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Critique : Sheryl Crow – Be Myself

Je sais, je sais. Ça fait un christi de bout que Sheryl Crow n’a pas été pertinente sur la scène musicale. Pas que sa vie de couple hautement médiatisée avec Lance Armstrong l’était plus, mais disons que pour le fan des années 90, son virage country au tournant des années 2000 avait quelque chose de nauséabond. À moins que ça ne soit cette collaboration avec Kid Rock? Qui sait, faisait un bon bout de temps qu’on ne se souciait plus des albums de la reine du blues rock.

Sheryl revient en 2017 avec Be Myself, un titre qui, avant la première écoute, meilleur, comme le pire. Quelle Sheryl interprétera les pièces ? Celle de Globe Sessions (1998), lucide et sexy, après avoir vaincu ses démons, où la version campagnarde western de Wildflower (2005), Detours (2008) et Feels Like Home (2013), triumvirat de l’ennui et du désintérêt créatif ?

La réponse, elle tend à se rapprocher du paysage des Globe Sessions. D’ailleurs le pacing de l’album est similaire et le retour à des sonorités de guitares électriques, multiétagées, nous ramène à l’âge d’or de la carrière de la grande chanteuse. Dans sa manière de chanter aussi, on sent Crow revenir à sa narration en spoken words avec son fort accent du Missouri, son penchant pour le blues, comme à l’époque de Tuesday Night Music Club et son sens du refrain bien ficelé. Mais tout ceci ne se fait pas au détriment de son goût pour le soul et le gospel. C’est justement mieux utilisé ici sur Be Myself que sur les trois précédents disques.

Et ça commence très bien avec Alone In The Dark, Halfway There, Long Way Back et Be Myself. Avec ces quatre premiers titres, la table est mise avec de nombreuses guitares, des références à l’alcool dans les paroles (bin quoi?) et de bons solos. Et même si ça sonne quand même Sheryl qui tente de faire du Sheryl, c’est quand même joliment construit pour lancer un album qu’on n’attendait plus. Après un cinquième titre ordinaire, Love Will Save The Day suit avec un doux picking de guitare et une belle orchestration qui force encore la comparaison avec certains morceaux de Globe Sessions (voir Riverwide).

Et la deuxième moitié de l’album ne déçoit pas avec de bons titres. Heartbeat Away, pour son lourd groove vient en tête ici et c’est probablement un des meilleurs moments sur ce Be Myself. On y trouve une Sheryl bien en voix d’ailleurs alors qu’elle challenge sa Stevie Nicks intérieure. Strangers Again est également intéressante, tandis que Rest Of Me est le morceau obligé de blues acoustique. On en trouve sur tous les albums de la grande rockeuse.

Au final, elle est en forme la belle Sheryl. Elle ne défonce plus les codes du rock à grandes rasades de shooters et à grande doses d’attitudes sexy. Ça c’est clair. Mais Sheryl Crow débarque dans Be Myself avec l’envie de s’éclater et ça c’est juste une bonne nouvelle. Je vais y retourner à cet album. Et ça serait mentir de vous dire que je ne suis pas agréablement surpris de ça.

Ma note: 7,5/10

Sheryl Crow
Be Myself
Warner Bros (21 avril 2017)
46 minutes

http://www.sherylcrow.com/