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Critique : Rostam – Half-Light

Pour Rostam Batmangli, simplement Rostam en solo, ancien membre de Vampire Weekend, le premier album Half-Light arrive après bien plus qu’une présence dans le band d’art rock New Yorkais. Batmangli a laissé sa marque en tant que producteur un peu partout dans la pop internationale en travaillant avec Frank Ocean, Haim, Solange, Charli XCX, Diplo et Carly Rae Japsen, entre autres… Son expérience à la production paraît énormément pour sa première galette dont toutes les subtilités s’affirment au fil des écoutes. Malgré une carrière déjà bien établie, l’énergie vorace du premier album d’un jeune musicien se fait entendre sur Half-Light. Éclectisme et structure sont les mots d’ordre.

L’énergique Sumer entame le projet. On y reconnaît tout de suite un instrument caractéristique de la bande new-yorkaise que Rostam a apporté avec lui en studio : les clavecins. Rapidement, l’instrument baroque vient rythmer avec frénésie nos émotions. On ne sait pas trop si c’est de la musique de chambre électronique ou une ballade pop qui s’envole.

Pour le Tatch Show, quelques violons, la voix un peu éraillée de Rostam et quelques modulations électroniques, c’est tout ce dont on a besoin pour arriver à une pièce émotive. Les demi-tons vocaux grincent apportant des textures à l’instrumental minimaliste. Sur fond de synthétiseur cillant, Rostam raconte comment la lumière le berce tel un océan au rythme apaisant. Une poésie simple, qui se marie parfaitement aux percussions entremêlées de cordes de toutes sortes.

Les influences perses sont fortes sur Woods qui veut nous montrer la facette positive cachée positiviste de ce genre provenant du Moyen-Orient. La section de percussion est doucement répétitive pour faire bouger le corps sans mouvement brusque. Au courant de cette transe subtile, les violons s’exclament comme des oiseaux alors que Rostam décrit une forêt aux allures mystiques.

Les mélanges et les sauts entre les diverses influences font d’Half-Light une tapisserie où les nombreux détails s’agencent avec facilité. Malgré le foisonnement, il a y assez de silences entre tous les éléments pour que notre oreille ne soit pas agacée. Une seule chanson est à oublier résolument, la chaotique When : pourquoi exprimer la paranoïa et la folie de façon si indigeste? Malgré ce petit accroc, les mélodies accrochent rapidement l’esprit nous donnant l’envie d’accompagner le chanteur lors d’envolées puissantes comme celle de Rudy. Entre sa pop sucrée et ses étranges ambiances vaporeuses, Rostam ne cherche pas son identité musicale, il la possède déjà entièrement.

Ma note: 7,5/10

Rostam
Half-Light
Nonesuch Records
52 minutes

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