Robert Nelson Archives - Le Canal Auditif

Concours: Alaclair Ensemble à la SAT le 10 novembre 2017

Alaclair Ensemble sera en spectacle à la SAT le 10 novembre prochain dans le cadre de Coup de Cœur Francophone. En plus de ça, c’est Columbine, la sensation française et Eman X Vlooper qui officie la première partie. En plus de tout ça, c’est présenté par nos amis de Sors-tu.ca. Eh bien, on vous offre l’opportunité d’y être vous aussi en gagnant une paire de billets pour le spectacle. Pour participer, vous n’avez qu’à répondre à la question suivante dans les commentaires :

Quel est votre membre préféré d’Alaclair Ensemble?

Le concours est en vigueur du 11 au 24 octobre 2017 à midi. La personne gagnante sera tirée et avisée avant 17 h le 24 octobre.

Bonne chance à tous!

Spectacle : KJT, La Carabine et Rednext Level

Jeudi soir dernier, Les productions de la Source de la Martinière n’ont sûrement pas eu besoin d’allonger quarante milles sur la table pour faire venir Rednext Level dans son bar sportif/salle de spectacle du quartier Limoilou, mais ça ne veut pas dire que les gars n’étaient pas prêts à nous faire faire de la vitesse pour autant.

Robert Nelson, Maybe Watson et DJ Tiestostérone (lol), en kits de course, ont fait danser une foule compacte et énergique en guise de cerise sur le sundae d’un pas pire mini-showcase rap qui mettait également en vedette KJT et La Carabine.

Retour sur une soirée pas comme les autres au Bas-Canada.

Avec sa chemise à manches longues, boutonnée jusqu’en haut, sa casquette vissée creuse sur sa tête et ses lunettes à la monture fine, on n’était pas sûr lorsque KJT a surgi sur la terrasse de la Source de la Martinière pour nous inviter à nous regrouper à l’intérieur pour le début du spectacle. Pour le dire franchement, il avait davantage l’air de l’organisateur de la soirée qu’artiste.

Après une brève présentation a capella dans laquelle il explique pourquoi il se nomme KJT en utilisant que des acronymes ou des mots dont les syllabes sonnent comme des lettres, le MC a invité ses musiciens à le rejoindre sur scène.

Un batteur, un guitariste et un bassiste, pieds nus, se sont affairés pour la demi-heure suivante à rythmer la trame que met en mots KJT. Je n’ai jamais été tant fan de ces mash-ups funk/rap à la Boni Suba ou New Apple Taste, deux formations talentueuses techniquement, mais qui n’ont jamais pu s’affranchir d’un son cégépien.

KJT ne m’a pas convaincu du contraire, mais il a livré une prestation honnête et authentique. En prime, il a entonné avec la foule le refrain de Saint-Roch d’Alaclair Ensemble avant que’out of the blue, son bassiste n’empoigne le micro pour rapper les couplets. Un moment inattendu et assez efficace.

Au moment de quitter la scène, KJT a remercié la foule avant de l’inviter à accueillir « La Caravane ». Oups.

La Carabine a repris la balle au bond à son arrivée sur scène remerciant KCLMNOP pour sa première partie! C’était de bonne guerre!

Dom Polski et Fillion, tous deux debout devant leur pied de micro, ont livré de manière plus que convaincante les pièces de Chasser ses démons, solide premier LP du duo. Accompagné d’un DJ et d’un batteur les gars ont interprété Billy The Kid, Cadenas en U et autres Love Hate avec une énergie punk témoignant à la fois une colère intérieure et une grande sincérité.

Sur le plan du son et de la livraison, c’était tout à fait au-delà des attentes et c’est vraiment en concert que la musique de La Carabine prend tout son sens.

Si vous ne connaissez pas, essayez d’écouter Cadenas en U sans l’avoir dans la tête pendant une semaine. Prometteur, il est ce duo de MC.


 
 

Déjà vers la fin du set de La Carabine, on a pu apercevoir à l’entrée du bar Ogden et Maybe, le premier serrant des mains, le second se déhanchant tout bonnement, avec son sac en bandoulière.

La rumeur de leur arrivée s’est rapidement répandue et dès la fin du set de La Carabine, la pièce a commencé à se remplir sérieusement, annonçant le début imminent du spectacle de la bande de minces.

Et ça s’est fait vite, laissant à peine à quelques comparses le temps d’une proverbiale tournée de shooters, Robert, Wats et Tiestostérone étant en position pour brizâsser.

Après les présentations d’usage, le discours d’ouverture de Bobby Nel, président d’la République libre du Bas-Canada et une entrée en matière avec Argent Légal, le trio a fait sauter le toit une première fois avec Sri Lanka.

