On a créé un monstre Archives - Le Canal Auditif

Les Francouvertes : Soirée #1

Ça y est! Nous étions conviés à cette première soirée des Francouvertes. Ce concours illumine chaque année la fin de l’hiver avec ses découvertes musicales de toutes sortes et ses soirées bien arrosées le lundi. En ce joyeux lundi de février, nous étions conviés à nous frotter à trois artistes bien différents : Mélanie Venditti, Shawn Jobin et Antoine Lachance. Mais avant que nous nous lancions dans la programmation officielle, on nous proposait un premier ex à venir faire son tour. En effet, cette année, chaque soirée sera précédée d’un artiste ayant déjà fait le concours et qui vient casser une nouvelle chanson.

C’est donc Miss Sassoeur & les Sassys qui venaient nous présenter un trio de chansons pour nous ouvrir l’appétit. La formation avait participé à l’édition 2016 et nous a proposé deux compositions de leur répertoire qui étaient intéressantes, mais qui somme toute, sont tombées un peu à plat. Par contre, les harmonies vocales étaient toujours aussi efficaces. Leur nouvelle toune, elle, était très convaincante. Nous parlant de fesses et de twerking avec assurance, fougue et attitude, le quatuor nous a démontré qu’ils progressent de merveilleuse manière. C’est très encourageant pour l’EP à venir plus tard cette année. Avant de passer à la programmation régulière, parlons aussi de la nouvelle animatrice, Mellissa Larivière qui a fait ça comme une championne. Elle a su prendre sa place en tant que nouvelle maîtresse de cérémonie.

Mais passons aux choses sérieuses. C’est Mélanie Venditti qui lançait le bal. Et la jeune femme qui est sur le point de faire paraître son premier EP a frappé dans le mille. Avec une Pompéi réussie, une Sous la loupe coup-de-poing et des chansons bien composées et bien exécutées, elle a prouvé qu’elle avait sa place dans cette édition des Francouvertes. Nous perdions parfois sa voix dans le mix et à une reprise on avait l’impression que sa mélodie ressemblait un peu beaucoup à Klô Pelgag. Sachant qu’elle jouait en sa compagnie, c’est un petit défaut qu’on lui pardonne facilement. Accompagnée de Blaise Borboën (Hôtel Morphée, Unexpect), Guillaume Guilbault (Kroy), Étienne Dupré (Câltar-Bateau, Mon Doux Saigneur) et Mandela Coupal (Câltar-Bateau), elle nous a offert une bonne performance. Les sourires échangés entre les musiciens pendant leur dernière passe musicale trahissaient le plaisir authentique qu’ils avaient à partager la même scène.

Puis, c’était au tour de Shawn Jobin de prendre la scène. Le jeune homme a émergé d’un milieu improbable. Celui-ci a osé prendre la parole en français pour faire du rap au milieu de la Saskatchewan. On lui lève notre chapeau. De plus, il s’est adjoint les services de Mario Lepage (Ponteix) du côté musical. Dans l’ensemble, c’est intéressant, mais Jobin fait un rap très français qui est très loin de la tradition du hip-hop américain. Honnêtement, ça me laisse un peu froid. J’aime un MC qui sait me faire lever de ma chaise avec ses mots, qui me conquit avec ses rimes habillement construites et livrées avec un rythme changeant. Jobin est plutôt dans une lignée de rap plus conventionnelle, où les structures sont très sages et polies. Ses textes sont intéressants, mais ça manque encore de peaufinage dans la livraison. La quatrième chanson qu’il nous a offerte avait une trame beaucoup plus poignante et pendant un moment, il a même délaissé le pied de micro qui semblait le paralyser sur place. Mais rapidement, il est revenu à une attitude statique.

Finalement, c’est Antoine Lachance, chanteur d’On a créé un monstre, de prendre le Lion d’Or par la crinière. Celui-ci arrivait gonflé à bloc avec sa victoire à Ma première Place-des-Arts. Le jeune homme propose une pop adulte taillée sur mesure pour les radios commerciales. Si Rouge FM et Énergie étaient dans la salle, ils auraient certainement compris qu’enfin, ils avaient un artiste parfait devant eux. Oui, Lachance nous offre une pop très conventionnelle, mais celle-ci est bien écrite, magnifiquement composée, et même si ce n’est pas dans vos goûts musicaux, il assure. Comme tous les interprètes, il a quelques petits défauts, dont ses maniérismes de chanteur qui sont surfaits. Par contre, c’est très efficace et convaincant. Une belle découverte.

Et c’est ici que ça fait un peu mal. J’ai été le premier surpris à l’annonce du palmarès qui relègue Mélanie Venditti à la troisième position. Dommage, l’audace et l’originalité semblent avoir été balayées de la main par le jury et/ou le public pour laisser place au conventionnel. Un conventionnel très bien exécuté soit, mais il me semble que Venditti allait là où peu osent aller. Mais bon, c’est un concours et parfois les résultats surprennent.

