Peter Peter Archives - Le Canal Auditif

La programmation du Festif! 2017

Comme à chaque année, le Festif! accueillera les festivaliers vers la fin juillet, du 20 au 23 pour être plus précis. Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec celui-ci, le Festif! est un événement qui met de l’avant la musique émergente et indépendante, un peu à la manière du FMEAT, en mélangeant les artistes établis à ceux qui sont plus verts. Cette année, la programmation est encore une fois de calibre. À 50 minutes de Québec, le festival a lieu dans la ville de Baie St-Paul, petit joyau de Charlevoix.

Quelques noms établis valent le détour cette année, dont une soirée où Bernard Adamus, Lisa Leblanc et Daniel Bélanger s’enchaînent. Tout cela se passera en extérieur sur la scène Desjardins qui accueillera aussi Caravan Palace, Xavier Rudd, Plants and Animals, Valaire, Laura Sauvage ainsi que les deux gagnants des Cabarets Festifs! de la relève : Miss Sassoeur & les Sassys et Émile Gruff. Parmi les autres artistes établis qui fouleront le sol de Baie St-Paul, on compte Martha Wainwright, Louis-Jean Cormier en solo, Xavier Caféïne qui fête les 10 ans de Gisèle et Groovy Aardvark.

Certains artistes qui viennent de lancer ou qui lanceront prochainement un album seront de la partie. Leif Vollebekk, Timber Timbre, Beyries et Peter Peter amèneront leurs nouvelles ritournelles sur la route de Charlevoix. Philippe B est de ceux qui lanceront un album peu de temps avant l’événement estival. Quelques valeurs sûres feront plaisir aux mélomanes : la voix grave d’Antoine Corriveau, la pop déjantée et orchestrale de Klô Pelgag, la disco intoxicante de Le Couleur, les rockeurs de Chocolat, les capables des Dales Hawerchuck, le sympathique Karim Ouellet et les lourds de chez Voïvod.

Le hip-hop ne sera pas en reste, les minces peuvent se réjouir. Alaclair Ensemble, Rednext Level et KNLO seront tous de la fête cette année. On y ajoute les vétérans de Loco Locass et le retour-surprise de Bran Van 3000. Dans le volet étonnant, notons la présence de l’excellente formation torontoise Weaves et Yonatan Gat avec qui ça devrait déménager. Finalement, la relève obtient aussi sa part du gâteau. Le trio Paupière, Sarah Toussaint-Léveillée, Tintamarre, Chassepareil, De La Reine, Bad Dylan, Renard Blanc et Les Viandes Froides seront sur place.

Une édition 2017 assez affriolante pour le Festif! On s’y voit du 20 au 23 juillet prochain!

http://lefestif.ca/

Montréal en Lumière 2017 : Agnes Obel et Peter Peter

La 18e édition de Montréal en Lumière débutait en février dernier, et ce, jusqu’à samedi. Et honnêtement, côté musique, il y avait du bon. Une programmation assez riche, éclectique et réconfortante (bon, je ne dirai pas tout le temps des termes de Josée Di Stasio ici, mais là, ça vaut le coup). Après avoir scruté l’horaire des artistes, il était impossible pour moi de ne pas aller aux spectacles d’Agnes Obel et de Peter Peter. Deux artistes que je respecte énormément et qui ont été symboliques pour moi. En voici les analyses respectives de leurs spectacles donnés dans le cadre du festival.

Après avoir fait plusieurs spectacles au Gesù et à l’Olympia dans le passé, la Danoise Agnes Obel nous revenait dans un Théâtre Maisonneuve (archi) complet par un public venant de différentes générations pour y présenter de nouvelles pièces issues de son nouveau disque Citizen of Glass, paru à l’automne dernier. Huit heures sonnent, l’auteure-compositrice-interprète s’avance sur scène en compagnie de quatre musiciens (dont certains étaient québécois). Elle présente les Red Virgin Soil, Dorian et Trojan Horses, en guise d’entrée. Le rendu musical était particulièrement impressionnant puisque l’Européenne joue avec les émotions des auditeurs. Chaque note jouée au piano, chaque note tirée au violoncelle donnait une ambiance rythmique, qui rejoignait celle du disque, à certains moments. Et à d’autres, la Danoise exprimait peut-être une sorte de suspension ou de silence entre les couplets, histoire de donner un second souffle aux pièces. Superbe.

La musique d’Obel touche. Il n’y a pas de secrets ici. Avec un clavier (le piano à queue ne pouvait pas se rendre jusqu’à Montréal… malheureusement), des violoncelles, des percussions et un violon, la table était mise pour une soirée hautement musicale. Mais la vraie beauté de l’œuvre de la Danoise est cachée derrière chacune de ses nuances. Si Obel joue fort, on est fâché avec elle, si Obel joue doux, on est nostalgique, calme ou apaisé avec elle. La preuve, elle a livré It’s Happening Again avec élégance et sincérité. Un moment très fort de la soirée.