Y’a pas à dire, on était relax tantôt, mais Bobby a cassé l’ambiance et ce n’était pas parce qu’il était tanné de pas manger d’viande. Je dis ça de même!

J’ai vu plusieurs fois Alaclair Ensemble en concert et j’ai toujours été fasciné par leur présence scénique à six. Mais à six personnalités, six personnages sur le stage ça fait des grosses soirées si on veut tout assimiler ce qui s’y passe.

Avec Rednext, c’est du gros condensé avec Robert et Wats, les deux plus survoltés MC du sextuor. Leur présence et leur complicité ne fait aucun doute et entraînent dans leur sillage les spectateurs, même les plus frileux. Tsé ceux du type « pieds dans l’béton ». Même eux se trémoussaient sous les rythmes de Tiestostérone et se rapportaient aux enseignements de Robert et Wats.

Il faut dire que le trio a tout un arsenal de hits pour que ça vire su’l top. 40K, Danse avec Ogden, Baby Body, Passerelle, Clip Avec Baz : l’intention dance, le clin d’œil street et le gangsta’ d’la classe moyenne, tout y est pour qu’on laisse nos soucis au vestiaire et qu’on Get Lit.

Les gars ont même interprété Menaces de mâle, entendu sur leur récent album de remixes. Un incontournable jam. Bref, personne n’a été déçu de ne pas avoir vu d’panda.

« Rednext Level va vous faire faire d’la vitesse, on va privilégier une formation en V pour en prendre un maximum » annonçait Robert Nelson. Vu la proximité de la Source de la Martinière avec le Centre Vidéotron, je nous aurais bien vu faire de la drag dans l’parking du mausolée à PKP avec Wats, Tiestostérone et el’ Président Bobby célébrant la vitesse et l’Bas-Canada pour finir la soirée.

Dommage, ça aurait fait un bon clip avec Baz! Mais sinon, meilleure soirée.

Festif de Baie St-Paul 2017: Jour 3

On recommence pour une autre journée de fou! Parce que oui, le premier spectacle est à midi et le dernier à deux heures du mat. Compte ça comme tu veux, ça fait au moins une quinzaine d’heures à courir d’une salle à l’autre. Récit d’un marathon imbriqué dans un marathon d’une fin de semaine imbriqué dans le marathon de l’été.
 
 
 

De la douceur pour guérir la gueule de bois

Bien des spectateurs avaient de petits yeux sur le quai en ce samedi matin, mais tous avaient aussi le sourire. Devant le paysage pittoresque offert à nos yeux indignes d’autant de beauté, Philippe B s’est installé avec Laurence Lafond-Beaulne (Milk & Bone) et Guido Del Fabbro pour nous envoyer les pièces de sa sublime Grande nuit vidéo et quelques-unes des précédents. Le duo Lafond-Beaulne et B de Rouge-gorge est tout aussi touchant en vrai qu’en enregistrement. Philippe B nous a aussi jasé ça entre les tounes. Parfois pour nous expliquer l’origine d’un texte ou encore simplement pour nous mettre en contexte. Le tout avec simplicité et juste assez de bonhommie pour remettre un sourire dans le visage de n’importe lequel des festivaliers.

Par la suite, j’ai déambulé à travers les rues de Baie St-Paul pour me rendre à la scène Hydro-Québec pour assister au spectacle de Peter Peter. Celui-ci ne badine pas, il commence sur Noir Éden qui ravit et conquit la foule. J’ai même aperçu des journalistes chanter… ça vous donne une idée. Par la suite, il prend le temps de nous souhaiter la bienvenue et nous rappeler que la dernière fois qu’il était à Baie St-Paul, c’est il y a dix ans avec son groupe métal. Parce que oui, Peter Peter n’a pas toujours fait dans les claviers aux sonorités des années 80. Il a déjà été pas mal plus méchant au micro. Pour cette après-midi ensoleillée du Festif!, il présente plutôt les chansons de son dernier album qui a été célébré unanimement par la critique. Fantôme de la nuit et No Man’s Land ont ravi les nombreux festivaliers.

