Philippe B Archives - Le Canal Auditif

4 premiers spectacles pour Coup de Coeur Francophone 2017

On a déjà 4 concerts de dévoilés et on est déjà excités!

1 – Keith Kouna

Keith Kouna débarque au Club Soda le 2 novembre pour ouvrir cette nouvelle édition. On sait qu’un nouvel album est en chemin alors, il n’y a pas de raisons de bouder son plaisir.


 

2- Alaclair Ensemble / Columbine

Les minces d’Amérique du noir sont un peu partout cet été! On vient tout juste de les voir aux FrancoFolies. Ils seront à la SAT le 10 novembre avec le groupe français Columbine. On ne les connaît pas encore, mais on entend que des bons mots du duo rennais!


 

3- Paupière / Juniore

Les premiers lanceront un premier album à la fin septembre. Voilà une des sorties qui est déjà attendue impatiemment par plusieurs mélomanes. Les deuxièmes font un genre yéyé noir assez intéressant et font jaser d’eux sur la scène européenne depuis quelque temps.


 

4- Corps amour anarchie

Ce spectacle hommage à Léo Ferré présenté pour la première fois en 2016 est repris cette année. Il met en vedette Bïa, Philippe B, Alexandre Désilets, Michel Faubert et Catherine Major appuyés par des arrangements réfléchis et conceptualisés par Philippe B et Philippe Brault (oui les deux qui sont constamment mélangés… rien pour aider les journalistes.) En plus de ces musiciens talentueux, des danseurs s’exécutent sur scène dans des chorégraphies d’Hélène Blackburn, Emmanuel Jouthe, Anne Plamondon, David Rancourt et Pierre-Paul Savoie.


 

http://www.coupdecoeur.ca/

La longue liste du prix Polaris 2017

Voilà, c’est fait, on sait maintenant qui sont en nominations dans la longue liste du prix Polaris. On dénote qu’on retrouve 7 albums francophones en nomination : Alaclair Ensemble, Philippe B, Chocolat, Antoine Corriveau, Le Couleur, Klô Plegag et Peter Peter. S’ajoutent à cela d’autres Québécois qui chantent dans la langue de Shakespeare : Leif Vollebekk, feu Leonard Cohen, Geoffroy et Lisa Leblanc (qui habite à Montréal depuis quelques années même si elle est acadienne). Et finalement, Marie Davidson qui trempe dans les deux langues, mais fait surtout de la musique instrumentale électronique très intéressante.

Pour la suite des choses, le 13 juillet prochain sera annoncée la courte liste. Puis, le 18 septembre prochain aura lieu le gala à Toronto. Voici la liste complète des sélectionnées :

A Tribe Called Red – We Are The Halluci Nation
Alaclair Ensemble – Les Frères Cueilleurs
Anciients – Voice of the Void
Arkells – Morning Report
Philippe B – La grande nuit vidéo
BADBADNOTGOOD – IV
Louise Burns – Young Mopes
Chocolat – Rencontrer Looloo
Clairmont The Second – Quest For Milk and Honey
Leonard Cohen – You Want It Darker
Antoine Corriveau – Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter
Le Couleur – P.O.P.
Marie Davidson – Adieux Au Dancefloor
Mac Demarco – This Old Dog
Gord Downie – Secret Path
Drake – More Life
Feist – Pleasure
Figure Walking – The Big Other
Fiver – Audible Songs From Rockwood
Geoffroy – Coastline
Hannah Georgas – For Evelyn
Japandroids – Near To The Wild Heart Of Life
Carly Rae Jepsen – E.MO.TION Side B
B.A. Johnston – Gremlins III
Lisa LeBlanc – Why You Wanna Leave, Runaway Queen?
The New Pornographers – Whiteout Conditions
Klô Pelgag – L’Étoile thoracique
Peter Peter – Noir Éden
Lido Pimienta – La Papessa
Jessie Reyez – Kiddo
Daniel Romano – Modern Pressure
The Sadies – Northern Passages
John K. Samson – Winter Wheat
Tanya Tagaq – Retribution
The Tragically Hip – Man Machine Poem
TUNS – TUNS
Leif Vollebekk – Twin Solitude
Weaves – Weaves
The Weeknd – Starboy
Charlotte Day Wilson – CDW

http://polarismusicprize.ca/fr/

La programmation du FMEAT 2017 : Premières annonces

C’est un de nos moments préférés de l’année! C’est le moment où on a une première idée des groupes que nous aurons la chance de voir au FMEAT à la fête du Travail. Avertissement, c’est très cool.

Vous avez dit R.E.D. ?

