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Critique : Weezer – Pacific Daydream

Depuis quelques années, la bande menée par Rivers Cuomo déçoit beaucoup plus qu’elle n’épate. L’an dernier, Weezer avait fait paraître un White Album correct, sans être vraiment intéressant, sur lequel la formation plongeait dans une esthétique pop californienne très Beach Boys. Deux ans auparavant, le groupe y allait d’un Everything Will Be Alright In The End somme toute assez ordinaire. Voilà que le quatuor récidivait récemment avec son 11e album en carrière intitulé Pacific Daydream.

La prémisse de départ ? Cuomo souhaitait présenter à ses admirateurs un album où le son léché et ensoleillé des Beach Boys (que voulez-vous, on ne s’en sort pas ?) irait à la rencontre d’un rock prolétaire à la The Clash. Ceux qui ont lu ma critique du dernier Foo Fighters savent à quelle enseigne je loge quant à ce genre de démarche ampoulée qui camoufle trop souvent une déficience majeure au niveau « songwriting »…

Pour réaliser ce nouvel album, Cuomo a fait appel à un réalisateur parfaitement « post-moderne » ( et ce n’est pas un compliment) en la personne de Brian Walker et, encore une fois, l’acolyte Jack Sinclair apporte une aide que je qualifierais de « quelconque » au travail chansonnier du meneur.

Comme vous pouvez vous en douter – si vous tenez compte du postulat de départ émis par Cuomo – les textes font référence à certaines « joies nostalgiques » qu’a vécues notre homme, le confinant ainsi dans une solitude quelque peu éprouvante, du moins pour lui. Musicalement, malgré cette réalisation parfaitement pop, parfaitement lustrée ainsi que les magnifiques harmonies vocales fortement inspirées par vous savez qui, c’est probablement la pire production de la carrière de Weezer.

Weezer est à son mieux lorsqu’il brasse la cage, tout en étant mélodiquement accrocheur, frayant ainsi avec la power pop des années 70. J’accepte la nouvelle idylle que le groupe entretient avec la pop californienne des années 60, mais sans la charge rock, j’ai l’impression de me retrouver dans un condo de pacotille de Fort Lauderdale plutôt que sur une magnifique plage de Venice. Sur Pacific Daydream, le groupe s’enfonce dans la pop grand public, paresseuse et sans substance.

Si je mets mes lunettes roses, je dois avouer que l’extrait Feels Like Summer est totalement vendeur, mais, chers lecteurs, expliquez-moi ce qu’il y a d’authentiquement « Weezer » dans ce disque. Je peux aisément accepter qu’un groupe emprunte un virage accessible, mais de là à y perdre son identité – dans ce cas-ci, le côté pop punk qui déménage – il y a une frontière que je ne franchirai pas. Weezer possède la liberté de faire ses propres choix, mercantilistes ou non. Pour ma part, je refuse de les suivre tout simplement.

Voilà un autre groupe rock qui souffre d’un irrémédiable déclin créatif. Aussi simple que ça.

Ma note: 3/10

Weezer
Pacific Daydream
Warner Music
34 minutes

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