Le Festif! / Caroline Perron

Puis, c’est à Leif Vollebekk que j’ai vogué. Le jeune montréalais était d’une forme resplendissante et a ravi le public sous le chapiteau. Il a principalement joué les pièces de son excellent Twin Solitude en lice pour le prix Polaris. All Night Sedans et Eulogy ont été des moments de frissons où le poil se dressait sur nos bras de plaisir à l’écoute de Vollebekk. Celui-ci est quelque chose à voir jouer. Il ne fait pas que de la musique avec sa bouche et ses doigts, c’est tout son corps qui est impliqué dans le processus. Et c’était de même pour son batteur, Evan Ty (j’espère que je ne massacre pas son nom) et son bassiste Michael Felder (même chose que pour Ty). Vollebekk a aussi montré qu’il est farceur lorsqu’un des draps servant de décor est tombé par terre. « Tout le monde en ce moment rit et il y a une personne qui est très fâchée (parce que son rideau est tombé) ». Généreux, il a même procédé à deux rappels après que la foule ne veuille rien savoir de la fin. Il s’est vu décerner des ovations bien senties, entièrement méritées. Une prestation parfaite, rien de moins.

Des nouveaux établis

On ne se contera pas d’histoires, Bernard Adamus et Lisa Leblanc sont maintenant des artistes établis dans le paysage culturel québécois. La foule nombreuse venue les voir hier le démontrait sans équivoque. Le premier nous a offert un concert un peu décousu entrecoupé de moments où il consultait son groupe pour savoir ce qu’ils allaient faire. Entre quelques paroles oubliées, des chansons pas très resserrées et ses nombreuses harangues à la foule, on avait l’impression de retrouver Bernard Adamus du temps de Brun. Il était festif certes, mais peut-être une petite affaire trop pour 18 h. On va se le dire, y avait l’air chaud ben raide… Mais bon, même chaud, Bernard est capable de t’envoyer un Cauchemar de course par la tête qui donne envie de faire la fête. Plus le spectacle avançait et plus la bande se resserrait et vers la fin, nous avions l’Adamus auquel on est habitué. Le public a aussi pu entendre Fulton Road, La Dilligence et Brun.

Lisa Leblanc était beaucoup plus en forme en mettant les pieds sur la scène à Baie St-Paul. D’ailleurs, elle s’est permis de railler Adamus : « Bernard, te souviens-tu quand c’était moi qui faisait tes premières parties? » Après deux chansons issues de Why You Wanna Leave, Runaway Queen?, elle a enchaîné des chansons de son premier album : J’pas un cowboy, Chanson d’une rouspéteuse et Cerveau ramolli. Pendant qu’elle interprétait Kraft Dinner, une fan (en tout cas, je présume) a lancé une brassière sur scène. N’en fallait pas plus pour lancer Leblanc dans un accès de rire. Et Dieu sait qu’elle aime ricaner la Lisa! Elle a peiné à finir sérieusement la chanson après l’avoir dédiée à cette fan. Un moment de gros fun sale. Comme d’habitude, Leblanc a donné tout un concert. J’ai quitté prématurément parce que dans le sous-sol de l’église, les mythiques Voivod étaient d’office.

Le Festif! / Jay Kearney

Quand l’expérience parle

Voivod c’est une machine bien huilée qui fait rougir bien des « jeunes ». Le groupe montréalais était tout sourire devant la foule venue les voir dans une petite salle. On est loin des plaines! Entre les chansons, Snake distribuait les high fives et les poignées de mains. Michel Langevin est encore aussi impressionnant derrière les tambours, frappant la mesure à une vitesse complètement folle. Ils ont terminé avec la chanson Voivod qui est rentrée au poste sans bon sens.

Un autre homme d’expérience était présent au Festif! hier soir. Daniel Bélanger était là pour chanter les pièces de son Paloma paru l’an dernier et ses succès… et des succès, il y a en un char et une barge dans la discographie de Bélanger. Accompagné du bassiste extraordinaire, JF Lemieux, il a joué presque l’entièreté de Rêver mieux! Chante encore ainsi qu’Intouchable et immortel étaient des moments de purs délices pour les oreilles. Lorsqu’il a interprété la chanson Rêver mieux, le public a chanté si fort qu’ils ont pris le dessus devant un Bélanger jubilatoire. De son dernier album, il a livré L’ère de glace, Il y a tant à faire et quelques autres. Il nous a aussi livré plusieurs chansons devenues des classiques comme Le parapluie, Opium et Cruel (Il fait froid). Il est même revenu deux fois plutôt qu’une, visiblement ému par l’accueil de la foule. Il a terminé sur La folie en quatre et c’était tout à fait parfait.

Le Festif! / Caroline Perron

Un groupe de musiciens d’expériences étaient là pour ce samedi soir de Festif! Groovy Aardvark comme toujours a rocké la casbah. Avec ses reels électriques (dont celui de la soucoupe volante), ses succès comme Boisson d’avril et son énergie débordante, le groupe a fait triper le public nombreux dans le sous-sol de l’église. Il y avait du monde à Voivod, mais c’était davantage plein pour Groovy. Vince Peake comme d’habitude a mené cette soirée avec toute la générosité, l’authenticité et la hargne (musicale) qu’on lui connaît. Trois groupes qui ont déjà du millage derrière la cravate et qui sont loin d’être dépassés.