Le FMEAT va nous achever dès les débuts. A Tribe Called Red sera là pour le spectacle de la rentrée et partagera la scène avec Pierre Kwenders et La Bronze. Ça vaut déjà les 7 heures de char. Et pour la clôture? Eh bien, les artistes ayant participé à l’hommage à Richard Desjardins seront sur scène. Le tout dans la terre natale du poète-musicien. Un autre nom venu du Canada s’ajoute à la liste des spectacles à ne pas manquer, celui d’Andy Shauf qui nous a graciés de l’excellent The Party l’an dernier, finaliste au prix Polaris.

On pourra aussi voir des artistes qui ont fait paraître de très bons albums depuis le début de l’année. Philippe B présentera les chansons de sa Grande nuit vidéo alors que Canailles viendra faire des Backflips à Rouyn-Noranda. Pour sa part, Distorsion Psych Fest fera une collaboration avec le FMEAT pour présenter Atsuko Chiba, Paul Jacobs et Sunwatchers. L’Afrikana Soul Sister de JF Lemieux (Daniel Bélanger, Cargo Culte) y sera aussi tout comme Ludovic Alarie, Sarah Toussaint-Léveillé, Geoffroy et FUUDGE!

Des collaborations qu’on applaudit

Le FMEAT en collaboration avec le Pow Wow de Pikogan va présenter un spectacle de musique et d’arts amérindiens sur les berges du lac Osisko. Fruit d’une année de création et de rencontres, ce projet a pour objectif de faciliter les rapprochements entre les différents habitants du territoire abitibien. Une démarche qu’on applaudit bien bas. Une collaboration intrigante et bien intéressante.

Bon, nous devons nous rendre à l’évidence, ce n’est pas cette année que nous bouderons notre plaisir. Rouyn-Noranda, prépare-toi, on arrive… ben en septembre là.

http://www.fmeat.org/

Critique : Philippe B – La grande nuit vidéo

Trois ans après le célébré Ornithologie, la nuit, Philippe B nous présente cette semaine La grande nuit vidéo. Un cinquième album solo qui pige dans le langage et l’imaginaire du cinéma, la pop américaine des années 70, les soirées « Netflix and chill » en couple et surtout l’essai L’Espèce fabulatrice de la romancière albertaine Nancy Huston, dont est tiré le thème principal de ce nouvel album : notre rapport à la fiction à travers le prisme du couple au quotidien. D’où vient cette projection fictive qui, par exemple, pousse des amoureux à se blottir sous les couvertes pour… regarder d’autres couples s’entredéchirer dans leurs fictions préférées? Que peut-on apprendre sur nos relations par la fiction que l’on consomme?

C’est le genre de réflexion que nous propose monsieur B au fil de cette grande nuit vidéo. Un panorama sans complaisance des départs incertains, grands vertiges et petits doutes propres à l’amour-brasier qui s’est transformé, fonction du temps, en nouvel épisode « qu’on fera jouer demain ».

Musicalement, l’artiste se tient généralement dans ses terres, le texte bien à l’avant-plan, campé sur cette voix de raconteur, toute en proximité, qui fait l’essentiel du travail mélodique. Les épisodes sont, le plus souvent, bien dépouillés : il s’y présente souvent seul, guitare ou piano sous les doigts. L’affaire est toujours intime, une tradition chez lui, mais s’ajouteront ici et là jusqu’à seize musiciens aux cordes dans des élans orchestraux qui campent aussi bien l’interlude que l’épilogue (Le Monstre du lac Témiscamingue, Les disparus).

L’addition la plus lumineuse de ce nouvel effort, cependant, est celle de Laurence Lafond-Beaulne, du duo Milk & Bone. Curieusement, malgré la longue feuille de route menant à ce cinquième album, voici les trois premières collaborations chantées en bonne et due forme pour Philippe B – un arrimage que l’on souhaite bien voir se reproduire. La chimie est irrésistible et donne lieu à quelques-uns des meilleurs moments de l’album, dont Sortie/Exit et Rouge-gorge, cette dernière déjà immortalisée par un sublime vidéo signé Raphaël Ouellet. À voir et à entendre!

Coup de cœur également pour la belle sensibilité folk sur Interurbain, sorte de lettre envoyée à cet ami d’enfance qui passe ses jours sur le « lac au Témis », alors que l’auteur « trouve l’amour… à taverne Chez Baptiste ». Bien des plumes marient le mal du pays et la bonhomie de feu de camp en tombant dans le ringard. C’est justement le grand talent de Philippe B de savoir parler de l’anecdotique en le rendant familier, en surlignant dans nos épisodes quotidiens cette chaleur qu’on prend trop rapidement pour acquise.

