule intime au Théâtre du Vieux-Terrebonne

Le Canal Auditif en collaboration avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne vous offre la possibilité de vivre une expérience intime avec Karim Ouellet. Le chanteur de Québec sera de passage pour un concert dans la salle du Moulinet, un plus petit espace où la proximité fait loi. C’est votre chance de vivre une performance unique et un beau moment avec Ouellet. Courez la chance de gagner une paire de billets pour le concert qui aura lieu le samedi 6 mai 2017 à 20 h.

Pour participer, vous n’avez qu’à laisser le nom de votre album favori de Karim Ouellet dans les commentaires ci-dessous. Le concours est en vigueur jusqu’au 2 mai à midi. Le tirage sera effectué avant 17 h le 2 mai et le gagnant de la paire de billets sera avisé par courriel.

Bonne chance à tous!

Pour plus de détails sur le spectacle, c’est ici.

Entrevue avec Tim Brady de Bradyworks

Le 9 avril prochain, le montréalais Tim Brady et les membres de son quatuor de guitares électriques Instruments of Happiness seront en concert au Gesù. Cet événement est une coproduction de Le Vivier, un organisme qui met de l’avant les musiques nouvelles, et de Bradyworks. Brady possède une approche peu orthodoxe. Il joue de la musique de chambre à la guitare. Disons que le monde de la musique classique est un milieu plutôt conservateur. La venue d’un guitariste qui dit : « hey, check ma guitare, je suis capable de jouer du Bach avec », n’est pas nécessairement la chose la mieux vue : « Ça été difficile et il faut le dire… ça reste difficile. Il y a des orchestres qui aujourd’hui sont plus… polis, mais les orchestres sont des organismes très conservateurs. Pour eux, le soliste c’est un piano ou un violon. J’ai fait quelques concertos, mais je sens qu’il y a encore une grande incompréhension des possibilités. Comme les orchestres sont des organismes très conservateurs, ça les empêche d’évoluer rapidement. Avec la musique nouvelle et nos petits ensembles, nous avons moins de poids sur nos épaules, on peut évoluer plus rapidement et mieux refléter les changements sociaux. »

D’ailleurs, les changements sociaux et la dynamique entre la composition musicale et la société sont au centre des questionnements de Tim Brady. Abordant l’art avec des penchants pour la mimésis d’Aristote et un peu celle de Platon, il est fasciné par la politique et les développements des sociétés. « Il y a toujours un lien entre l’art, la machination de l’art qui permet la création et l’épanouissement et le développement de n’importe quelle société. L’art joue un rôle important dans le développement des sociétés, ce n’est pas la seule chose, il y a les industries, l’éducation, mais l’art a joué un rôle majeur dans le développement de notre civilisation. Il ne faut pas dire : c’est juste de l’art. »

Mais revenons à nos moutons. Tim Brady revient à la maison après une tournée de 8 dates à travers le Canada. Au Gesù, il présentera son concerto pour quatre guitares qui compte sur des pièces de plusieurs compositeurs canadiens. En plus d’une pièce de sa création et d’un « classique » de René Lussier, on trouve des pièces d’Emily Hall, Scott Edward Godin, Gordon Fitzell, Maxime McKinley et Jordan Nobles, qui sont toutes des commandes de Bradyworks. Ce sont toutes des commandes de Bradyworks. Les pièces sont donc taillées sur mesure pour être interprétées dans un contexte de quatuor à cordes… électriques. Chacune d’entre elles amène une ambiance différente et permet d’explorer les capacités de la guitare électrique. Vous pourrez aussi voir Tim Brady à l’œuvre le 9 avril en après-midi au Complexe Desjardins: Instruments of Happiness – 100 guitares électriques fêtent Jimi Hendrix entre 13 h et 15 h.

J’ai aussi demandé à Brady s’il écoutait de la musique et surtout commen
t il l’écoutait. En cette période de profonds changements dans les habitudes d’écoutes, je me demandais ce qu’un musicien muni d’une formation classique possédait comme réflexe. La réponse est surprenante : « J’écoute beaucoup… ben pas beaucoup, je passe quand même la journée à travailler la musique, mais quand cherche de la musique, je fais comme tout le monde et j’utilise You Tube comme ressource. Quand j’ai du temps libre, j’écoute parfois ce qui se passe actuellement dans le rock, jazz, blues. Même si je ne fais plus beaucoup de performances en public, je suis encore un musicien de jazz, donc j’écoute du Miles Davis et d’autres grands du jazz. J’écoute aussi de la musique orchestrale ou de la musique de chambre, je tape des noms de compositeurs que je ne connais pas très bien et j’écoute quelques compositions. Finalement, j’écoute quand même souvent de la musique. »

C’est à ce moment que Tim Brady devait embarquer dans l’avion qui l’amenait à Winnipeg. Le compositeur a été généreux en entrevue. Si vous voulez en découvrir un peu plus sur cet artiste fascinant, c’est au Gesù le 9 avril prochain que ça se passe.

http://www.timbrady.ca/index_fr.html

http://www.levivier.ca/fr/calendrier/36621/

Concours : The Musical Box

the-musical-boxTu connais The Musical Box? C’est un groupe qui reprend les titres de Genesis de l’époque 1972-75. Cette fois-ci, il s’attaque particulièrement à Selling England By The Pound, un album culte de la formation. Ces cinq Québécois font le tour de la planète avec leur hommage et même les membres du groupe original sont allés les voir. Peter Gabriel a même amené ses enfants pour qu’ils comprennent ce qu’il faisait plus jeune. Bref, ça torche! Evenko, Culture Cible et Le Canal Auditif ont envie que tu expérimentes toi aussi ce spectacle grandiose. Pour participer, inscris dans les commentaires ta chanson préférée de Genesis. Le spectacle est le 9 décembre prochain à 20h00 au Centre Bell à Montréal. Le concours prend fin le 4 décembre à 23h59. Le tirage aura lieu le 5. Bonne chance.

http://www.evenko.ca/en/events/11251/the-musical-box/bell-centre/12-09-2016