Après une soirée, le palmarès se lit comme suit :

1 – Shawn Jobin
2 – Antoine Lachance
3 – Mélanie Venditti

https://misssassoeuretlessassys.bandcamp.com/releases

https://melanievenditti.bandcamp.com/

https://shawnjobin.bandcamp.com/

https://antoinelachance.bandcamp.com/

http://francouvertes.com/

Les 20 meilleurs EP de 2016 selon LP Labrèche

20. Dear Denizen – Now Here

Paru en toute fin d’année, le groupe mené par Ngabonziza Kiroko a pondu un Ep où le soul détient une place de choix. Si Mumford and Sons ne faisait pas de la musique plate, ça se rapprocherait de ce qu’on trouve sur Now Here. Ça élève l’âme avec des refrains fédérateurs et puissants et évite tous les pièges du convenu.


 
 

19. Cri – Tell Here

Les années passent et la scène électro montréalaise se développe de belle manière. Cri est un exemple de ce qu’on peut offrir dans l’électro sensuel avec des touches de R&B et de pop. Tell Her est son EP le plus achevé et surtout une œuvre à la fois dansante, mélodieuse, intelligente et bien tissée. Je m’attends à ce qu’il soit un gros nom planétaire dans les 3 prochaines années à l’instar de Kaytranada.


 
 

18. Thomas Monica – Delta mystique

Thomas Monica piquait ma curiosité lorsqu’il avait fait paraître son premier EP, mais Delta mystique affirme son talent indéniable. On y trouve de la pièce pop-rock bien composé avec des refrains mélodieux à souhait. Le français nous offre 15 minutes de plaisir qu’on espère bientôt pouvoir convertir en un album complet. Il serait temps!


 
 

17. Loïc April – Div/sion

L’ex-Protofiev a lancé en janvier dernier un premier EP en solo. Les trois chansons de Div/sion sont toutes excellentes. Vous pouvez vous attendre à un mélange de punk mélodieux à la Weezer, de post-punk inventif et de textes bien écrits. La lourde et mélancolique Nos mémoires, la bruyante Fantôme et la dynamique Ne rien faire sont délicieuses.


 
 

16. On a créé un monstre – Théâtre des catastrophes

La bande d’OACUM fait généralement dans la musique à la distorsion bien présente. Voilà qu’ils ont décidé d’aller dans une nouvelle direction qui leur sied très bien. Ils ont laissé de côté la distorsion pour inclure plus de pianos et laisser libre cours à leur don pour la mélodie efficace. C’est surprenant et totalement réussi particulièrement sur Par-dessus bord et Kaléidoscope.


 
 

15. Bronswick – Chassés-croisés

Catherine et Bertrand font de la chanson en français de qualité. Signée chez Lisbon Lux (Le Couleur, Paupière), la paire offre de la musique électro de qualité avec de très belles mélodies efficaces. La vaporeuse Un degré de séparation fait partie des meilleurs moments d’un EP qui flatte gentiment les tympans. Insomnie fait aussi belle figure avec ses basses plus lourdes et sa trame dynamique.


 
 

14. Solids – Else

Solids nous est revenu cette année avec un EP des plus lourd, bruyant, mélancolique et mélodieux. Bref, tout ce qui m’a toujours plus chez le duo montréalais. Plus gras que jamais, Else nous propose quatre nouveaux titres qui valent le détour. La délicieuse Blank Stare, la lourde et dissonante Wait It Out ainsi que l’entraînante Blurs vous feront passer d’excellents moments.


 
 

13. Abakos – New Constellation

Le duo de Pierre Kwenders et Ngabonziza Kiroko (Dear Denizen) a fait paraître un premier EP cet automne. Leur projet est à la fois hyper mélodieux, aventureux dans ses trames électroniques audacieuses et leur petit côté politique. Il y a quelque chose de sombre qui habite la paire et qui se transforme en pépite d’art lorsqu’exprimé à travers la musique.


 
 

12. Navet Confit – EP 7

Notre légume mariné préféré a fait plusieurs projets marquants cette année dont son Minneapolis Normcore Karaoke Mixtape. Parmi ceux-ci se trouve l’EP 7 qui en plus d’inclure la chanson Ton Voyage tiré de son LOL, compte sur 4 chansons qui n’ont pas fait l’album. C’est parfois mélancolique à souhait et beau, surtout sur Triangles et parfois fuzzé à souhait sur Vers la mer ou vers le ciel.