Le Festif! / Jay Kearney

Fin de soirée qui rentre dedans

Sous l’un des chapiteaux se trouvait KNLO, Rednext Level et Alaclair Ensemble. Je suis arrivé à temps pour les deuxièmes qui lançaient à l’instant Sri Lanka. Les gens dansent, les popotins se font aller et les sourires affichent complet. Robert Nelson et Maybe Watson, en compagnie de leur DJ Tiestostérone, ont livré une solide performance où se sont enchaînés 40k, Clip avec Baz, Get Lit et Faible pour toi pour laquelle Claude Bégin s’est pointé le bout du nez. Robert Nelson, dans son habituel humour a lancé : « On est vraiment content d’avoir l’opportunité d’ouvrir pour Alaclair Ensemble. » (NDLR: Maybe Watson et Robert Nelson font partie d’Alaclair Ensemble.)

Le Festif! / Caroline Perron

Alaclair Ensemble est ensuite débarqué pour livrer un spectacle très près de ce qu’ils ont offert comme performance aux FracoFolies. C’est vraiment le fun de voir que le groupe est rendu avec une routine de scène solide comme du béton. Une routine qui n’a pas l’air de les castrer pour autant, la bande de minces semblent prendre un plaisir immense à « droper » ses rimes devant les foules de plus en plus nombreuses.

Le Festif! / Caroline Perron

Finalement, j’ai embarqué dans le bus magique pour une performance de Paupière. Le concept est simple, un autobus a été maquillé et changé en piste de danse. Le groupe nous a livré des chansons de son EP et de son album à venir en septembre. Le trio était en forme pour l’heure tardive et cela a fait danser les 40 festivaliers qui entraient dans l’autobus. Une petite pensée pour la suspension du véhicule qui doit être finie ce matin. Une performance pleine d’énergie et de rythmes contagieux. On a hâte à la sortie de l’album en septembre!

Voilà qui conclut ma troisième journée de Festif! On se reparle demain pour la prestation de Timber Timbre et un retour sur les moments forts du festival.

La Fête Nationale à Laval : encore une soirée réussie

Voilà quelques années que le spectacle à grand déploiement le plus intéressant se tient à… Laval. Ben oui, dans le Centre de la Nature défile les vedettes indépendantes, les artistes undergrounds et quelques chanteurs ainsi que chanteuses pop établis et de la relève. Le tout donne un spectacle varié et éclectique, mais toujours très rassembleur.

Des grosses pointures indépendantes

Si vous suivez le moindrement la carrière de Louis-Jean Cormier, vous savez qu’il est un grand amoureux de la nation québécoise. J’imagine qu’il n’a pas été trop difficile à convaincre lorsqu’on lui a offert un des rôles prépondérants avec ses amies Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt. Le trio dynamique a rocké dès les débuts avec St-Michel de Cormier, Debout de Moffatt et Rien à faire d’Arthur. Philippe Brach était aussi de la fête et nous a chanté Crystel pour enchaîner avec une version convaincante de Julie des Colocs. Les minces d’Alaclair Ensemble étaient aussi à Laval avec un Medley efficace qui compostait ses chansons en commençant par Mon Cou. Évidemment, ils ont joué la populaire Ça que c’tait devant une nombreuse foule. Finalement, c’est Valaire qui a fait aller sa magie pendant que le ciel s’illuminait de mille feux d’artifice.

Des classiques qui sont toujours aussi efficaces

Il faut se souvenir que Marie Carmen a vendu 750 000 disques à l’époque… c’est énorme! Tous ces albums qui se sont retrouvés dans les chaumières québécoises ont marqué une génération de jeunes et hier soir, tout le monde chantait haut et fort L’aigle noir et Entre l’ombre et la lumière. Oui, oui, les cyniques trouveront des moyens de tourner au ridicule ce moment de communion à Laval, mais c’était tout simplement beau. Marie-Michèle Desrosiers était aussi à Laval pour chanter des classiques de Beau Dommage dont Dimanche au soir à Châteauguay et J’ai oublié le jour. L’increvable Nanette Workman a aussi fait vibrer la foule avec sa voix ronde. On a aussi assisté à un moment touchant lorsqu’Ariane Moffatt s’est assise au piano avec Clémence Desrochers pour revisiter ses textes.