Seul petit bémol, l’artiste s’est démontrée réservée ce soir-là. Nous la sentions probablement très nerveuse à l’idée de jouer devant une salle à guichets fermés. Elle s’est exprimée à quelques périodes dans la soirée. Par contre, on aurait aimé découvrir davantage des anecdotes sur son pays d’origine, sur la création de ses chansons. Mais bon, mettons ça sur le coup de la pression! Ce ne sera que partie remise pour les prochaines fois!

Et pour conclure cette couverture, j’ai fait un arrêt au Club Soda le 8 mars dernier, pour voir un de nos nombreux trésors locaux : Peter Peter qui lançait son album Noir Éden. En première partie, nous avons eu la visite du Français Julien Barbagallo (batteur de Tame Impala) qui avait la tâche de réchauffer la salle avant l’arrivée du prince de Jonquière. Avec une présence scénique efficace, Barbagallo a réussi à transmettre ses nouvelles chansons de son dernier album, Grand Chien, sorti en début mars, au public montréalais. De la pop française ensoleillée qui mérite de tracer son chemin ici, au Québec. Seul hic, on n’entendait pas tout à fait les paroles… certaines personnes dans le public prenaient ce début de soirée pour un 5 à 7 très (TROP) jasant… Les amis, dosez vos conversations en temps de spectacles. On n’est pas à une partie de chasse et pêches. Merci!

Ça y est. Les éclairages sont tamisés. Voilà que le prince de Jonquière, Peter Peter, se présente sur scène en compagnie de ses acolytes français : Mathias Fisch (batterie), Charlie Trimbur (synthétiseur) et Augustin Hauville (claviers). Il interprète Noir éden sous les cris de la foule. On se laisse bercer, on se laisse balancer d’un côté et de l’autre. Ce qu’on était heureux de le revoir ce Peter Peter, au Québec. Il enchaîne Nosferatu, No Man’s Land et Orchidée. La magie opère. Avec son timbre vocal si doux, le chanteur natif du Saguenay nous donne toute une performance scénique en y interprétant quelques mouvements dansés (qui rappelle Christine & The Queens). Ce qu’il est moderne ce Peter!

Un peu plus tard dans la soirée, le chanteur replonge dans ces précédents albums. Il a présenté Tergiverse, Mdma et Carrousel. La foule était tout ouïe. Elle y était encore plus avec Loving Game, Vénus, Bien réel et Une version améliorée de la tristesse. Tout le monde dans la salle participait et y allait à cœur joie. L’énergie était palpable. Une bonne paire d’applaudissements par-ci des sourires dans les visages par-là, le public répondait à l’appel. En fin de spectacle, Peter termine avec Pâle cristal bleu, une pièce touchante qui agissait comme une sorte de couverture chaude sur les épaules de chacun d’entre nous. Un peu plus… et l’on jurait voir des étoiles tomber du plafond. Moment scintillant, moment magnifique, moments qui faisaient du bien au cœur.

Peter Peter aura été extrêmement généreux, ce soir-là, en restant tel qu’il est. On le sentait, ça lui manquait de faire des spectacles au Québec. Il nous a même mentionné qu’il était très touché par ce chaleureux accueil qui soulignait son grand retour attendu. Et avec raison. On était si heureux de le retrouver… le petit gars de Jonquière qui perce… qui perce… et qui, avec Noir Éden, se taille une place dorée et de choix dans notre paysage musical. On peut en être très fier.

Merci pour tout Montréal en Lumière, on se dit à l’an prochain!

http://www.montrealenlumiere.com/

Critique : Peter Peter – Noir Éden

Rares sont les artistes québécois ayant réussi à créer une attente aussi grande pour un nouvel album. À la force des trois extraits sortis avant sa parution, le mélomane averti avait tout pour espérer une petite bombe indie pop. L’œuvre serait peut-être aussi bonne que son précédent et… peut-être même mieux. Rétablissons les faits.

Peter Peter, prometteur auteur-compositeur-interprète, fait paraître, à l’hiver 2011, un premier album folk rock. L’album homonyme paraît pour le compte d’Audiogram et est un peu brouillon. Puis, il tourne le Québec ainsi que la France avec ses chansons. Paraît ensuite un deuxième disque en août 2012. C’est un pas de géant intitulé Une version améliorée de la tristesse. Celui-ci est au diapason de ce qui se faisait en frais d’indie pop électronique à ce moment-là dans le monde. Ça illustrait l’amour pour que l’artiste porte aux claviers, entre sonorités des années 80, new wave et indie pop sophistiquée. Personne au Québec ne faisait de la pop aux sonorités électroniques comme Peter. À ce moment-là, il était dans une classe quasi à part. L’album fut révélé : album franco de l’année sur l’iTunes Store Canada, et paru dans plusieurs listes des meilleurs disques cette année-là. En plus, il fut sélectionné dans la longue liste du prix Polaris. L’album est lancé en France un an plus tard chez Arista France, qui craque pour la plume de Peter et voit en lui un bel avenir pour la chanson française. Le beau brun s’installe alors en France, dans le sud de la banlieue parisienne pour changer de cap, vivre autre chose, connaître l’amour et surtout, écrire un nouvel album.

