Philippe Brault Archives - Le Canal Auditif

FME 2017: Jour 2

Encore une fois, le FME nous en fait voir de toutes les couleurs. Résumé de la deuxième journée d’activités musicales où la bière coule à flots.

Beach party et émotions fortes

Mon vendredi a commencé avec le classique BBQ de la maison de disque Bonsound. Cette année, c’est Duchess Says qui était responsable de nous dégraisser les oreilles pendant qu’on s’enfilait des hot-dogs et des épis de maïs. La formation montréalaise reconnue pour ses prestations endiablées n’est pas habituée de jouer à la lueur du jour. Encore moins autour d’une piscine quand le mercure affiche un peu moins de 15 degrés. On s’attendait à ce qu’Annie-Claude Deschênes finisse dans la piscine (d’ailleurs, même l’un de membres de l’équipe lui a demandé d’au moins ne pas plonger avec le micro), mais ce n’est pas arrivé. C’était un peu trop frette. Mais ça n’a pas empêché le quatuor d’offrir un peu plus d’une demi-heure de spectacle et Deschênes se promenait allègrement à travers les spectateurs réunis. Elle est impressionnante sur une scène, à trois pouces de ton visage, c’est carrément intimidant.

FME / Thomas Dufresne

En après-midi, je me suis rendu à la salle des Chevaliers de Colomb pour voir un petit gars de la place se faire aller la guitare. Louis-Philippe Gingras était visiblement ému de jouer pour sa famille et ses amis. En plus, le musicien a fait partie de l’équipe de montage du festival. Parce que le FME, c’est avant tout une affaire de famille. Il a livré les chansons de son dernier EP, La rangée des popsicles, dont la touchante Sutton et quelques chansons de son album Troisième Rangée. Il a démarré avec Tigre Géant et nous a aussi livré Parc à Chien qu’il avait chanté la veille avec La Bronze. Pendant Rahan, il a incité les gens à faire un mosh pit et comme la foule semblait frileuse à l’idée de se cogner les coudes, il est descendu lui-même dans le public. Sa tactique a fonctionné au point où le tout s’est terminé en Wall of Death. Je ne m’attendais pas à en voir avant la soirée métal… beau travail.

L’alliance du FME avec le Pow-Wow de Pikogan donne aussi des scènes pitoresques comme la suivante en surprise sur la rue Murdoch.

FME / Louis Jalbert

Il n’est pas le seul qui avait l’émotion dans la voix. Jason Bajada lançait Loveshit II (Blondie & the Backstabberz) en direct du Cabaret de la dernière chance. Accompagné de Philippe Brault, Sam Joly et Guillaume Doiron, il a livré les chansons du disque avec beaucoup de chaleur dans la voix et une fragilité authentique et palpable. Il nous a aussi expliqué que l’album est né d’une rupture qui a mal tourné après que « son ex-copine psychopathe lui ait annoncé qu’elle l’avait trompé. » Il a interprété Final Breath, In What World Do You Savages Live Where You Thought I’d Be Cool?, Little Yellow Heart, Let’s Go to the Airport et Painkiller. C’était très réussi et ce lancement a certainement charmé plusieurs spectateurs.

Rock et dissonance

La suite de ma soirée s’est déroulée coulée dans le rock… mettons. Tout d’abord, c’est le jeune quatuor de Zen Bamboo qui officiait au Théâtre du Vieux-Noranda. Ils étaient en forme et se sont fait aller la distorsion et les pas de danse. Ils ont même joué quelques chansons avec Tommy qui a remplacé tour à tour le chanteur et le guitariste suite à des clavicules brisées dans les derniers mois. C’est dangereux dans Zen Bamboo, faut avoir un bon régime d’assurance. Leurs chansons sont bien rendues sur scène et le groupe déborde d’énergie. Ils font un peu des sparages pour masquer certaines faiblesses dans leur composition par contre. Certains moments plus ordinaires sont masqués par des sauts, des cris et des dandinements surfaits. Mais bon, on leur pardonne volontiers, ils en sont encore à leurs premiers pas.

FME / Thomas Dufresne

J’ai réussi à attraper les deux ou trois dernières chansons de Julien Sagot qui avait Frannie Holder (Random Recipe, Dear Criminals) à ses côtés pour l’occasion. C’était pas mal bon et je m’en veux d’avoir manqué le spectacle au complet.

