Photay Archives - Le Canal Auditif

Critique : Photay – Onism

En 2014, un jeune producteur lançait un EP homonyme très réussi qui s’était hissé à la première position de mon top EP de l’année. Mais voilà que son premier album se faisait attendre. Voici qu’Evan Shornstein lance enfin sa première galette sous son pseudonyme de Photay. Le jeune homme habite maintenant Brooklyn et a maturé beaucoup depuis le premier maxi.

Onism est un mot inventé par John Kœnig et qui exprime la frustration d’être pris à l’intérieur d’un corps qui doit être à une place à la fois. N’avez-vous jamais rêvé que vous puissiez vous multiplier et qu’un de vos corps soit sur un autre continent? Moi, oui. Mais ce n’est pas ça le point. Photay exprime son intention derrière l’album. À la manière des documentaires des années 70 sur les espèces menacées qui mettaient de l’avant une musique jouée aux claviers comme trame, Photay veut utiliser sa musique pour marquer cette ère de changements climatiques. Les claviers deviennent des instruments de sensibilisation sur ceux-ci, sur notre place dans le monde, sur l’emprise des médias sociaux sur nos communications. Mais revenons à la musique.

Onism poursuit dans la même veine que le premier EP, mais avec beaucoup plus de moyens et d’ambitions. Shornstein a maturé musicalement et ça se reflète de magnifique manière dans sa musique. Inharmonious Slog reprend ce procédé très présent sur son album précédent. Il mélange les sons organiques, tels que le claquement de souliers à talons hauts et des parasites sonores. Il construit ensuite tranquillement sa trame avec un drum machine et un clavier aussi mélodieux qu’efficace. Il nous envahit avec sa chanson petit à petit et finit par prendre toute la place avec une énergie débordante. Screens, qui ouvre Onism, utilise plutôt des sonorités proches des cuivres synthétiques, des claquements de mains et quelques bruits organiques pour lancer le bal de manière très efficace.

Ce n’est pas toujours très rythmé chez Photay. Parfois, c’est méditatif comme l’aérienne et étrange Storm qui comme des éclairs va et vient. Elle gagne en ampleur, comme la tempête qui se charge elle-même avant de se déverser sur les passants. Photay explore aussi des contrées intéressantes avec Bombogenesis qui fait place à des sonorités d’instruments à cordes. La mélodie est épique, grande et belle. Evan Shornstein chante même sur Aura et se débrouille bien derrière le micro. On ne le sent pas totalement à l’aise, mais ça fonctionne. Il est rejoint par Elisa Coia sur celle-ci alors que Madison McFerrin chante à son tour sur Outré Lux d’une voix douce et velouté.

Onism est totalement réussi pour Photay qui allie les sons organiques aux synthétiques d’une main de maître. Ce jeune producteur talentueux est désormais un acteur important à surveiller sur la scène électronique. Je parie que vous entendrez beaucoup parler de lui dans les prochains mois.

Ma note: 8,5/10

Photay
Onism
Astro Nautico
48 minutes

https://photay.bandcamp.com/

Les 10 albums à surveiller en août 2017

Dead Cross – Dead Cross (4 août)

Dead Cross est un nouveau groupe de punk hardcore à apparaître sur la scène californienne. La formation est composée de membres qui ont tous fait leurs preuves auparavant : Mike Patton (Faith No More et Fantômas), Mike Crain (Retox), Justin Pearson (Retox et Head Wound City) et Dave Lombardo (ex-Slayer et Fantômas). Patton est toujours aussi excentrique et ses maniérismes vocaux collent à merveille à la musique brutale du groupe.


 
 

Oneohtrix Point Never – Good Times OST (11 août)

Le musicien Danien Lopatin lancera à la mi-août la trame sonore du film Good Times, un drame judiciaire réalisé par Ben et Josh Safdie et qui a été sélectionné pour la compétition officielle de la Palme d’Or à Cannes. D’ailleurs, Oneohtrix Point Never a remporté le prix de la meilleure trame sonore de film pour celui-ci lors du festival. En attendant le reste de l’album, vous pouvez vous remplir les oreilles de la touchante et émouvante The Pure and the Damned sur laquelle chante Iggy Pop.


 
 

Photay – Onism (11 août)

Photay est le nom de scène d’Evan Shornstein. Ce jeune compositeur de musique avait fait tout un tabac avec son premier EP en 2014. Voici qu’il lancera un premier album en bonne et due forme, le 11 août prochain. Si l’on se fie aux simples parus à ce jour, le jeune homme réussi toujours à naviguer dans les eaux de l’électronique d’avant-garde tout en y insérant un minimum de mélodie. C’est très convaincant.


 
 

Cloakroom – Time Well (18 août)

Cloakroom est un groupe à la mélancolie pesante qui avait fait paraître le très appréciable Further Out en 2015. Voici qu’ils reviennent avec Time Well qui semble se poursuivre dans la même veine de tristesse distorsionnée. Seedless Star exulte ce son qui se se rapproche des chansons plus douces de Deftones et celles des groupes emo des années 90 comme Sunny Day Real Estate et Pedro The Lion.


 
 

Grizzly Bear – Painted Ruins (18 août)

Le groupe américain Grizzly Bear s’apprête à lancer son 5e album, Painted Ruins, en août. Ceux qui avaient très bien fait sur Shields sauront-ils offrir un autre album d’aussi grande qualité? Quatre simples sont apparus sur le net dans les deux derniers mois et à date, on peut dire que c’est très satisfaisant pour les tympans. Leurs mélodies vocales sont toujours aussi riches, leurs trames originales et leur son nuancés.


 
 

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Les 3 étoiles du 14 juillet 2017

Photay – Aura

Il y a quelques années, LP Labrèche était tombé sur l’EP d’un certain Photay qui en était à ses premières armes. Il avait été impressionné par le talent du jeune homme de l’état de New York. Voici que Photay fera enfin paraître un album complet. Onism sortira le 11 août. En attendant, vous pouvez vous familiariser avec les compositions électros audacieuses du jeune homme grâce au simple Aura.


 
 

Le Matos – La Mer des possibilités

Le duo québécois Le Matos fait paraître un clip pour la chanson La Mer des possibilités. Préparez-vous à visiter Hong-Kong comme jamais auparavant. Dans ce clip, nous suivons deux jeunes hommes à travers les restes désertiques d’endroits qui ont été laissés à la décrépitude. Les images sont marquantes et magnifiques. Le mélange de celles-ci et de la musique rythmée du groupe donne un alliage solide qui crée une certaine tension à l’écoute.


 
 

Mount Kimbie – Blue Train Lines (ft. King Krule)

Souvent les bonnes nouvelles arrivent à plusieurs. Nous sommes ici en présence de ce phénomène extraordinaire qui résulte par nos oreilles qui se font chouchouter. Mount Kimbie a annoncé cette semaine son nouvel album à paraître le 8 septembre prochain. En plus, la formation anglaise nous envoie un premier simple qui compte sur l’apport de King Krule et sa voix unique. C’est déjà en soi une raison suffisante d’attendre la date avec impatience.