À tous ces artistes se sont greffés Alexe Gaudreault et Matt Holubowski qui ont aussi bien livré les pièces de leurs albums respectifs. Les petits chanteurs de Laval ont appuyé plusieurs des artistes dans leur prestation tout comme un groupe de musicien aguerri parmi lesquels on comptait José Major, Philippe Brault et Alex McMahon. Marc Béland, Queen Ka et Émilie Monnet ont livré un discours patriotique enflammé.

Bref, c’est une autre édition de la Fête Nationale qui devient rapidement l’événement à ne pas manquer le 24 juin. On se revoit en 2018!

Les FrancoFolies 2017 : Une dernière fin de semaine réussie.

La dernière fin de semaine des FrancoFolies arrivait déjà et les programmateurs nous avaient gâtés pour celle-ci. Un des concerts à ne pas manquer était celui de Fishbach et Bernhari à l’Astral alors que les minces d’Alaclair Ensemble prenaient la rue Ste-Catherine d’assaut.

La chanson française, ce n’est vraiment pas obligé d’être plate

Flora Fishbach nous a déjà séduits avec ses deux EP, l’homonyme et Un autre que moi, parus un peu plus tôt cette année. On l’attendait de pied ferme et la jeune Française ne nous a pas déçus. Elle a présenté les pièces de son album À ta merci paru en janvier dernier en France et qui devrait paraître à l’hiver 2018 ici. Avec une théâtralité assumée et poignante, elle nous a livré Un beau langage, la dansante On me dit tu, Mortel ainsi que deux chansons de son plus récent EP : Y crois-tu et la délicieuse Un autre que moi. On peut dire : mission accomplie pour Fishbach. Le public a été séduit par ses savantes compositions et l’a gracié d’une longue ovation.

C’est Alexandre Bernhari qui suivait sur la scène de l’Astral. Son spectacle, une mise en scène de Philippe Boutin (véritable petite coqueluche des publics de théâtre), met de l’avant les chansons de ses deux albums. Stéphanie Lapointe l’a rejoint pour l’excellent Emmène-moi et Eclipse. Il nous en a mis plein la vue et les oreilles avec Sagard, Missiles et Astérie. S’avançant plus près du public à un piano à queue placé au parterre, il a joué dans l’intimité Je n’oublierai jamais, Au Nord de Maria et quelques autres chansons. Ça fonctionnait très bien, musicalement à tout de moins.

Visuellement, les choix de Boutin sont un peu ordinaires. Les sections et les mouvements de Bernhari entre son clavier et le piano fonctionnaient fort bien. Par contre, mettre un immense tulle pour ensuite projeter des images en format écran de télévision, c’est inutile. Cette manie de rajouter bêtement du cinéma là où c’est inutile gâchait le spectacle efficace que Bernhari et ses musiciens nous offraient. Le concept ne servait malheureusement pas les chansons, dommage.

Tu pensais que c’tait ça que c’tait mais…

Si vous aviez un doute sur la réussite de la bande de minces d’Alaclair Ensemble, je crois que la rue Ste-Catherine bondée de samedi soir devrait avoir dissipé le tout. La foule compacte connaissant les paroles des chansons par cœur et ont souvent uni leurs voix à celle du groupe qui est arrivé gonflé à bloc. Après Vlooper qui a fait une entrée en matière à la Vlooper, ce qui veut dire un peu brouillonne, mais quand même attendrissante, Alaclair est entré sur Space Jam des Quad City DJ’s pour former une pyramide. Ils ont ensuite lancé officiellement les hostilités avec Mon Cou. Pour ramener du Space Jam, à un moment Maybe Watson s’est écrié : « Voyez-vous la lumière? » Puis, il a invité la foule à laisser un espace au milieu. Sur I Believe I Can Fly, un Claude Bégin torse nu, portant des ailes d’anges a fait son chemin vers la scène. D’ailleurs, généralement effacé pendant les performances d’Alaclair, Bégin était en feu. Il a rappé, chanté et s’est fait aller le Bas-Canada un peu partout sur la scène.


 

Les surprises n’arrêtaient pas là! Maybe Watson et Ogden ont livré Baby Body de leur projet Rednext Level, Modlee était là pour compléter avec des chants efficaces et mélodieux. Le groupe nous a livré Coucou les coucous, Alaclair High, Sauce Pois, Mes gars shootent et quelques autres avant de nous achever avec Ça que c’tait qui a soufflé la foule.

Benoît Rousseau / Les FrancoFolies

Les plus vaillants ont continué la soirée au Shag, dans le Savoy du Métropolis. Oui, on avait un peu mal à la tête dimanche matin, mais encore un gros sourire accroché sur les lèvres.

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