FME / Louis Jalbert

Je me suis rattrapé en allant voir A Place To Bury Strangers qui visitait Rouyn-Noranda pour la première fois de leur carrière. Le groupe possède une réputation en spectacle et ils n’ont pas fait mentir la rumeur. Non seulement le jeu d’éclairage est magnifique avec des spots éclairants par-derrière, ce qui laisse le groupe dans une semi-pénombre constante, mais ils débordent d’énergie. On a eu droit à une guitare fracassée dès le début du spectacle. Et ça ne s’est pas calmé par la suite. Pour la dernière pièce, le saxophoniste de Sun Watchers, Jeff Tobias, et le chanteur/joueur de sitar d’Elephant Stone Rishi Dhir ont rejoint le groupe pour un jam mémorable.

FME / Thomas Dufresne

Critique: Jason Bajada – Loveshit II (Blondie & the Backstabberz)

« Never had my heart this broken. In what world do you live where I don’t kill myself? »

J’ai connu Jason Bajada avec son tout premier album Loveshit paru en 2009. Sa chanson Cut, Watch, Leave m’a transpercé, émue aux larmes. Je le suis dans ses démarches artistiques depuis. Avec son nouvel album Loveshit II (Blondie & the Backstabberz), Bajada reprend relativement les mêmes thématiques. Il aborde amour déchu, trahison, déchéance, mais les rythmes de ses chansons réussissent toujours à donner une tout autre allure aux chansons. On oublie presque les paroles mélancoliques grâce au son rock enjoué et à sa guitare mélodieuse. Sa ballade Believe In Cake est tout simplement adorable même si les paroles sont crève-cœur. In what world do you savages live where you thought I’d be cool? raconte l’histoire d’une séparation et d’un coup de poignard dans le dos. Il faut dire que Jason Bajada se nourrit beaucoup de sa vie amoureuse et de ses échecs pour composer ses chansons…

Pour ce nouvel opus, Bajada a fait appel au réalisateur Philippe Brault (Pierre Lapointe/ Random Recipe/ Patrice Michaud). Jason est très généreux de sa personne et de son talent puisqu’il nous offre 20 chansons. Oui, oui, un album double! J’avais pu entendre quelques-unes de ses chansons à l’avance puisqu’il offre parfois des prestations en direct acoustiques sur Facebook. Il accepte les demandes spéciales et nous enveloppe le cœur avec sa guitare et sa voix.

Et bien, mon cher Jason, nous sommes très heureux de t’ouvrir les bras pour te faire un espace dans notre cœur et te réchauffer un peu comme tu sais si bien le faire avec tes chansons vraies et touchantes. Je te souhaite du bonheur et un amour qui te fera écrire d’autres chansons, mais avec le sourire aux lèvres au lieu d’un couteau dans le dos.

Mais en même temps… ça fait de si bons albums!

Ma note: 7,5/10

Jason Bajada
Loveshit II (Blondie & the Backstabberz)
Audiogram
74 minutes

Site Web

La Fête Nationale à Laval : encore une soirée réussie

Voilà quelques années que le spectacle à grand déploiement le plus intéressant se tient à… Laval. Ben oui, dans le Centre de la Nature défile les vedettes indépendantes, les artistes undergrounds et quelques chanteurs ainsi que chanteuses pop établis et de la relève. Le tout donne un spectacle varié et éclectique, mais toujours très rassembleur.

Des grosses pointures indépendantes

Si vous suivez le moindrement la carrière de Louis-Jean Cormier, vous savez qu’il est un grand amoureux de la nation québécoise. J’imagine qu’il n’a pas été trop difficile à convaincre lorsqu’on lui a offert un des rôles prépondérants avec ses amies Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt. Le trio dynamique a rocké dès les débuts avec St-Michel de Cormier, Debout de Moffatt et Rien à faire d’Arthur. Philippe Brach était aussi de la fête et nous a chanté Crystel pour enchaîner avec une version convaincante de Julie des Colocs. Les minces d’Alaclair Ensemble étaient aussi à Laval avec un Medley efficace qui compostait ses chansons en commençant par Mon Cou. Évidemment, ils ont joué la populaire Ça que c’tait devant une nombreuse foule. Finalement, c’est Valaire qui a fait aller sa magie pendant que le ciel s’illuminait de mille feux d’artifice.

