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Neil Young + Promise Of The Land – The Monsanto Years

Neil YoungL’an dernier, Neil Young nous avait gratifiés d’un fort mauvais Storytone; une platitude sonnant comme une sirupeuse trame sonore d’un film de Disney assortie de quelques moments blues rock très ordinaires… c’est le moins qu’on puise dire. Cette semaine, le bonhomme est de retour (se faisant accompagner par les fils de Willie Nelson, Lukas et Micah, principaux géniteurs de la formation Promise Of The Land) avec une charge vitriolique contre Monsanto et autres corporations oppressives qui n’ont comme seul objectif le maximum de profitabilité, et ce, au détriment du bien commun… mais bon, ça ne semble pas déranger le bon citoyen individualiste vautré dans son confort… jusqu’à ce qu’un jour ce même confort disparaisse. Là, ça va hurler dans les chaumières, croyez-nous!

Mais revenons au principal sujet: l’album The Monsanto Years. On retrouve Young dans ses habituelles pantoufles folk rock brinquebalant et ce n’est pas le groupe Promise Of The Land qui y change quoi que ce soit. Comme d’habitude, il n’y a pas de réalisation et les textes vont droit au but sans grande subtilité. Tout repose donc sur la qualité des chansons. Et puis? Et puis bof! Sur ce trente-sixième album en carrière, Young ressasse la même recette éprouvée, mais sans l’énergie des salopards de Crazy Horse, ça demeure au ras des pâquerettes.

Il y a bien quelques morceaux, çà et là, qui sortent du lot, mais ce n’est pas assez pour éviter l’échec… et c’est dommage, car même si le propos (un peu lourd) est somme toute pertinent, il y a trop de ritournelles quelconques pour qu’on ait envie de porter une attention soutenue à ce The Monsanto Years. C’est quand le tandem Young/Promise Of The Land rock à fond la caisse que notre appréciation tire vers le haut. On pense à la très Crazy Horse titrée Big Box, au country rock abrasif Workin’ Man et à la lourdeur mélancolique évoquée sur Rules Of Change. Trois pièces qui captent réellement notre attention. On pourrait ajouter à cette liste Wolf Moon qui rappelle le folk des albums Harvest et Harvest Moon.

En contrepartie, on s’ennuie ferme quand Neil Young revient la formule rock/chorale des années 60 remémorant les publicités de Coca-Cola de l’époque. On fait référence à l’entrée en matière New Day For Love et People Want To Hear About Love. On comprend parfaitement la difficulté pour le vieux briscard de se renouveler après tant d’années au compteur. Néanmoins, on n’en démord pas, le vétéran est clairement au sommet de sa forme avec Crazy Horse.

Cela dit, on peut déblatérer tant qu’on veut contre Neil Young, mais on ne peut lui reprocher son indignation et son désir (bien malhabile) de changer les choses. On ne peut en dire autant d’un paquet de «vieux jeunes» de cette génération X frustrée, désabusée et impuissante, réfugiée dans l’individualisme crasse, conservateur à l’extrême, qui ont pris le devant de la scène au cours des quinze dernières années. Donc, même si musicalement c’est assez bancal, on salue bien bas la prise de parole du doyen… si maladroite qu’elle puisse être.

Ma note: 5/10

Neil Young + Promise Of The Land
The Monsanto Years
Reprise Records
51 minutes

http://www.neilyoung.com/monsanto/