Dans cet exercice de réflexion sur la fiction et le couple, c’est la maturité et le bon angle de réflexion qui font de La grande nuit vidéo une œuvre particulièrement réussie, et un des meilleurs albums de chanson parut au Québec cette année. L’amour dans sa mécanique quotidienne, brutalement ordinaire, est un sujet trop souvent mal abordé, guetté par le piège de la nostalgie teintée sépia qui tourne à vide. Un piège qu’évite avec brio Philippe B, qui encore une fois démontre l’étoffe de ces grandes plumes qui savent captiver, trouver l’image qui fait mouche. Dans son cas, la recette est fort simple : sincérité, intelligence, et cette touchante vulnérabilité du gars, tout nu, qui cherche ses lunettes.

Coups de cœur : Sortie/Exit, Rouge-gorge, Interurbain, La grande nuit vidéo

Ma note: 8,5/10

Philippe B
La grande nuit vidéo
Bonsound
41 minutes

http://www.philippeb.ca/

Critique : Desjardins (album)

Richard Desjardins est l’un des artistes les plus pertinents, poétiques et forts que le Québec ait connu dans les derniers 50 ans. Un auteur-compositeur-interprète qu’on place dans une catégorie sélecte qui compte de très rares membres dont on pourrait nommer André « Dédé » Fortin. S’attaquer aux chansons de Desjardins, c’est s’attaquer à un monument. Et pour se frotter à des monuments, il faut avoir la couenne solide et surtout, il faut avoir de quoi à dire artistiquement avec les chansons.

Desjardins propose onze nouvelles versions de chansons interprétées par une belle brochette d’artiste. Certains nous offrent des relectures qui méritent de faire le détour. À l’opposé, on se rend compte aussi que du Desjardins, ça ne se chante pas n’importe comment. La charge émotive que l’homme engagé sait injecter à un texte n’est pas anodine ni facile à réinterpréter.

Commençons par les bons coups, parce qu’il y en a des très réussis. L’album s’ouvre sur Avec pas d’casque qui reprend Au pays des calottes avec une bonne dose de joual, de mélancolie et de beauté. L’esthétique country-folk de la formation se colle à merveille au texte qui traduit le mal d’être d’un homme qui ne sent pas qu’il appartient à un milieu. On peut en dire autant de Bernard Adamus qui harnachent Les mammifères. La voix rêche et crue du grand Montréalais qui en a vu d’autres est un véhicule parfait pour la poésie pas polie de Desjardins. Mais de toutes les nouvelles interprétations qu’on nous propose, c’est celle de Klô Pelgag et Philippe Brach qui ressort du lot. Le duo rend Les Yankees avec tout ce qu’il faut de sensibilité et d’intelligence pour traduire la réalité des envahis. Qu’ils soient Mexicains, Troyens, Nigériens ou Québécois. Une version alternative avec une instrumentation intelligente qui prend de plus en plus d’ampleur. Le duo Brach et Pelgag est magnifique, tout simplement.

«Et tout ce monde sous la toile
qui dort dans la profondeur:
« Réveillez-vous!
V’là les Yankees, v’là les Yankees
Easy come, Wisigoths,
V’là les Gringos!»
– Les Yankees

Keith Kouna se débrouille aussi avec Jenny tout comme Koriass qui offre une version rappé de M’as mettre un homme là-dessus. Le problème, c’est que certaines pièces passent carrément à côté de la track. En tête de file, Va-t’en pas interprétée par Safia Nolin. Ce n’est pas un manque de travail de la jeune femme, mais son style languissant et mélancolique fait perdre toute puissance à ce texte. C’est une déchirure interne, un appel à l’aide, un ultime essai pour garder un être cher près de soi alors qu’il cherche à se sauver. La charge émotionnelle n’est pas calme ou nostalgique. Elle est dynamique, nerveuse et perdue dans l’urgence. Après tout, le protagoniste trouve tout ce qu’il peut pour garder son interlocuteur à la maison :

«Va-t’en pas
Dehors y a des orgies d’ennui
Jusqu’au fond des batteries
Va-t’en pas
Dehors j’ai vu un ciel si dur
Que tombaient les oiseaux»
– Va-t’en pas

Malgré leurs bonnes intentions, c’est idem pour Philippe B, Les Sœurs Boulay et Émile Bilodeau qui manquent tous d’un peu de charges émotives. C’est trop gentil, poli et mélodieux pour bien faire entendre ce qui se cache dans les textes de Desjardins. Au moins, Saratoga se débrouille vraiment très bien avec la douce Quand j’aime une fois j’aime pour toujours. Heureusement, personne n’a osé se frotter à …et j’ai couché dans mon char.

Ce n’est vraiment pas facile de s’attaquer à la poésie de Desjardins. Cet album hommage fait parfois mouche, mais passe aussi à côté de la charge émotionnelle qui habite l’œuvre de ce monument. Pis Desjardins, serait sûrement en sacrament qu’on parle de lui en tant que monument, parce que les statues, c’est bon pour les morts pis lui est encore bien vivant.

Ma note: 6/10

Artistes variés
Desjardins
117 Records
51 minutes

http://www.117records.ca/