Des classiques qui sont toujours aussi efficaces

Il faut se souvenir que Marie Carmen a vendu 750 000 disques à l’époque… c’est énorme! Tous ces albums qui se sont retrouvés dans les chaumières québécoises ont marqué une génération de jeunes et hier soir, tout le monde chantait haut et fort L’aigle noir et Entre l’ombre et la lumière. Oui, oui, les cyniques trouveront des moyens de tourner au ridicule ce moment de communion à Laval, mais c’était tout simplement beau. Marie-Michèle Desrosiers était aussi à Laval pour chanter des classiques de Beau Dommage dont Dimanche au soir à Châteauguay et J’ai oublié le jour. L’increvable Nanette Workman a aussi fait vibrer la foule avec sa voix ronde. On a aussi assisté à un moment touchant lorsqu’Ariane Moffatt s’est assise au piano avec Clémence Desrochers pour revisiter ses textes.

À tous ces artistes se sont greffés Alexe Gaudreault et Matt Holubowski qui ont aussi bien livré les pièces de leurs albums respectifs. Les petits chanteurs de Laval ont appuyé plusieurs des artistes dans leur prestation tout comme un groupe de musicien aguerri parmi lesquels on comptait José Major, Philippe Brault et Alex McMahon. Marc Béland, Queen Ka et Émilie Monnet ont livré un discours patriotique enflammé.

Bref, c’est une autre édition de la Fête Nationale qui devient rapidement l’événement à ne pas manquer le 24 juin. On se revoit en 2018!

4 premiers spectacles pour Coup de Coeur Francophone 2017

On a déjà 4 concerts de dévoilés et on est déjà excités!

1 – Keith Kouna

Keith Kouna débarque au Club Soda le 2 novembre pour ouvrir cette nouvelle édition. On sait qu’un nouvel album est en chemin alors, il n’y a pas de raisons de bouder son plaisir.


 

2- Alaclair Ensemble / Columbine

Les minces d’Amérique du noir sont un peu partout cet été! On vient tout juste de les voir aux FrancoFolies. Ils seront à la SAT le 10 novembre avec le groupe français Columbine. On ne les connaît pas encore, mais on entend que des bons mots du duo rennais!


 

3- Paupière / Juniore

Les premiers lanceront un premier album à la fin septembre. Voilà une des sorties qui est déjà attendue impatiemment par plusieurs mélomanes. Les deuxièmes font un genre yéyé noir assez intéressant et font jaser d’eux sur la scène européenne depuis quelque temps.


 

4- Corps amour anarchie

Ce spectacle hommage à Léo Ferré présenté pour la première fois en 2016 est repris cette année. Il met en vedette Bïa, Philippe B, Alexandre Désilets, Michel Faubert et Catherine Major appuyés par des arrangements réfléchis et conceptualisés par Philippe B et Philippe Brault (oui les deux qui sont constamment mélangés… rien pour aider les journalistes.) En plus de ces musiciens talentueux, des danseurs s’exécutent sur scène dans des chorégraphies d’Hélène Blackburn, Emmanuel Jouthe, Anne Plamondon, David Rancourt et Pierre-Paul Savoie.


 

http://www.coupdecoeur.ca/

Les 3 étoiles du 19 mai 2017

Jason Bajada – Blondie

Jason Bajada a lancé des albums dans la langue Molière dans les dernières années, mais voici qu’il retourne à celle de Shakespeare. Blondie est le premier extrait d’un album nommé Loveshit II — Blondie & The Backstabberz qui paraîtra à l’automne. Avec ses grosses influences mélodiques des Beatles, la chanson offre une couleur intéressante avec ses claviers plus bonbons que de la bubblegum ainsi que ses percussions très présentes et dynamiques. Ça fonctionne très bien.

Vince Staples – Big Fish

Une très bonne nouvelle qu’on vient tout juste d’apprendre, Vince Staples va nous gracier de la suite à l’excellent Summertime ’06 le 23 juin prochain : The Big Fish Theory. Oui, tu vas pouvoir fêter ta Saint-Jean en écoutant du gros rap américain. Rien de moins. Ou attendre le 25. Ou alterner. Les options sont là. En attendant, tu peux te faire plaisir avec Big Fish qui est l’une des chansons les plus accrocheuses que Staples a faites depuis le début de sa carrière.

Flying Lotus – Night Grows Pale

Flying Lotus a aussi lancé une nouvelle chanson, ma foi, surprenante. Il échantillonne Queen pour cette chanson au rythme intoxicant, à la production intéressante et à la mélodie complètement délicieuse. On se fait emporter par Freddy Mercury qui nous tire vers les cieux avec ses paroles : « The Night Grows Pale » tirées de la chanson White Queen (As It Began). Encore une fois, Flying Lotus réussit à faire de la magie.