Alors, il est comment ce nouvel opus? Très bien foutu, je vous dirai. Ce qui frappe le plus, c’est la confiance que Peter a gagnée de l’album numéro un à ce troisième opus. C’est évident, dès les premières notes chantées de Bien réel, qui ouvre merveilleusement bien l’album, une des meilleures chansons du répertoire de l’artiste. Avec son entrée ambiante et pulsative jusqu’à son envolée aux limites de la techno, on entre dans de nouveaux territoires, entre deux états, le réel et l’irréel. Peter s’amuse à brouiller les cartes, avec un texte imagé presque automatique, contemplatif, romantique et intimiste à souhait.

Sur les onze pièces de ce nouvel album (12 si l’on y inclut la pièce Fantôme de la nuit, un interlude de 32 secondes), l’artiste joue avec le format pop (couplet-refrain-couplet-bridge-refrain) en superposant les textures, en diversifiant le tempo. Il opte pour une prose imagée qui laisse l’auditeur contemplatif. Ça sonne new wave, avec des effluves de musique électronique ici et là. Tantôt, ça pourrait vous évoquer Indochine, d’autres fois Depeche Mode ou Étienne Daho. D’autres moments sont sortis tout droit du meilleur du catalogue pop des années 80 (Vénus, Nosferatu).

Ça paraît audacieux et gros comme ça, mais prenez par exemple Loving Game. La pièce, une commande que l’éditeur de Peter avait demandé pour lancer à l’équipe de Céline Dion (qui a été refusée, évidemment), est l’une des belles surprises de l’album. Avec son refrain en anglais et son chœur gospel, c’est un gros cliché américain qui prend des airs de clin d’œil plutôt que de pastiche. C’est fait avec intelligence et subtilité et juste assez d’ironie pour que ça fonctionne. La pièce titre, une ode à la solitude insomniaque, possède un chœur féminin chanté par la jeune Française Alice Vanor et est absolument divine. No Man’s Land, avec ses claviers dissonants, est très efficace, tandis que Pâle cristal bleu, qui clos l’album, est acoustique et douce. Elle pourrait être la sœur de la maintenant célèbre Tergiverse, parue sur son premier album.

Réalisé par Peter lui-même entre Montréal et Paris avec l’aide de Pierrick Devin, Pascal Shefteshy et Emmanuel Ethier (ces derniers avaient travaillé sur son précédent effort), Noir Éden est la suite logique et accomplie d’Une Version Améliorée de la Tristesse. Sans se dénaturer, Peter emmène son public ailleurs, entre variété française, électronica et indie pop-rock. Il se place, avec la parution de cet album, parmi les meilleurs artistes de sa génération, qu’ils s’appellent Feu! Chatterton, La Femme ou Jimmy Hunt.

Ma note: 8,5/10

Peter Peter
Noir Éden
Audiogram
46 minutes

10 albums à surveiller en février 2017

Le Trouble – Making Matters Worse (3 février)

Le groupe montréalais Le Trouble fait jaser de lui depuis quelque temps. Après un EP bien accueilli par la critique, ils accouchent enfin d’un premier album. Ses mélodies rock sont entraînantes et accrocheuses. Ce n’est pas sans rappeler les débuts de The Strokes, mais en plus indie-rock. How Was I To Know? est efficace et conquis aux premières écoutes.


 
 

Elbow – Little Fictions (3 février)

Elbow avait lancé le très appréciable The Take Off and Landing of Everything en mars 2014. Ce dernier avait conquis la critique avec ses textes imagés et bien écrits, ses orchestrations riches et ses airs convaincants. Magnificient (She Says) donne un avant-goût prometteur de la nouvelle galette. On y entend toujours de merveilleuses et riches orchestrations qui entourent la voix de Guy Garvey.


 
 

Mozart’s Sister – Field of Love (17 février)

La Montréalaise Mozart’s Sister avait fait belle figure avec son album Being paru en août 2014. Son électro-pop possède des penchants artistiques bien évidents et compte sur des mélodies atypiques, mais plaisantes pour les oreilles. On peut tracer des parallèles avec les premiers albums de Grimes bien qu’elle semble moins tentée par la pop grand public.


 
 

Tim Darcy – Saturday Night (17 février)

Le chanteur d’Ought caressait le désir de faire paraître des chansons en solo. Celles-ci sont plus légères et hop la vie que les exigeantes compositions engagées d’Ought. On y retrouve des mélodies assez convaincantes et des textes qui explorent les petites choses de la vie qui peuplent notre quotidien. À l’écoute des deux extraits parus à date, c’est assez entraînant et prometteur.


 
 

Beyries – Landing (24 février)

Beyries est une nouvelle venue sur la scène québécoise. La première fois que nous l’avons vu, c’est aux Quartiers d’Hiver l’an dernier. La Montréalaise offre une pop douce au piano et à la guitare qui est très souvent touchante rappelant vaguement Tori Amos. Les amateurs de bonne pop découvriront la jeune femme avec délectation au courant des prochaines semaines.

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