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Charles Bradley – Changes

Charles BradleyCharles Bradley est un personnage fascinant. Combien d’artistes font paraître leur premier album à 61 ans? Et qui plus est, combien deviennent des vedettes planétaires par la suite? Bradley fait partie de ce groupe sélect auquel appartient Sharon Jones et qui remet au goût du jour le funk et le soul des années 60 et 70. Sa voix profonde et chargée émotivement peut puiser à même les différentes expériences qu’il a vécues, que ce soit de vivre dans la rue à 14 ans ou d’être chef culinaire dans le Maine.

Le premier simple et la chanson-titre de l’album sont magnifiques pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Bradley reprend la chanson qui jure dans le répertoire de Black Sabbath: Changes. Cette chanson à la charge émotive puissante et au soul impeccable, même dans le temps qu’Ozzy la chantait, a été composée pour la séparation de Bill Ward avec sa femme. C’est un petit bijou soul, honnête, sobre et parfaitement calibré. Quand vous rajoutez Charles Bradley derrière le micro, cet homme qui a vu sa vie changer il y a 6 ans, à l’âge vénérable de 61 ans (je le répète) prend un tout nouveau sens. C’est totalement émouvant.

Bradley ne s’arrête pas là. Sur la funky Ain’t It A Sin, alors que l’Américain prend des airs de James Brown, l’homme laisse aller un «I try to be a righteous man/I try to give love all over the world/But I’m tired of being Used!/It’s my turn to love and be loved». Charles, avec cette chanson si tu ne te fais pas aimer… je ne sais pas ce que les gens attendent. Les cuivres ont une place de choix sur Changes et sur Nobody But You et ils bonifient efficacement le chant soul de Bradley.

Good To Be Back Home qui ouvre la galette laisse entrevoir que l’Américain a fait beaucoup de périples dans les dernières années. Il met de l’avant le plaisir de revenir à la maison après avoir passé beaucoup de temps dans les limbes des aéroports. Il salue au passage Sharon JonesSharon qui a combattu un cancer depuis et qui s’en est relevée. C’est tout cela que Bradley chante avec sa voix puissante et profonde. En vrai soul-man, il fait un appel à l’amour et au changement avec Changes For The World. La chanson n’est pas sans rappeler les événements des deux dernières années aux États-Unis. Alors que Kendrick Lamar aborde le problème avec une verve incisive, Charles, dans sa sagesse, vous parle d’amour. Parce qu’il sait que l’amour est plus fort que tout. Qu’il triomphera toujours!

Charles Bradley offre un autre solide album de soul qui mérite l’amour de vos oreilles et de votre cœur. Si vous avez aimé le dernier, vous aurez au moins autant de plaisir à écouter Changes. Si vous ne le connaissez pas encore, donnez-vous la chance de tomber en amour avec ce «papi-loverboy-soulman». Vous ne le regretterez pas.

Ma note: 8,5/10

Charles Bradley
Changes
Daptone / Dunham Records
41 minutes

http://www.thecharlesbradley.com/

Sharon Jones & The Dap-Kings – It’s A Holiday Soul Party

Sharon JonesÇa y est. C’est la dernière journée de critiques sur Le Canal Auditif. Chaque année, on vous parle d’albums de Noël qui pourrait vous permettre d’éviter les platitudes qui accompagnent parfois les tounes du temps des fêtes. Aujourd’hui, on entame avec une icône du soul. Sharon Jones vient de passer deux années assez remplies pendant lesquelles elle a vaincu un cancer. La femme est revenue et a fait paraître Give People What They Want qui a été un succès retentissant. Cette année, la bonne Sharon avait envie de chanter l’esprit des fêtes et qui serions-nous pour nous opposer à sa volonté?

À l’instar de Sufjan Stevens et son Silver & Gold, les Dap-Kings adaptent les succès classiques. Cette fois-ci, c’est le soul et le funk qui prennent l’avant-plan et donnent envie de faire son sapin en dansant abondamment. On y retrouve aussi nombre de messages de paix et d’unisson pour le temps des fêtes. Faisons la paix pas la guerre l’ami.

Parmi les bons coups, parlons de 8 Days Of Hanukkah qui est particulièrement efficace avec son manteau de cuivres groovy et de chœurs dynamiques. On a aussi droit à Ain’t No Chimneys In The Projects qui, malgré son ton humoristique, est soutenu par un message d’une dureté. Parce que oui, même l’enfant qui vient d’un milieu difficile financièrement passe à travers Noël en se posant des questions pratiques. Sur celle-ci, le jeune se demande: «Comment vais-je recevoir mes cadeaux étant donné qu’il n’y a pas de cheminée dans les HLM?» Une question tout à fait légitime.

Elle nous offre aussi une version énergique de White Christmas, une version soul et poignante de Silent Night et une version funk de Little Dummer Boy. Elle nous offre aussi une version très Motown de Silver Bells. Finalement, le tout se termine avec une version instrumentale de God Rest Ye Merry Gents.

Bref, c’est funky, ça donne envie de boire du lait de poule avec un petit splash de cognac. C’est Noël, c’est groovy pis ça donne envie de voir la famille. Quoi demander de plus à un «record» de la sorte, je vous le demande?

Ma note: 7 petits bonshommes de neige/10 p’tites crèches avec un Jésus en plastique.

Sharon Jones & The Dap-Kings
It’s A Holiday Soul Party
Daptone Records
34 minutes

http://sharonjonesandthedapkings.com/McIntosh/