 
 

11. Baby In Vain – For The Kids EP

Baby In Vain est en voie de devenir l’export le plus intéressant du Danemark loin devant Lars Eller. Le trio tout féminin affectionne particulièrement la lourdeur et les guitares à la distorsion chaude et enveloppante. La Brute du Rock salive chaque fois que l’EP s’entame et arrête de déverser sa bave sur le sol lors des dernières notes de Worthwhile. Ce n’est pas peu dire.


 
 

10. Le Husky – Échec éros

Ça faisait très longtemps que Yannick Duguay ne nous avait pas livré de la nouvelle musique. Sa dernière parution datait de 2010 avec La Fuite. Heureusement, nous avons eu droit à l’excellent EP Échec éros cette année. De la sublime Dans la neige à l’entraînante et groovy Les chiens, l’auteur-compositeur-interprète démontre qu’il n’a pas perdu la main pour deux sous.


 
 

9. Vince Staples – Prima Donna EP

Vince Staples avait fait belle figue avec l’album Summertime ’06 et le jeune rappeur en a remis cette année avec ce mini-album de sept titres. Prima Donna est un peu plus expérimental que son travail précédent et frappe dans le mile à plusieurs reprises. La chanson-titre, une collaboration avec A$AP Rocky, est particulièrement réussi avec ses rimes qui rentrent à la vitesse d’un TGV et son refrain surprenant.


 
 

8. Laura Babin – Water Buffalo

Après deux ans et demi de silence, Laura Babin est revenue avec un excellent EP de quatre titres en novembre dernier. La pièce maîtresse, la chanson-titre, offre de moments sublimes de montée musicale. La jeune musicienne offre une interprétation plus solide que jamais et crée des ambiances efficaces qui se perdent souvent dans la réverbération et les atmosphères riches.


 
 

7. Charlotte Cardin – Big Boy Ep

Je pense qu’on peut dire honnêtement que l’année 2016 a été marquée par Charlotte Cardin qui a fait sa place dans le milieu musical. À coup de trames sensuelles et de pièces mélodieuses, elle a charmé les mélomanes avides de pop qui flirte avec le jazz, le blues et le R&B. Like It Doesn’t Hurt, une collaboration avec Husser (The Posterz) et Les échardes brillent particulièrement sur ce mini-album délicieux d’un bout à l’autre.


 
 

6. Trevor Sensor – Texas Girls and Jesus Christ

Trevor Sensor a fait paraître deux EP cette année. Concentrons-nous sur le premier. Sa voix unique qui rappelle vaguement Bob Dylan et son jeu de guitare folk dynamique vaut vraiment le détour. Voilà un jeune musicien de qui nous allons entendre parler dans les prochaines années. Il possède une âme et sait la manière de l’injecter à ses chansons.


 
 

5. Rosie Valland – Nord-Est

Rosie Valland a surpris un peu tout le monde en faisant paraître un EP en mars dernier, peu de temps après la sortie de son album. La jeune femme s’est dirigée dans une nouvelle direction musicale tout en collaborant avec les mêmes musiciens : Jesse Mac Cormack, les frères Levac (Pandaléon) et Anaïs Constantin. La mélodieuse Concession, la rythmée L’isle et la poignante chanson-titre vous feront passer un beau moment.


 
 

4. Le Monde dans le feu – Le Miracle de la météo

Il se fait peu d’aussi beaux projets qui mettent de l’avant le mot et la poésie francophone que le duo dynamique du Monde dans le feu. Benoît Poirier (Jesuslesfilles) s’est donné sur ce nouvel EP qui file plus vite que la lumière. Rerepas Repupu et Source de vie sont d’excellents moments musicaux.


 
 

3. Jesse Mac Cormack – After The Glow

On va être honnête, j’attends juste le moment où Jesse Mac Cormack va exploser et que tout le monde va se rendre compte de son talent. Ce jour-là où il ne traînera plus dans les bars de Montréal. Ça arrivera, parce qu’After The Glow est une autre preuve de son immense talent de créateur de chansons. La poignante Repeat, la nuancée et touchante Addict et la surprenante Never Enough vous feront passer de beaux moments.


 
 

2. Lydia Képinski – EP

Lydia Képinski sait se débrouiller avec les mots et sur son premier EP, elle montre l’étendue de son talent. La poésie magnifique d’Andromaque accumule les couches plus vite qu’à tes neuf ans quand tu voulais sortir jouer par journée de grand froid et que ta maman s’assurait que tu ne gèles pas. M’attends-tu nous plonge dans une intimité quasi gênante et Apprendre à mentir nous colle dans les neurones.


 
 

1. La Bronze – Rois de nous

De loin l’EP que j’ai le plus écouté cette année, Nadia Essadiqi a offert un EP d’électro plus sobre et ça marche à la planche. Rois de nous, c’est une collection parfaite de chansons qui commence par la pièce-titre toute en montée magnifique, qui comprend sa reprise magnifique de Formidable de Stromae et qui compte sur la sensuelle et mélodieuse Monarque.